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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 00:09

Ne frétillez pas bande de coquins, ici je ne parle que de vin et mon ex-reine de beauté n’exhibe pas ses charmes sur des podiums elle se contente de poser son cul sur le haut d’une banale étagère d’un magasin de hard discount parisien dans le 15ième arrondissement.

 

Le hasard est souvent mon meilleur allié, en effet mardi dernier sortant de mon bureau je me suis dit que j’allais traverser la rue de Vaugirard pour aller fourrer mon nez chez ED pour voir si les rouges qui bougent, ceux du Roussillon, y étaient en rayons. Sans être mauvaise langue et vouloir faire des rapprochements osés, c’était le bordel total : des cartons entravaient les allées, des épluchures de légumes jonchaient le pavé... J’accédais donc avec difficulté au rayon pinardier pour n’y découvrir qu’un vulgaire rosé roussillonnais à 1,70 € embouteillé par un drôle d’oiseau qui fait des Trilles. Comme dans l’histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide j’étais à la fois déçu et content de voir qu’aucun rouge roussillonnais ne se trouvait dans ce type de maison de basse extraction.

photo-ED2.jpg 

C’est alors que mon œil acéré est tombé sur le joli minois de l’ex-reine de beauté dont je vous ai parlé. Vous me connaissez j’en fus tout bouleversifié. Beau corps élancé, svelte, habillage sobre, beau médaillon gravé, superbe origine... mais que venait-elle faire dans cette galère cette belle dont je tairais le nom. Oui, après mure réflexion, j’ai décidé de vous conter mon histoire sans dévoiler l’identité de l’ex-reine de beauté car l’important ce n’est pas elle mais le miroir aux alouettes des concours.  photo-ED1.jpg

Je m’explique, le médaillon fort alléchant, la médaille d’argent, silver métal, apposé sur la poitrine de la belle faisait référence au Concours des féminalise de Beaune 2009. J’avoue mon ignorance crasse, et pourtant je me pique d’être bien informé, j’ignorais jusqu’à l’existence de cette manifestation. Rentré at home je sollicitais Google et je tombais sur www.feminalise.com

 

« Concours exclusivement réservé aux femmes. »

 

Les dégustatrices professionnelles et oenophiles du concours des Féminalise sont réunies une fois par an pour déguster les Vins de France. Elles attribuent la distinction Féminalise Or, Argent ou Bronze à seulement 1/3 des vins présentés.   Les femmes sont devenues amatrices du vin, 45 % d’entre elles en consomment.

En France, 78 % des femmes achètent le vin en grande surface, en Allemagne 70 % et aux Etats-Unis 80 %.

 

Ne dit-on pas que les femmes ont l’art et possèdent le talent de savoir déguster le vin ?

 

N’est-il pas vrai que les résultats des dégustations féminines participent à l’évolution du goût du vin ?

 

20 ans d’expérience d’organisateur de Concours de vins, ont permis à Didier Martin de constater l’impact économique des femmes sur le monde du vin. Il a eu donc cette idée originale de créer Féminalise :

 

Le concours des Féminalise est ouvert à tous les vins de France

AOC-AOVDQS-VDP (blanc/rosé/rouge et effervescent) de viticulteurs, viticultrices, caves coopératives, négociant(e)s.

 

Chaque vin est dégusté par 3 femmes placées à des tables éloignées.

 

18 vins environ sont dégustés pour stimuler l’excitation de tous les sens, sans fatiguer le palais.

 

Les vins présentés et servis par des sommeliers sont dégustés à l’aveugle, les bouteilles glissées dans des chaussettes opaques de couleur pour cacher l’étiquette.

 

Chacune déguste un vin différent de sa voisine, il n’y a donc ni commentaire ni influence mais le silence total, la concentration et l’harmonie pour un résultat optimal.

