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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 00:09

Notre bon docteur Charlier donne parfois des consultations sur ce blog prouvant par là le grand  éclectisme de cet espace de liberté. Sans prétendre le concurrencer, au risque de me faire poursuivre pour exercice illégal de la médecine par le Conseil de l’ordre, je me permets d’évoquer le temps de mon enfance où l’expression « avoir les vers » faisait partie du vocabulaire de nos mères, « démangeaisons, agitation le soir… c’était l'oxyurose résultant de l'infection par des petits vers blancs. Fréquente et ennuyeuse, cette maladie parasitaire de l'intestin facilement transmissible, ne présentait aucun caractère de  gravité et pouvait facilement être pris en charge… »


Pierre-Chirac-2.jpg

 

Mais ce matin c’est d’un autre médecin dont il s’agit Pierre Chirac, né en 1650, docteur en médecine de l’Université de Montpellier, premier médecin du Roi Louis XV en 1730, surintendant des eaux minérales de France, surintendant du Jardin royal des plantes médicinales à Paris de 1718 jusqu’à sa mort en 1732. Nous sommes donc avec lui aux antipodes du Dr Luc Charlier plutôt porté sur le jus de la vigne et la « Révolution permanente » du Léon qui apprécia moins le pic à glace que Sharon Stone.


Ce cher homme était un iatrochimiste convaincu, il concocta donc un opiat vermifuge qui porte son nom. Le terme opiat, ou opiate, désignait à l’origine un électuaire renfermant de l’opium. L’usage s’est toutefois établi d’appeler opiat des préparations à consistance de pâte molle. La préparation de Chirac appartenait sans conteste à cette catégorie des opiats dépourvus d’opium mis contenait de l’absinthe.


Alors me direz-vous pourquoi ce titre racoleur ?


Tout simplement parce que notre Pierre Chirac, surintendant du Jardin royal des plantes médicinales à Paris, nomma Bernard de Jussieu, docteur en médecine de l'Université de Montpellier, à la charge de « sous-démonstrateur de l'extérieur des plantes » dudit jardin.


Si vous ne le saviez pas je vous l’apprends « C’est sur la première initiative des Pays-Bas que le Caféier a été répandu à travers le monde. »


web_Source0.jpg

La fresque des Lyonnais : Antoine de Jussieu, Marcel Mérieux, Claude Bernard auteur Daum, Nicolas

 

Rassurez-vous je ne vous embrouille pas, en effet, après la paix d’Utrecht en 1713, qui mettait fin à la guerre entre les deux pays, c’est « à l’aide de plants venus d’Amsterdam qu’Antoine de Jussieu, donna la description du Caféier (le neveu de Bernard).


« L’Europe a l’obligation de la culture de cet arbre aux soins des Hollandais qui, de Moka, l’ont porté à Batavia, et de Batavia au Jardin d’Amsterdam ; et la France en est redevable au zèle de M de Resson, lieutenant général de l’artillerie et amateur de botanique, qui se priva, en faveur du Jardin Royal, d’un jeune pied de cet arbre qu’il avait fait venir de Hollande. Mais M. Pancras, bourgmestre régent de la ville d’Amsterdam, nous a fourni le moyen de décrire la plante en fleurs par le soin qu’il prit, l’année dernière, d’en faire transporter un autre à Marly, où il fut présenté au Roy et, de là, envoyé à Paris, au jardin de Sa Majesté, dans lequel nous l’avons vu donner successivement des fleurs et des fruits. 


Jardin-Roi-1636.jpg

 

Mais… Antoine de Jussieu ne se contenta pas de décrire le Caféier et de recommander le café à ses malades. Les graines qui avaient mûri dans les serres du Jardin du Roy y furent semées et donnèrent de jeunes pieds en abondance.


