Dimanche 23 septembre 2012 7 23 /09 /Sep /2012 08:00

Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.

Enfer et damnation ma pouliche et mon poulain sont restés au paddock, la queue basse pour le fringant et orgueilleux Bruno, le chanfrein renfrogné pour la polytechnicienne hautaine qui se la joue charretière, ils ne s’aligneront pas, faute de soutiens, au Grand Prix des Héritiers. Je m’en doutais un peu mais je m’attendais à mieux de la part de ces yearlings  biens nés, ils m’ont déçus par leur incapacité à porter le débat sur le terrain du vrai cambouis, celui qui salit les mains et les escarpins aux talons vertigineux. Pas déçu pour deux sous car le spectacle de la grosse saucisse de Saint-Quentin, adipeuse à souhait, me réjouissait. Il créait l’évènement en annonçant, avec son air de maquignon madré mâtiné par son allure de chanoine libidineux, qu’il ne se mêlerait pas à la bataille des héritiers entre le petit roquet et le cocker triste. La déclaration de Xavier Bertrand fut un monument de jésuitisme maîtrisé, un peu surjoué où l’on sentait la jouissance du placier d’assurances qui venait de baiser avec rondeur ces concurrents. Ce type est le pire de la bande des prétendants car sous les rondeurs se cache ce que la France rance a de plus mesquin, cette petite bourgeoisie provinciale qui se reçoit, se conforte, rentière et sans ambition. Tabard dans les Echos, qui n’en rate pas une à force d’écrire et de bavasser dans de multiples micros, affirme sans rire que Xavier Bertrand « a été un secrétaire général de l’UMP apprécié par les militants. Il a été un ministre de la Santé et du Travail reconnu compétent et travailleur. Mais ce n’est pas lui faire injure que de dire qu’il n’a pas encore dans l’opinion une image de présidentiable. » Pourquoi pas mais, fort justement, le plumitif souligne qu’en « politique, il n’y a pas de secret : faute d’être naturellement reconnu dans cette catégorie, il faut s’y mettre soi-même, c’est-à-dire le dire et le répéter jusqu’à ce que ça devienne une évidence. C’est ce qu’a fait Copé en disant en 2007 se préparer pour 2017. Bertrand a retenu la leçon. » Pour autant sort-il par le haut le bouboule ? Je ne le crois pas, il se contente de surnager. La conclusion de Tabard est bien à l’image de ces éditorialistes vibrionnant « Mais, allez savoir pourquoi, Bertrand a un exemple en tête : François Hollande, bien sûr, déclaré candidat avec une image d’ancien apparatchik moins charismatique que ses concurrents. » C’est ça camarade, t’as tout faux, l’Histoire déteste les oracles, surtout ceux qui réfléchissent en rase-mottes.



Semaine un peu chahutée pour moi mais le coup des cartons de soutiens aux grands candidats de mon nouveau parti m’a permis de m’extraire de mon pot au noir : grotesque de la part d’un soi-disant ancien Premier Ministre qui se veut homme d’Etat et bien à la hauteur de son concurrent. Minable absolument, la rue de Vaugirard avec toutes ces camionnettes mobilisées ressemblait au Sentier, manquait plus que les sans-papiers. Autre motif de satisfaction Nicolas Sarkozy a fait sa rentrée au Conseil constitutionnel. Mardi matin, l'ancien président de la République  avec son nouveau look «barbe de trois jours» un peu surprenant a siégé pour une séance consacrée à trois questions prioritaires de constitutionnalité (QPC). «Attentif», selon les observateurs, aux spécificités du droit local en Alsace, au Code de l'expropriation et au droit d'auteur dans les transmissions d'œuvres aux fondations… mais toujours silencieux, comme le sont les Sages autour de Jean-Louis Debré. Franchement je trouve que ça ne lui va pas du tout, il a l’air d’une petite frappe de banlieue, à son âge la barbe à la De Niro serait plus en rapport avec son nouveau statut. Sans doute est-ce pour faire jeune, plaire à madame qui s’est délestée de ses rondeurs, je ne sais mais puisqu’il ne pense qu’à ça il devrait d’abord se délester de ses talonnettes et les troquer pour des santiags. Ce type est un drogué, il se shoote à la politique, accro, addict il suit la compétition à l’UMP avec gourmandise. En parlant à ses proches du cocker triste, son ancien collaborateur à Matignon  «Il lui a fait du judo ». Le judo ou l'art d'utiliser la force de son rival pour la retourner contre lui. Sarkozy préfèrerait, lui a-t-il confié , que la victoire de son ancien Premier ministre ne soit pas écrasante. Parce qu'alors Fillon serait auréolé d'une légitimité qui rendrait plus difficile son retour à lui, Sarkozy ; or, il ne pense qu'à ça, même s'il se rase beaucoup moins qu'avant... «Il ne veut pas être le Giscard de Fillon», assure un fidèle. Décodage : pas question que Fillon l'empêche de revenir comme jadis Raymond Barre avait empêché Valéry Giscard d'Estaing.


Pour la gauche bobo-bien-pensante, présenter Valls comme un Sarkozy de gauche, c'est l'injure suprême. «Se rendent-ils seulement compte du cadeau politique qu'ils font à Manuel ?, s'amuse devant moi un ami du premier flic de France. Le peuple de gauche a changé : il veut de l'ordre et de l'autorité. Manuel leur plaît.» Selon Hervé Gattegno du Point, ce n'est pas parce qu'un ministre de l'Intérieur est ferme (et populaire) qu'il est crypto-sarkozyste. « Disons d'abord qu'être comparé à Nicolas Sarkozy peut être aussi bien un hommage qu'une critique, selon qu'on évoque son énergie et sa popularité quand il était à l'Intérieur, ou alors son agitation et ses emballements. Ce qui est idiot dans cette référence, c'est qu'elle a l'air de signifier que tout ministre de l'Intérieur qui veut prendre les questions de sécurité à bras-le-corps serait un crypto-sarkozyste, un traître aux valeurs de la gauche. Sur le fond, Manuel Valls a plus de différences que de points communs avec Nicolas Sarkozy. Mais il y a une ressemblance qui est assez voyante : il crève l'écran au gouvernement et du coup, il se fait beaucoup d'ennemis. La principale différence, c'est son mode d'exercice du pouvoir, qui est tout sauf hystérique. Manuel Valls est aussi calme que Nicolas Sarkozy était surexcité. C'est vrai qu'il se déplace, comme lui, sur le théâtre de certains faits divers et qu'il cherche lui aussi à capter la confiance des policiers. Mais il ne fait pas à chaque fois l'annonce d'une nouvelle loi ; ne passe pas son temps à dénoncer le "laxisme" des juges ; n'est pas dans la surenchère sécuritaire. On le sent ferme sur ses convictions. Et convaincu qu'il faut être ferme. Ça ne fait pas de lui un homme de droite, mais sans doute un ministre adroit. »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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