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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 13:00

Quitte à passer pour un VC, vieux je le suis, con c’est à vous d’en juger, je reste très sensible à la dureté du travail manuel dans les champs, dans les vignes et je supporte difficilement ceux qui l’idéalise, tout comme ceux qui ne s’en préoccupe pas.


C’est dans mon ADN de petit vendéen, souvenir des femmes, ma tante  Valentine, mémé Marie, maman, qui « allaient aux champs » se coltiner les travaux pénibles : bêchage, sarclage ou repiquage ou vendanges… en pleine chaleur link


À l’école d’agriculture de la Mothe-Achard nous avions, tous les matins, été comme hiver, 3 heures de travaux manuels dans notre emploi du temps. Faner à la fourche, tailler la vigne, curer et brosser les vaches, biner dans le potager, ôter les adventices dans les parterres… ce n’était pas pour de rire, c’était dur… j’avais 12 ans … la terre était basse, elle l’est tout le temps…  le froid tranchant, les doigts gourds…  et même si la Vendée n’est pas la Bretagne, la marée y apporte aussi son lot de pluie…


L’évocation de ce temps qui semble englouti n’a pas pour but de faire pleurer dans les chaumières ou les lofts de l’est parisien, mais pour rappeler à ceux qui, à juste raison, désirent trouver ou  retrouver de bons produits authentiques que leur production exige souvent le recours au travail manuel et que celui-ci reste ce qu’il a toujours été : difficile et peu gratifiant.


Pas sûr que beaucoup d’entre nous rêvent de voir leurs enfants prendre le chemin des champs, des vergers ou des vignes, alors qui et à quel prix ?


La pénibilité il en est beaucoup question en ce moment, pas simple mais rien ne sont pires que les bons sentiments pour affronter le sujet des « petits maillons » de la chaîne indispensable mais si peu considérés.


Alors, suite à l’évocation par mon ami Daniele de la cueillette des câpres à Pantelleria link je vous propose de belles photos des mains du cueilleur :


capres2.jpg

 

« Il les récoltait dans le vent…. fort… les câpres

Les mains rapides….

Un changement continue de position… car on a toujours un risque de trop plier son dos…

Et on risque de plier son dos pour toujours…

 

Il me disait que plus personne ne veut le faire… que plus personne veut que ses fils passent la vie à plier leur dos… à risquer de se le casser pour toujours…

 

Ce n’est pas facile lorsqu’on est des guerriers qui défient le vent… de savoir que soi-même et ses fils risquent d’avoir le dos plié. »

 

 

Mieux vaut ne plus faire ça…


« Pour travailler sous le commandement de Tobia* on y laissait non seulement la première peau mais aussi un peu celle d’en dessous, il fallait se maintenir à leur pas à eux trois*, et ces trois-là marchaient comme trois bœufs sous le même joug… » Beppe Fenoglio Le mauvais sort


Chronique « Ce n’est rien, ce n’est que le vin qui est allé le toucher au cœur » link


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