Dimanche 28 octobre 2012 7 28 /10 /Oct /2012 08:00

Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.

Jeudi, en fin de soirée, comme je m’emmerdais ferme, je suis monté prendre un verre avec un bonne copine, au bar de la piscine, dans le XVIIIe, place Hébert, tout près du métro Marx Dormoy. Il pleuvait comme vache qui pisse. À mon arrivée je notais une certaine effervescence dans le café, et surtout une clientèle bien différente de l’habituelle, plus vieille et très propre sur elle. J’en fis la remarque à mon amie, emmitouflée, comme un poussin d’un jour, dans une grosse doudoune noire. Dans un soupir excédé elle lâchait « Valérie Pécresse va venir tenir une réunion de soutien à Fillon en compagnie de Roxane Decorte… » et, alors que je m’asseyais, de m’expliquer que cette dernière est l’éternelle perdante de la circonscription Chapelle-Goutte d’Or-Villette-Secrétan face au gros Vaillant, et « que la Pécresse elle ne peut pas la piffer… » Ignorante de mon tout nouvel engagement à l’UMP elle me proposait d’aller prendre notre verre ailleurs ce que je refusais en lui mentant effrontément « y’a si longtemps que je n’ai assisté à ce genre de connerie, ça va me rajeunir… ». En effet, la veille au soir j’avais assisté à une autre réunion de quartier, tout près de chez moi, en faveur de Copé cette fois-ci. Nous commandions. La blonde versaillaise arrivait, très entourée, pantalon gris chic, sourire scotché et regard un peu inquiet : faut dire qu’elle ne devait pas être très habituée à ce genre d’établissement où l’on peut bouffer pour moins de 10 euros. Ce retrait instinctif de l’ex-Ministre un peu pincée nous évitait la poignée de mains. Ça me soulageait. Tout le petit monde prenait place. Roxane, elle, plaçait d’entrée son long couplet tout entier consacré à se faire mousser auprès de Pécresse. C’était creux. Pire : vide. C’était d’une insupportable flagornerie : la Decorte prédisait même à son égérie, après nous avoir pompé l’air avec sa propre vie, un destin national. Applaudissements nourris. Suivais le speech du patron du secteur, onctueux, faux-cul, qui lui était Copéiste. J’avais du mal à contenir mon hilarité car, dans le même temps, l’écran plat du café toujours allumé, mais muet, affiche la tronche de moine paillard du maire de Saint-Quentin, l’onctueux Xavier Bertrand, interviewé sur BFM TV ou LCI, je ne sais plus. Ça durait et c’était chiant. Mon amie excédée décidait d’évacuer les lieux et je n’aurais pas l’extrême privilège d’entendre la Valérie Pécresse soutenir le cocker triste.


Depuis que j’ai placé  lors d’une réunion mon couplet sur David Rousset et me suis affiché comme gaulliste de gauche il faut que je me fasse discret sinon je vais me faire repérer et choper par la patrouille de la faction ultra de l’UMP, la droite forte de Guillaume Pelletier le rejeton lepéniste venu se greffer dans le nid de Sarkozy. Ce petit con je l’ai dans ma ligne de mire mais comme je veux me le payer la patience est de mise. L’avantage avec ce genre de petit ambitieux sans scrupules c’est qu’il affiche la couleur : « Nous sommes fiers d'être de droite et sarkozystes. Le choix se fera entre la droite molle et la droite forte. ». Il se prévaut de sa proximité avec le nabot « il était serein et bienveillant, n'ayant rien perdu de son dynamisme. Je souhaite qu'il revienne car il est le leader naturel de la droite française. ». C’est un des rejetons de Patrick Buisson qui est une belle ordure comme je les aime, sûr de lui, d’un orgueil incommensurable, une belle cible quoi ! J’attends mon heure pour tirer la trappe sous les pieds de ce petit monde que j’exècre au plus haut point. Les petits dossiers de la grande maison sont bien au chaud, laissons-les mijoter car le temps n’est pas compté. Ce cher Buisson, que j’aurais bien vu opérant au temps de l’inquisition, tranchant, intransigeant, sans pitié, n’a rien trouvé mieux que de piquer à ces connards d’extrême-gauche l’un de leurs mythes fondateurs : il vient de déposer, via Publi Opinion, une de ses deux sociétés de conseil, à l’INPI la marque «la cause du peuple». Celle du journal maoïste dirigé par Jean-Paul Sartre, ancêtre de Libération. Provocation ? C’est le genre de Buisson ! Peu importe, laissons-le faire l’ancien pourfendeur au service de Minute, laissons-le s’avancer à terrain découvert : avec les mecs d’extrême-droite y’a que le manche de pioche pour les calmer. Ce ne sont ni Longuet, ni Madelin, ni Devedjian, les ex-nervis d’Occident qui me démentiront, c’était la règle à Assas. Je sens que dans les temps qui s’annoncent ça va douiller.



