Dimanche 19 août 2012 7 19 /08 /Août /2012 08:00

Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.

Jean-Marcel Bougereau sonne la charge dans le Plus du Nouvel Obs. « Monsieur Henri Guaino se veut gaulliste. Il en prend volontiers la pose. Le gaullisme, c’était, dit-on, une certaine idée de la France. De la grandeur. De Gaulle expliquant qu’il n’y avait plus la gauche et la droite, ajouta un jour : « Il y a les gens qui sont en haut (…) et il y a les gens qui sont en bas et qui s’agitent dans les marécages. » Henri Guaino, fait partie de ces gens du bas. De ces gens qui s’agitent dans les marécages. » Notre néo-député fait feu de tout bois pour continuer d’exister, il manie l’injure avec l’élégance d’un buffle qui ne sait plus où donner du museau, il fulmine « Peut-être que Monsieur Hollande se sent plus proche de la France des notables apeurés qui se sont précipités à Vichy après l'armistice ? Ce n'est pas ma France. » Très doctement il remet ce foutu usurpateur à sa place « Ce qui a été commis au moment de la rafle du Vél d'Hiv est une abomination. C'est une horreur (...) Mais la France, qu'est-ce qu'elle a à voir avec cela? » Le père Bougereau la moutarde lui monte au nez, il tacle sévèrement l’agité des Yvelines qui rêve de l’Elysée pour son auguste personne « Eh oui, bien sûr que la France avait quelque chose à voir avec le Vel' d'Hiv'. La France concrète, pas la France des rêves d’Henri Guaino. La France, c’est Charles de Gaulle ET Philippe Pétain, Pierre Dac ET Jacques Doriot, Robert Brasillach ET Louis Aragon, Adolphe Thiers ET Louise Michel, que ça vous plaise ou pas. La France des flics qui ont raflé les Juifs, ceux qui, sachant ce qui allait se passer, ont prévenu des Juifs et leur ont permis de fuir. Et bien sûr l’écrasante majorité de ceux qui n’ont rien fait. »


Ce mois d’août est vraiment formidable, même le cocker qui fait du scooter comme un pied à Capri remue la queue depuis son grabat, le collaborateur libéré de son maître gonfle ses petits poumons, fronce ses gros sourcils pour exhorter notre PNR à sortir du Fort de Brégançon « Si j'étais François Hollande, je prendrais l'avion maintenant pour Moscou, si possible avec (la chancelière allemande) Angela Merkel, et je chercherais à offrir à la Russie de véritables garanties sur sa sécurité et sur une relation de confiance avec l'Otan » Quel homme, quel allant, pas va-t-en-guerre quand même il dit être opposé à une intervention militaire, qui constituerait d'après lui une « très grave erreur stratégique ». L’ex-syndic de faillite somme François Hollande de  prendre des risques, « qu'il abandonne ses postures bourgeoises et atlantistes version guerre froide. Qu'il parle avec la Russie ». Notre personnel politique se surpasse et les deux ex porteurs d’eau de Philippe Séguin sont admirables. Je décide de m’inscrire sur Twitter pour leur apporter mon soutien le plus enthousiaste. Je baptise mon compte « paderépit » et je balance à tout va en m’inspirant du roquet de Meaux ou du permanenté de Haute-Marne qui, s’inspirant de son grand voisin de Colombey-les-deux églises, fait lui aussi dans la dentelle « Capitulation face aux promesses de campagne qui ne sont pas tenues, capitulation face à la situation économique (...) et puis capitulation face à la situation internationale où l'absence de la France, alors qu'elle préside le Conseil de sécurité des Nations unies, se fait cruellement sentir ».


Le journal Sud-Ouest m’apprend que « dans le cadre de la campagne interne à l'UMP pour prendre la présidence du parti, Nathalie Kosciusko-Morizet sera demain en fin d'après-midi (de 16 à 18 heures) près de la capitainerie du port de Capbreton. »  Récusant son étiquette de grande bourgeoise elle dit s’inscrire clairement dans la filiation de l'action de Nicolas Sarkozy, basée sur des « valeurs de droite, travail, autorité, responsabilité, mais (avec un) esprit de réformes » Sa profession de foi, quoiqu’elle en dise fait quand même assez bobo, parisienne exilée à Longjumeau avec big Jean-Pierre « Ma droite à moi, elle n'est pas conservatrice. On est là pour produire des idées nouvelles, éventuellement aussi (pour) casser les codes, aller à l'encontre de la pensée unique. Je souhaite par exemple que l'on continue à défricher les nouveaux champs comme le numérique, l'écologie. Ça n'a pas toujours été la position des leaders de ma famille politique » Bof, ça ne m’enthousiasme guère et je me tourne vers l’autre outsider Bruno Le Maire qui lui  avance à pas de Sioux « Je me prononcerai définitivement fin août sur une éventuelle candidature. J’attends de passer la barre de 1.000 parrainages pour pouvoir me prononcer ». Il veut continuer, quoiqu’il arrive, à jouer dans la cour des grands, sa seule place, « Ce que je souhaite, a-t-il lancé à l’adresse des autres candidats, François Fillon et certainement Jean-François Copé, c’est que l’on passe justement à la culture du débat. Quelles sont les propositions ? Qu’est-ce que vous nous proposez, vous les éventuels candidats, pour l’avenir de notre famille, pour gagner les élections de 2014, comme projet politique ? » Franchement je préfère la castagne, NKM et Le Maire ne m’intéressent pas, ils sont sortis du même moule et je sens poindre sous leur lisse le même orgueil démesuré, la même suffisance. Mon départ en Corse va me faire le plus grand bien, la droite française, en dehors de Buisson, n’a aucune  espèce de colonne vertébrale, ce n’est que du mou dans des tuyaux de poêle.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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