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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 00:09

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En lisant, au cœur de la nuit ma chronique sur le débat de la RVF à Vinexpo à propos de la puissance chinoise analysée par deux grands experts de la planète vin link le jeune et sémillant Olivier Legrand qui sait être pertinent, surtout dans le domaine du basket, m’avait prévenu dans l’un de ses nombreux Tweet que je n’allais pas me faire que des amis avec mes écrits !


J’m’en doutais : « Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m'en charge! » Voltaire.


Le blogueur chroniqueur que je suis, sorte d’adventice tout juste digne d’un jet de Round Up, s’il veut couler des jours heureux en ce gentil monde du vin plein de gens qui s’aiment, s’adorent, se congratulent, le mieux pour lui c’est de pisser de la copie pour plaire à ses commanditaires. Il faut surtout ne pas perdre les bonnes habitudes de la gente de plume installée sinon le désordre règnerait en maître. Par bonheur, les bougres de blogueurs apprennent vite, prennent le bon pli et c’est un vrai plaisir de les embarquer au bain de mer car ils frétillent comme du menu fretin.


Moi j’en n’avions point de commanditaires, même pas Marie-Claire, mais je sentions de plus en plus poindre chez certains une forme non dissimulée d’irritation.


T’es qui toi pour réagir comme un simple lecteur d’article de la RVF ?


T’es n’importe qui donc tu écris n’importe quoi.


Abstiens-toi me conseille-t-on, laisse la parole aux gens compétents, critiques reconnus ou faiseurs de vin made in monde, qui battent les estrades, hantent les hubs et ne fréquentent que le gratin de la profession.


Pour sûr que je comprends parfaitement leur courroux face à un petit blogueur de M, qui ne fait rien d’autre que de lire la RVF, rien de plus. T’avais qu’à être là con, sinon ferme ta grande gueule pauv’con ! Pour ma misérable défense je plaide que je ne suis pas responsable du choix des citations d’un article de la RVF relatant un débat organisé par la RVF et animé par le boss de la RVF qui aime tant faire du scooter ? Minable ver de terre d’une terre bien labourée je n’ai rien inventé me contentant sottement de m’offusquer du ton sans pour autant mettre en doute le fond. Comment puis-je oser objecter que nos amis chinois, tout impérialistes qu’ils fussent, du moins leurs dirigeants, sont très sensibles au ton, à  la manière de dire les choses ? Comment un type comme moi peut-il affirmer qu’il ne voit pas au nom de quoi la fermeté à leur égard rimerait avec une forme de grossièreté reprenant des clichés éculés ?


La réponse est que pour mon plus grand malheur de simple chroniqueur j’ai l’heur de croire, de soutenir plutôt à juste titre, que le marché mondial du vin, des vins, ne se réduit pas à celui dit des grands vins qui sont certes de grands outils de notoriété mais qui ne sont que l’épaisseur du trait. L’histoire du vin dans notre vieux pays de vin, en une forme de pied-de-nez aux grands amateurs, fait que le principal groupe de vin français dans le monde, baptisé du nom de son fondateur, un château dans son genre, fut et reste encore un groupe qui commercialise essentiellement des vins de modeste extraction, y compris en Chine. Faites le compte des GCC rachetés par des gens fortunés ou des institutionnels depuis une dizaine d’années et vous m’expliquerez en quoi cela n’a pas profondément bouleversé l’écosystème des châteaux bordelais et de leurs appellations. Pour sûr on ne parle que qualité, jamais de la valeur du foncier...


Ceci dit, je ne tire aucune gloriole de l’urticaire que je provoque chez certains experts patentés en m’élevant, avec une certaine véhémence je le concède, contre des formules à l’emporte-pièce qui ne font guère progresser un débat qui, je le rappelle, était initialement voué aux différences de goût entre nos deux pays. Simplement je note avec un plaisir non dissimulé que mon vulgaire espace de liberté, si peu couru au dire de l’un des protagonistes, a eu droit à des réponses circonstanciées des deux intéressés. Pourquoi diable ce soudain intérêt pour un torchon (sic) qui ne sent ni l’encaustique Johnson ni le parfum d’encens qui sont les seules fragrances en vogue au « Davos du vin » où se retrouvent tous, comme chacun ne le sait pas,  les plus grands experts mondiaux de l’industrie du vin.