L’été indien nous est tombé dessus sans prévenir, ruée vers les terrasses des filles en short qui s’exhibent défiant la cohorte grise des grands mâles blancs à l’agonie. Bien installé sur ma terrasse  en surplomb du Palais Bourbon j’attends un ami pendant que le fluet Baroin, habillé comme un premier communiant, déjeune avec ce qui semble être sa progéniture. Mon ami se pointe hilare ce qui me réjouit car sa causticité joyeuse est gage d’un bon moment. À peine assis il se met à fredonner a capella mais mezzo voce : « Je suis  chrétien voilà ma gloire… » avant de me conter son périple Saint-Émilionnais pour le baptême, la consécration des dix-huit cloches du carillon suspendu à un campanile sur le toit de Château l'Angélus par le cardinal Ricard archevêque de Bordeaux. Il me tend sa tablette et me dit : »Lis ! » link . Ce que je fis. Le silence, le mien, qui s’ensuivit le démontait quel que peut. « Ça ne t’inspire aucun commentaire ? » Je haussais les épaules « Non… Si, Jésus chassa les marchands du Temple… » Le sourire lui revenait et il embrayait « Sais-tu que Carla Bruni-Sarkozy présidera la 152ème vente des vins des Hospices de Beaune. Les recettes reviendront à 2 associations : la Fondation Carla Bruni-Sarkozy et la Fondation Idée, respectivement parrainées par Gérard Depardieu et Guy Roux… » J’ignorais. « Bel équipage : Carla, le gros Gégé et Guy Roux… les marchands du Temple vont envahir la salle des Pôvres… tout ça est bien triste… » Pour me dérider mon ami de source sûre versait dans le People, l’interview de l’ex première dame dans ELLE. « Tous les bruits, les écrits de la petite Julie Lévy l’ex du beau Raphael Einthoven le papa de l’autre petit de Carla, celui que Nicolas porta sur ses épaules, tout ça ce ne sont que des rumeurs sans fondement, « J’ai fait affiner mon nez quand j’étais jeune mannequin, c’est vrai et ce n’est pas un secret. Je le trouvais un peu rond et pas très photogénique. Et puis je n’ai plus jamais rien retouché de ma vie et je ne retoucherai plus jamais rien, promet-elle. Ni mes pommettes qui me viennent de ma mère et dont mon fils a hérité, ni ma bouche, ni les injections qui au fond vous donnent une drôle de tête. » Je l’écoutais, distrait, il surenchérissait « Bon elle suit un petit traitement pour la peau la pauvre chérie, mais elle ne passera pas à l’étape au-dessus… Tu vois mon vieux ça c’est important : « J’ai cependant beaucoup soigné ma peau, je l’ai préservée du soleil et j’ai investi dans des soins au laser. Je n’aime pas particulièrement vieillir mais je ne crois pas que je succomberai au lifting, j’ai trop peur d’un ratage, je ne trouve pas la chirurgie esthétique tellement au point, avoue-t-elle. En revanche, les retouches photographiques de nos jours sont de véritables miracles et les images que l’on voit sont loin du réel. Il faut arrêter de donner des illusions aux femmes : la plupart des photos des magazines sont retouchées ! » Et moi de répondre « Ha ! Adjani n’a plus 20 ans… » Et lui « Mais qu’est-ce que tu as aujourd’hui ? »


-         Je suis amoureux…


 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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