Dimanche 5 août 2012 7 05 /08 /Août /2012 08:00

Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.

Paris, et plus encore le Paris politique, atteignait son étiage, le PNR, toujours bonhomme s’en était allé prendre le TGV, à la gare de Lyon, avec sa lionne et le Premier Ministre, lui, allait rejoindre son camping-car à Sarzeau au bord du Golfe  du Morbihan. Pour ma part j’avais une pensée spéciale pour Michel Sapin qui allait pêcher le bar à l'Ile d'Yeu, souvenirs, souvenirs… Mais, il fallait que je m’y fasse, je n’étais plus de ce camp-là, j’avais rejoint la rive d’en face mais je n’allais pas pour autant rejoindre Nathalie Kosciusko-Morizet, qui selon le Parisien, se rendait comme tous les ans dans le Cotentin : me geler les burnes n’est plus de mon âge et je risquerais d’être reconnu par le ventru Jean-Pierre, son homme, qui avait profité de son mariage avec la féline NKM pour abandonner la bande à Fabius. Quand à me glisser dans sa caravane publicitaire qui allait sillonner la France pour recueillir des parrainages de militants, j’y pensais mais je n’avais pas encore décidé. En attendant, tout en me gondolant avec quelques Copéistes de la mésaventure de François le Cocker qui s’était ramassé la gueule en scooter à Capri et s’était cassée la cheville, je préparais notre départ pour la Corse après le 15 août. Et pendant ce temps-là, oublieux de sa période Vico, le petit homme de la première madame Sarko, fille du pharmacien de Vico, la mère de Jean, le qui avait du mal à cacher son dépit pédalerait sur les routes du Cap Nègre en ruminant sa déception de ne pouvoir aller bombarder le Damas son ex-pote El-Assad.


Dernier contact avec la volaille politique, l’autre après-midi, à la terrasse de la brasserie du Palais Bourbon, le plein de tics, Henri Guaino, tripotant son téléphone, solitaire, comme perdu dans un univers où nul ne songeait à lui faire révérence, me faisait un peu pitié devant son petit café. Par bonheur surgissait le pétulant Claude Askolovitcht, un vieux pote de Stéphane Fouks, qui officiait maintenant au JDD, et que ses deux consœurs : Ariane Chemin qui l’avait côtoyé au Nouvel Observateur et la redoutable Raphaëlle Bacqué du Monde, décrivaient comme « un journaliste doté d’un incontestable talent de plume », ce qui est vrai,  pour mieux suggérer qu’il l’a mettait facilement au service de ses potes, ce qui n’était pas tout à fait faux. N’avait-t-il pas écrit,  lorsque DSK avait fait céder la belle Piroska Nagy au FMI et que le mari avait réagi, « DSK, un économiste doué pour le bonheur… Pour les Français, il est le seul politique qui gérerait mieux la crise mondiale que Nicolas Sarkozy… Son aura est entachée par des soupçons récurrents, entretenus par des rivaux ou par la jalousie… Dans la tempête financière, le trop heureux Dominique fait figure de pôle de stabilité. C’est son meilleur atout – comme toujours : son talent, jusqu’ici l’a toujours sauvé de ses défauts. » Pas mieux comme soutien inconditionnel, mais là, attablé avec le sinistre Guaino, notre brillant Claude, tout en picorant des clubs-sandwiches et en buvant du Coca-Cola, l’attaquait bille en tête sur sa critique du discours du PNR à propos de la rafle du Vél’d’Hiv où celui-ci avait mis en cause la France. Askolovitcht, il faut lui reconnaître cette qualité, est un vrai débatteur, pugnace et le père Guaino en était tout retourné lui qui devait se débarrasser des volutes d’encens qui accompagnaient ses si brillants et péremptoires passages dans les médias. Le pauvre homme allait devoir s’habituer au rationnement, à la disette médiatique. Dur, dur de passer de la lumière à l’ombre…


Comme j’étais assis en excellente et somptueuse compagnie, une belle amie m’avait rejoint et me contait une grande fête qu’elle avait organisé dans son village natal pour les 100 ans de sa grand-mère, Askolovitcht, tout en témoignant à l’ex-plume du Prince déchu une attention soutenue, jetait des regards appuyés en notre direction. Ma belle amie intriguée s’en inquiétait « tu le connais ? » Je lui répondais que nous nous étions croisés chez Stéphane mais, qu’à mon avis, son intérêt se portait plus certainement sur elle car je n’avais pas dû lui laisser un grand souvenir. Sa réponse claquait sur un « ce n’est pas mon genre de type ! » qui ne me laissait aucun doute sur ses préférences. Ça flattait mon égo sans pour autant m’empêcher de suivre le fil de la conversation du journaliste avec ce cher Henri. Je jubilais car, ayant un dîner le soir-même chez un vieux compère, Me Gassenbuch, en compagnie d’une belle brochette de Radicaux Valoisiens, j’allais pouvoir alimenter la conversation de quelques confidences qui vous classent un homme dans la catégorie des biens informés donc à réinviter. Ma stratégie d’entrisme à l’UMP se résumait à réintroduire ma tronche de cake dans le paysage sans esbroufe mais avec juste ce qu’il faut de savoir-faire. Les réseaux francs-maçons, dont je ne suis pas, sont des vecteurs puissants pour toucher au mieux et au plus vite les premiers cercles. Patrice, notre hôte, grand avocat d’affaires, vieux complice, sut me mettre en valeur et, au sortir du dîner, je savais que je venais de marquer des points décisifs. Dans le taxi qui nous ramenait, ma belle amie et moi, je lui confiais que nous allions bien nous amuser. Ça lui plaisait. Pas sûr que Jasmine aurait apprécié mais ainsi va la vie d’un vieux flibustier.   

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Articles récents

Liste complète

Derniers Commentaires

Archives

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés