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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 07:00

Je n’aime guère l’entre-deux, cette dernière semaine où Paris se vide de ses indigènes pour laisser la place aux banlieusards qui viennent se faire la Grande Roue de la Concorde puis les baraques de petites merdes au bas des Champs Elysées. C’est déprimant. Tous les ans je me dis que je devrais me tirer et, faute de savoir où aller me poser, je reste planté dans mon terroir de bitume. Par bonheur le sévèrement burné, le gros Nanard, ex-patron de l’OM, ex-Ministre de tonton, ex-taulard, chanteur, acteur, qu’a jamais posé son gros cul bordé de nouilles dans un fauteuil de patron de presse, au dernier étage d’un journal, est venu mettre un peu d’animation dans cette trêve dites des confiseurs en jetant sur la table 51 millions d’euros pour contrôler les titres du Groupe Hersant Média (GHM) : la presse régionale du Sud-Est (Var-Matin, Nice-Matin, La Provence et Corse-Matin) ainsi que Les Nouvelles Calédoniennes et France Antilles. Avec lui il ne faut jamais s’étonner de rien « A quoi ça sert d’acheter un journal quand on peut acheter un journaliste ? » proclamait-il, en agitant sa Rolex et ses maillons en or, au temps de sa splendeur marseillaise. Mais notre Nanard a le goût de la lumière et du pognon – le nôtre – à ne plus savoir qu’en faire. Montrer ses biscotos, rouler des mécaniques, passer à la Télé, se la péter grave c’est ça le Nanard du petit peuple. Pour faire bon poids, le nouveau Big Brother de la Côte, s’est payé la nouvelle ambulance du gouvernement Ayrault : notre Redresseur National, le bel Arnaud qui, selon ses dires, aurait tout fait pour l’embêter, lui mettre des bâtons dans les roues. Tout ça ce ne sont que de mauvaises pagnolades mais la dernière surprise est venue de la nouvelle intérimaire de luxe, Audrey Pulvar, plus ou moins poussée vers la sortie des Inrocks par Pigasse qui s’est fendue d’un charmant SMS au tout frais patron de presse « Mais décidément, vous voulez vraiment perdre de l’argent. Je suis épatée. Je vous embrasse. Quelle vie ! ». Pour les mauvaises langues du PAF « Un SMS en guise de CV ». Nous vivons une époque formidable où tout se mêle, vie privée, vie publique, en direct-live.  


Que va faire notre cher dépeceur d’entreprise de ce groupe totalement plombé ? Dans tous ces titres, il n’y a que La Provence qui l’intéresse vraiment il va donc revendre en pièces détachées. Airy Routier, un gonze qui connait bien le Nanard, puisqu’il a écrit deux livres sur lui, qui l’a rencontré le 30 novembre,  a confié son sentiment sur France Info : « Je pense qu’il y aura certainement des coupes claires à faire, de la mutualisation et tout, mais en même temps il a pris de la bouteille. Il n’ira pas dans les excès.  Il est beaucoup plus visible qu’il ne l’était [dans les années 80] donc je pense qu’il va être un peu plus mesuré. Mais ça reste un redressement d’entreprise. » Mais la question cruciale est celle de l’implication de Tapie dans la ligne éditoriale des journaux. Va falloir surveiller à la loupe les pages politiques, économiques, sportives... le gros pépère il n’a pas laissé que des bons souvenirs dans les rédactions du Vieux Port comme le souligne un ancien journaliste du Méridional, aujourd’hui à La Provence « En fait, pour lui, tu étais copain ou ennemi. L’idée d’une éthique ou d’une morale ne l’effleurait pas du tout. » L’enjeu de tout cela, en dépit des promesses, main sur le cœur de Nanard « à ne pas postuler à quelque mandat électoral que ce soit », est bien sûr la mairie de Marseille. Avoir dans sa main le journal local, lu par le petit peuple, est-ce qu’il y a mieux pour conquérir une mairie ? Marseille est à prendre lors des élections municipales de 2014, car personne ne s’impose vraiment, ni à gauche ni à droite. Le papet Jean-Claude Gaudin a 73 ans, aux manettes depuis 1995 et, si la loi sur le cumul des mandats ne l’en empêche pas,  il n' a pas un bilan mirobolant. Derrière lui, à droite, pas grand monde de crédible. A gauche, trois prétendants : Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux Personnes handicapées,     Eugène Caselli, président de la communauté urbaine et le député Patrick Menucci. Ils traînent comme un boulet l’affaire Guérini. Reste l’homme providentiel : le Nanard plus ou moins poussé par son vieux pote Borloo dont tout le monde a oublié qu’il a commencé comme avocat conseilleur de dépeceurs d’entreprise !