Oui, je le concède, nous vivons une époque formidable, comme l’écrit l’un de mes contempteurs, pensez-donc un gugusse comme moi sorti de nulle part ose contester non les dires, qu’il ne fait que lire, mais la façon de le dire, de gens qui analysent le monde du vin du haut de leur chaire et de leurs compétences, que je ne conteste d’ailleurs pas. Qu’ils se rassurent je suis vacciné depuis fort longtemps et j’attends avec gourmandise la prochaine charge que je sens poindre chez certains. Avant-hier au soir je me suis fait traiter d’encarté, demain ce sera sans doute de suppôt du gouvernement et après-demain je l’espère de fossoyeur de la France qui bosse. C’est ainsi que va la vie dans notre beau pays mais rassurez-vous, en dépit des confidences que beaucoup me livrent, mon déjà qualifié de torchon ne virera ni du côté de Médiapart ni de celui Voici, et Dieu sait pourtant qu’il y aurait matière.


Et voilà qu’écrivant faisant je suis rattrapé par mon sujet. En effet alors que je suis en train de commettre cette chronique j’apprends que les Caves Legrand viennent d’être rachetées par la famille japonaise Nakashima, « spécialiste des grands vins au Japon et propriétaire d’un vignoble en Nouvelle-Zélande, mais qui a fait fortune dans l’agroalimentaire avec, entre autres, la célèbre mayonnaise Kiewpi consommée par tous les Japonais, et qui a elle seule réalise 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an. »


La famille Nakashima s’est portée acquéreur des 78% du capital de Legrand jusque-là détenus par Christian de Chateauvieux, qui avait lui-même racheté l’entreprise à la famille Legrand en 2000 avec son associé Gérard Sibourd-Baudry. Ce dernier, âgé de 64 ans, conserve ses 22% de Legrand ainsi que la direction générale de l’entreprise qui est passée de 1,5 à 25 millions d’euros de chiffre d’affaires en 12 ans. La transaction valorise l’entreprise 20 millions d’euros, l’acquéreur ayant signé un chèque de 16 millions pour l’acquisition des 78%. Legrand était conseillé par la Banque Rothschild. » note Challenge.link


Mes contradicteurs vous l’avaient bien dit, tout fout le camp ma bonne dame, bientôt il ne nous restera plus que nos beaux yeux pour pleurer mais, comme à toute chose malheur est bon, je pourrai ainsi fourguer les mouchoirs de Cholet de mon pépé Louis qu’étaient presqu’aussi grands que les torchons de mémé Marie. Ainsi je ferai fortune dans l’authenticité et je pourrai enfin m’offrir un GCC dans le bordelais ou un paquet d’ouvrées en Côtes-de-Nuit. Bien sûr, comme en-dehors de produire du torchon, je ne sais rien faire de mes dix doigts, pour conduire mon vignoble et mener à bien mes vinifications, mon petit doigt me dit que je devrais solliciter qui vous savez. Chiche !


Sans vouloir revenir aux temps anciens, qui ne sont pas si lointains, au détour des années 2000, autour de René Renou et de quelques autres les débats dans notre monde du vin volaient bien plus haut, au niveau de l’ensemble des vignerons, loin des vases clos où chacun s’empresse de faire reluire son ego. Aujourd’hui les affaires sont les affaires et surtout qu’on ne vienne pas me chanter le contraire sinon je serais capable de sortir mon révolver… à bouchons.

Le titre initial de cette chronique était : « Casse-toi pauv’con de Taulier remballe ton torchon te reste plus que tes yeux pour pleurer dans le mouchoir de Cholet du pépé Louis qu’était aussi grand que les torchons de mémé Marie… »

 

Trop long coco aurait dit Saverot alors j’ai coupé.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Sclafer 29/06/2013 10:51


Ce texte décline quelques leçons. On retiendra qu'il n'est pas question pour notre ami "pèlerin" de la toile de se laisser porter par ses pas. Jacques, n'appartient pas à ceux  qui savent
camoufler les artifices d'une rhétorique convenue ! Faudrait-il faire comme l'écrivait Bontetten " qu'il vaut mieux fermer les yeux pour voir ce qu'on était venu chercher". La liberté est la
condition essentielle pour voyager, pour errer, bref, pour être un "vagabond" sur la toile en écrivant ce que l'on ressent et sa mise en mots; pas facile cet équilibre ! Jacques aurait pu
écrire "Mes pensées dorment, si je les assis" comme Montaigne et bien d'autres... sauf, qu'il y a une forme de résistance sur cette "adventice" qui rassure face à ce
 monde qui rétrécit ! 

Michel Smith 29/06/2013 09:03


Oui, bien trop lon ton titre initial. Quant à la ReVeFe, elle devrait-être contente. Que l'on parle d'elle en bien comme en mal, c'est bon pour les ventes 

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