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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 00:09

C’était la débandade. Water-Closer dégueulait plein pot ses photos volées pour le plus grand plaisir des pharisiens hypocrites. Les moulins à commentaires se dévidaient, égrenaient leur contentement teinté de concupiscence, se vautraient sur la couche de l’adultère. Emoi  de petits bourgeois. J’en avais plein le cul. Ça débordait, ça puait. Le seul qui me réconciliait avec la pauvre nature humaine c’était François. François le Pape, le chef de l’Etat du Vatican, pas celui des curés et de leurs ouailles momifiées. Même si, selon l’adage, « l'habit ne fait pas le moine », le style du pape François me semblait refléter sa modestie et une certaine ouverture d'esprit. Simple et de bon goût, ce choix de sa façon d’être faisait sens. Les bijoux de luxe et les capes en fourrure, que préféraient ses prédécesseurs de François, ont été remplacés par les vêtements plus modestes. Selon le magazine US Esquire qui l’a élu  « l'homme le mieux habillé » c’est un fait de l'approche de Souverain Pontife de la vie des personnes ordinaires. Un peu à la manière de Jean XXII voilà un Pape normal. « Le pape, combien de divisons ? » aurait répondu Staline à Churchill affirment certains, d’autres à Pierre Laval alors Président du Conseil. Ses mots valaient mieux que ceux de Poutine. Adeline, jamais en reste, pour me redonner le moral, me disait « Et si tu demandais audience à François… je t’accompagnerais avec une mantille sur la tête… ce serait ton chemin de Damas… »


Je l’avais embrassé. « Nous rentrons à Paris… » En quelques mots je lui confiais que pour moi le temps était venu de me retirer du monde, de me jeter dans l’écriture loin de l’écume d’une actualité dévoreuse et insignifiante. « Tu as raison… » me répondait-elle « moi, je me mets en congés sans solde pour te servir de bonne…

-         Tu es folle !

-         Oui… de toi…

-         Il est hors de question que tu m’accompagnes, je veux être seul.

-         Tu seras seul mon grand, il n’est pas question que tu couches avec ta bonne…

-         Arrête de plaisanter !

-         Je ne plaisante pas mon beau… Moi je sais que tu auras besoin d’être déchargé de tous les soucis de la vie courante, et donc tu as besoin d’une bonne, et cette bonne ce sera moi…

-         Et ta carrière ?

-         Tu sais où je me la mets ma carrière !

-         Je ne laisserai pas faire une telle connerie…

-         Si !

-         Que tu dis !

-         Ecoutes-moi bien monstre d’orgueil. Tu fais le fier mais je te connais comme ma poche…

-         Bien sûr nous avons gardé les vaches ensemble…

-         Raille, raille mais je suis la seule de tes nombreuses conquêtes à tout savoir sur toi… Tout, absolument tout ou presque… Alors, on ne me l’a fait pas, tes grands élans de solitude durent le temps que durent les roses… Tu es un homme à femme…

-         Et si je voulais rompre cette addiction !

-         Trop tard, tu as perdu la guerre… Et puis moi j’ai un avantage sur toutes les autres…

-         Lequel ?

-         J’aime les filles…


L’argument valait son poids de tranquillité. Je topai. Mon point de chute à Paris je le connaissais car j’y avais déjà séjourné par la passé lorsqu’après l’exécution d’Aldo Moro par les Brigades Rouges en 1979 certains dans la Grande Maison voulurent me faire porter un chapeau bien trop large pour moi. C’est une histoire qu’il me faudra coucher sur le papier. L’heure était à notre dernier dîner à Venise. Nous décidâmes de le passer avec tout le personnel du pallazzo. Ce fut plein d’émotion. Nous bûmes, mangeâmes, pleurâmes plus que de raison. À la demande générale je me fendais d’un discours qu’Adeline traduisait dans un italien impeccable. Lorsque j’improvise je ne peux le faire que dans ma langue maternelle sinon je perds le fil. Notre duo plongea nos amis vénitiens dans une excitation très exubérante et bruyante. Sitôt la chute prononcée nous croulâmes sous les embrassades, surtout Adeline qui fit l’objet d’un pelotage fessier en règle. Elle fit face avec flegme. L’heure était venue d’aller faire une dernière virée sur la lagune. Matteo pilotait la vedette avec une science toute vénitienne faite d’accélérations soudaines et de décélérations suivies de longs sillages en inertie. Pelotonnés à l’arrière de la vedette, enveloppés dans un plaid, ma future bonne et moi, profitions de cette dernière échappée belle. C’est en passant sous le pont du Rialto que je l’informai de mon futur point de chute « je vais me placer comme jardinier à Sainte-Anne… »

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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