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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 09:00

Mai pourri, mon genou fait à nouveau des siennes, je me traîne. Journée d’élections, le radeau européen est à la dérive, en France qui écoute les candidats, indifférence molle, tout le monde s’en fout, ce pays se gangrène et ça n’arrive même pas à m’attrister. Je n’ai plus envie de me battre alors je baigne dans mon jus, laisse traîner les heures, mange debout des pieds de cochon en gelée en buvant des bières. Je rote. Notre lit sent la sueur. Marre ! Une douche bouillante, je me récure. Mes cheveux sont longs. J’enfile un pantalon de toile et mon vieux tee-shirt troué dans le dos. Une éclaircie suivie d’une lampée de soleil, j’ouvre grand la fenêtre. Sortir ! Le bleu semble s’installer, j’enfourche mon vélo et je file droit devant. Les feux verts sont mes alliés, je déboule jusque Denfert. Au kiosque j’achète la presse. Les filles se ressemblent toutes, insignifiantes. Mon téléphone tressaute dans ma poche. Qu’importe ! Il faut que je m’y remette, à l’écriture, sinon je coule. Depuis trop longtemps je me défile, je me faufile, j’esquive, m’étourdis. La schlague, voilà  ce qu’il me faut. Comment faire ? Faire ! L’important c’est de couper les liens un à un avec tout ce qui me rattache encore à une floppée de gus pour qui je n’ai que mépris. La lie, ils paradent pourtant, mais moi je sais tout d’eux. Ces dossiers emplis de leurs faiblesses, de leurs bassesses, enfouis. Envie de les exhumer, de leur balancer à la gueule leurs saloperies. Même pas la peine, ils savent que je sais. Je romps. Lorsque j’en croise un, le rondouillard à lunettes cerclées, petite bedaine, l’égrillard aux mains fouineuses, je l’ignore. Je le couvre de mon mépris. Nous t’avons planqué lorsqu’ils voulaient te foutre au trou, maintenant tu plastronnes, tu couvres de ton sale mépris ceux qui étaient restés tes amis. Minable petite ordure tu n’es rien. Tu n’existes même plus. L’air est frais, il me fouette le visage. Je me sens bien. Le temps viendra, patience, rien ne presse, j’attends. Le goulag pour ce lubrique…à l’heure du laitier comme au temps de la Stasi. J’en ris !


Je m’installe en terrasse. Je commande une glace, tire un livre de mon sac, m’immerge. « Chaude soirée de printemps, à quelques kilomètres à l’Ouest de Chicago. Un jeu de séduction rapide et sophistiqué s’engage sous l’œil admiratif de quelques témoins. Lui est élégant – très riche. Elle ne l’a pas quitté des yeux depuis qu’il est entré dans son champ de vision. Ils se plaisent mutuellement : il l’a invité à dîner d’un air qui en dit long : il compte bien parvenir à ses fins. Elle possède un charme indéniable : ses formes voluptueuses la distinguent nettement, selon lui, de sa cohorte d’amies qui papillonnent excitées par cette soirée. À première vue, ce couple enjoué paraît se comprendre parfaitement. En réalité, ils ignorent beaucoup de choses l'un de l’autre, et seraient surpris d’apprendre lesquelles. Elle ne s’aperçoit pas qu’il est beaucoup moins riche qu’il ne le semble. Lui ne se rend pas compte que les charmes de l’élue sont artificiels et ses formes moins authentiques qu’il ne le pense. Il ignore que la plupart de ses amies ont eu recours au même procédé. S’il se penchait un instant sur la question, il serait sans doute un peu refroidi en constatant que l’admiration que toutes partagent pour ses attributs tient à son invitation à dîner et n’a rien à voir avec son physique. Il est peut-être là pour le plaisir, mais elle n’est que trop consciente qu’il s’agit aussi d’un marché. À proprement parler, la fille n’est pas une croqueuse de diamants, mais elle est habile.


Ce bref épisode de feuilleton à l’eau de rose est trompeur, lui aussi. Nos personnages ne sont pas des humains mais des insectes : pour être précis, des mouches appartenant à l’espèce Rhamphomyia longicauda. Comme les êtres humains (et d’autres espèces, parmi lesquelles les chimpanzés), ces mouches associent étroitement nourriture et sexe. »


-         Sexonomics, ça ne m’étonne pas de toi, les femmes te perdront !


-         Je suis déjà perdu mon vieux, qu’est-ce que tu fous ici ?


-         Je te cherchais.


-         Et tu m’as trouvé.


-         Pas difficile t’es comme les clebs t’es fidèle à tes habitudes…


-         Et pourquoi tu me cherchais ?


-         L’opération gros bourdon, j’ai fait le tour de la question, y’a du grain à moudre. Qu’est-ce qu’on fait ?


-         Rien !


-         Tu m’avais dit que c’était urgent.


-         Oui, mais ça ne  l’est plus. Le traitement peut attendre.


-         Comme tu veux mais j’aurais bien aimé aller chercher des poux sur la tête de ce petit couillu…


-         Moi aussi mais je crois qu’il vaut mieux le laisser mariner dans son jus…


-         Ok, je t’offre un verre.


-         Pourquoi pas, leur champagne vaut le détour…


-         T’as des goûts de luxe mais t’as les moyens…


-         T’en fais pas je me charge de la douloureuse c’est pour te remercier du bon boulot sur gros bourdon.


-         T’es un seigneur !


-         Disons que j’ai retrouvé le sourire…


-         À propos de sourire, t’as vu les ritals y sont encore plus barjos que je ne le pensais…


-         Et pourquoi ?


-         Ils vont prendre en compte les revenus générés par la prostitution, la drogue et les divers trafics (cigarettes, alcool...) pour calculer leur PIB…


-         Tu déconnes !


-         Non,  et même que le mec des statistiques a déclaré «  Nous allons nous appuyer sur les données de la police et de la justice qui ont une bonne connaissance du volume et des prix des produits stupéfiants et des services des prostitués… »


-         N’importe quoi !


-         C’est l’Europe qui veut ça « les activités économiques illégales doivent être considérés comme des transactions quand toutes les unités parties prenantes le font par accord mutuel. De ce fait, achats, ventes ou troc de drogues illégales ou d’objets volés sont des transactions quand le vol ne l’est pas. »


-         Arrête, tu vas me donner le cafard…

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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