La meilleure vanne du jour sur le rachat de La Provence par Tapie est l’œuvre des Cahiers du football : « Vingt ans après, Tapie rachète un titre à Marseille » Sur le site de Libé Marseille, deux journalistes, Jean Kéhayan et Christian Poitevin, ce dernier étant l’ancien adjoint à la culture de la mairie, publient un point de vue très intéressant. Ils jugent « le terreau (marseillais) bien labouré pour l’avènement du populisme » :


     « A l’heure du pastis, les brèves de comptoir plébiscitent l’idée d’un homme fort capable de remettre les choses en ordre sur le plan de la sécurité et de la lutte contre la délinquance. Une représentation virile en quelque sorte, dont Gaston Defferre fut l’archétype et que personne n’ose remettre en cause. [...]


    On sait depuis la Libération que celui qui contrôle le journal quotidien dominant de la ville a déjà un pied sur les marches de la mairie, et désormais de la Métropole. Et qui mieux que Bernard Tapie en a fait l’expérience, lui qui, patron de l’OM, avait à la tête du Provençal un directeur de la rédaction chargé de magnifier ses actions de prédateur de Wonder et de biens d’autres entreprises ? Dès lors ses photos quittèrent vite les pages sportives pour s’immiscer partout. »


Affaire à suivre, mais restent le grand retour des éléphants sur la scène : le gros Gégé qui déclare sa flamme à la Sainte Russie et Poutine réunis, ceux de notre vieille BB qui elle ne veut pas voir euthanasier et veut rejoindre notre Gégé dans les steppes de l’Oural. Y’a pas à dire nos stars cheminent lourdement vers le cimetière des éléphants.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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commentaires

François Audouze 07/01/2013 22:01


Désolé d'être intervenu dans ce qui est un roman. 


Continuez sa diffusion. Vous avez tous mes encouragements. 

JACQUES BERTHOMEAU 07/01/2013 22:26



Un petit roman pour  se faire la main rien de plus



François Audouze 07/01/2013 18:40


Si ce n'est qu'au bénéfice de l'âge, je connais la banlieue largement plus que vous.


De 1943 à 1961 toute ma jeunesse à Champigny-sur-Marne


Depuis 1969 voici où étaient mes bureaux :


1969 à 1991 : La Courneuve


1992 à 1996 : Aubervilliers


1996 à 2003 : Garges lès Gonesse


2003 à 2012 : Noisy-le-Sec


2013 : Champigny-sur-Marne


Alors, la réalité profonde du monde banlieusard, dans le 9.3, dans le 9.5 ou dans le 9.4, j'en connais un
sacré rayon. D'autant que j'y ai employé des centaines de personnes de toutes origines.


C'est pour cela que le "l'arrivée de la banlieue au moment des fêtes ça me donne la nausée"
(c'est le sens du propos de votre début de rubrique sur la prise de Marseille par Nanard), même si c'est du roman, ça passe mal.


Le fait de réagir sur une partie de votre message n'enlève rien à l'intérêt que l'on a à vous lire, même si comme ici, on parle plus de "& Cie" que de
"Vin". 


 

JACQUES BERTHOMEAU 07/01/2013 20:42



Un roman n'est pas une autobiographie et le "héros" n'est pas moi comme les lecteurs assidus ont pu le constater. Je n'y exprime pas mes opinions personnelles mais celle d'un gus au parcours fort
agité. Bref, ce n'est pas fait pour plaisir ou déplaisir à qui que ce soit.


J'ai été patron dans le 93 port de Gennevilliers 600 ouvriers... l'âge n'a rien à faire et c'était une vraie usine avec des machines, des camions, la CGT. Bref, nous n'allons pas faire un
concours mais laissez à ma plume dominicale sa liberté... si vous aviez lu l'ensemble de cette petite prose dominicale vous vous seriez sans doute étouffé il y a eu bien pire...



François Audouze 07/01/2013 13:57


Le racisme anti banlieue est bien un signe de l'ego des bobos germanopratins. Jacques, vous voulez mettre des barricades et un octroi aux portes de Paris pour que la Ville Lumière ne soit
accessible qu'aux beaux esprits, un peu comme le fait Delanoë qui veut cadenasser son Paris pour que la valetaille n'y puisse point pénétrer. 


Des banlieusards à la Concorde ! Vite des sels, Jacques s'évanouit. 

JACQUES BERTHOMEAU 07/01/2013 15:25



je signale à François Audouze que ceci est un petit roman qui conte la réalité et à titre personnel je connais mieux
la banlieue que vous François Audouze pour en être : je ne m'évanouis pas je me tords de rire... Dine jamais en ville... Allez à bientôt au-delà du périf pour continuer la rigolade : nous irons
en RER bien sûr. Delanoe connais pas !


 



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