L’introduction de ces jeunes plants dans nos colonies semble avoir été la préoccupation du Régent de France, Philippe d’Orléans, de Chirac, superintendant du Jardin du Roy, d’Antoine de Jussieu, enfin des membres de l’académie des Sciences. »


« Malheureusement, la puissante Compagnie des Indes, qui détenait le monopole du commerce extérieur du Royaume par mer, contrecarra ces projets. Elle lutta plus tard contre les colonies en vue de sauvegarder son monopole, lorsque les cultures furent établies. »


 

Chirac Pierre « Né à Conques-en-Rouergue en 1650 de parents peu fortunés qui le destinèrent à l’état ecclésiastique, il fit ses humanités à Rodez et se rendit en 1678 à Montpellier pour y étudier la théologie. Placé chez un pharmacien en qualité de précepteur, il y puisa le goût de la médecine, et ne tarda pas à s’y distinguer parmi les élèves de l’Université.


Michel Chicoyneau, qui en était le chancelier, lui confia l’éducation de ses enfants. Extrêmement laborieux et très assidu aux leçons publiques des professeurs, Chirac fut bientôt en état d’en donner lui-même de particulières.

 

Revêtu du doctorat en 1683, il obtint en 1687 une chaire qu’il remplit avec autant de zèle que de succès, et fut nommé médecin de l’armée de Roussillon en 1692, commandée par le maréchal de Noailles. Une épidémie de dysenterie s’étant mise dans les troupes, et l’ipécacuanha étant resté inefficace, il donna avec succès du lait coupé de lessive de sarment de vigne. Il ne quitta ces fonctions que pour occuper celles de médecin du port de Rochefort, ville alors insalubre où sévissait la Maladie de Siam. Il n’hésita pas à pratiquer plusieurs centaines d’autopsies. La suite ICI link

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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Luc Charlier 17/08/2014 11:09


Merci Jacques de me donner ainsi tant de visibilité, et de me permettre de reviser une fois encore l’orthographe du mot éclectisme – que tu maîtrises parfaitement. Moi, je me trompe à chaque
coup, tant il est vrai sans doute que mon subconscient a du mal à « choisir ». En fait, c’est l’option la plus simple qui est la bonne.


A propos de « bon », je ne sais si ce qualificatif me décrit avec exactitude. Je possède certes d’innombrables qualités, que je dissimule habilement par humilité foncière, mais la bonté
n’en fait pas partie.


Et en plus, n’ayant aucune reconnaissance officielle dans la sphère médicale en France, il m’est également interdit d’y exercer, NEC consilio NEQUE manu, si je puis dire. Donc, je ne
donne jamais de consultation concernant un cas précis. Je reconnais pourtant – une journaliste slave exerçant en Belgique et amie d’Eric Boschman, j’ai oublié son nom, me l’a reproché souvent –
une certaine tendance à pontifier (elle disait « to patronize ») et il peut arriver que j’émette un avis général, circonstancié, à propos de tel ou tel sujet. On pourrait dire
que c’est du « djihadisme de l’esprit », forme extrême du prosélytisme. J’aime à tenter de convaincre et de rallier les autres à mon opinion, une fois qu’elle est solidement établie
dans ma tête à moi.


Pour l’oxyure, ce petit nématode envahit plus généralement l’autre extrémité de notre corps et on disait que, comme dans Mistral Gagnant, c’est surtout le bac à sable qui en constitue le vecteur.
Je ne sais si c’est vrai. Devant un prurit anal chez l’enfant, il est de bonne pratique d’y songer. En effet, et tant mieux pour la sécu, le diagnostic est assez facile à confirmer : un
scotch (= papier collant) appliqué délicatement sur la zone, et enlevé avec tout autant de douceur, permet d’observer les vers à l’oeil nu, avec une loupe ou sous le faible grossissement d’un
microscope.


 


Enfin, pour le pic à glace, merci d’évoquer la fin tragique de mon modèle supposé – que je ne renie d’ailleurs pas pour une large part – des mains de l’infâme Ramón Mercader (un Catalan, mais de
mère hispano-cubaine ayant passé l’essentiel de son temps en France). J’ai vu le film des dizaines de fois, et pas uniquement en raison de la plastique intéressante de nombreuses actrices
présentes, mais j’avoue ne pas avoir décidé qui est l’assassin principal. Je suis « pathétique » en ce qui concerne les scénarii. 

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