 

Commentaires d’un homme qui aime les femmes:

 

Voilà bien une idée d’homme mais si des femmes se prêtent au jeu je n’ai rien à reprocher au concept s’il participe à l’extension du domaine du vin. Ce qui m’intéresse en la matière c’est la crédibilité des résultats d’une telle compétition. Dans la mesure où je ne dispose d’aucun élément sur les juges – est-ce important d’ailleurs ? – puisque l’organisateur ne donne aucune précision sur elles, ce qui m’intéresse c’est la représentativité des lauréats dans leur région, appellations ou dénominations, couleur... Là aussi, ne disposant que des chiffres globaux ci-dessous pour l’année de référence de ma reine de beauté : 2009, la profusion de médailles laisse songeur. En effet, ce qui serait probant c’est de mettre en évidence face à la médaille d’argent de ma compétitrice le nombre de compétiteurs ou compétitrices qu’elle a affrontée. Je sais que l’organisateur va me rétorquer que les médailles sont décernées dans l’absolu pour les qualités intrinsèques du produit et non dans une compétition entre des vins d’une même appellation ou dénomination ou région ou couleur. Un peu de transparence ne nuirait pas tout de même et la publication sur le site de statistiques anonymes sur la provenance des vins donnerait une image un peu plus réaliste de la situation. 751 médailles c’est quand même de l’inflation.

 

Beaune, le 23 avril 2009

Concours présidée par Macha Meril, actrice, écrivain.

 

2350 échantillons de toute la France

350 dégustatrices

31% des vins sélectionnés

 

225 Médailles d'or

310 Médailles d'argent

216 Médailles de bronze

  

Reste un dernier détail qui m’a fait garder l’anonymat sur la détentrice de la médaille d’argent : le prix. En effet, comme je suis un fouineur je suis allé voir les détails la concernant sur le site et j’ai pu constater que le prix de référence était affiché comme étant > à 10 €. Un beau prix donc mais assez en adéquation avec la notoriété de ce cru d’une appellation des Côtes du Rhône. Mais c’est là que mon titre se justifie puisque que chez ED je l’ai acheté 4,59€, sacrée décote, non ! Mais comme me le faisait remarquer mon ami Yannick, jeune acheteur de vins pour la GD, pour un certain public une médaille ça fait vendre. Tant mieux donc mais là je trouve que le malaise s’installe, ça me gêne de voir exhiber des médailles qui, sans être en chocolat, me semble tout de même distribuée avec une certaine facilité à grande brouettée...

 

Mais pour ne pas me faire taxer d’atteinte au droit des femmes à déguster des vins – étant quand même entendu que mes remarques s’appliqueraient à un concours réservé aux hommes – je vous offre en bonus l’hommage de Julio Iglesias...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Luc Charlier 25/11/2010 12:08



Le français des Belges présente des particularités. Quand j’ai écrit « je ne comprends pas », tu m’en donne l’explication,
Jacques. Et c’est logique de vouloir parfois boire dans un restau la – bonne – bouteille qu’on a rencontrée ailleurs. Inversément, il est compréhensible qu’on souhaite acheter pour son domicile
le flacon qu’un sommelier avisé vous aura fait découvrir.


Ce que je voulais dire, c’est que cette bouteille, structurellement, ne peut pas avoir le même prix dans la GD, chez un caviste et au
restaurant. J’aurais dû dire : « je suis choqué ».


 


La GD dispose d’un pouvoir de négociation énorme, lié au volume qu’elle brasse. En outre, ses frais de manutention, stockage,
publicité etc...  sont réduits, peut-être pas en valeur absolue, mais sur chaque article vendu. En outre, l’exploitation (je dirais scandaleuse mais
c’est un jugement de valeur qu’on peut me contester) salariale y est criante. Enfin, il y a toutes les tromperies, tricheries, fraudes dont elle s’entache. Résumé : elle achète moins cher,
elle a moins de frais de commercialisation donc, elle peut (devrait) vendre moins cher, même à bénéfice égal. Dans le cas idéal, le consommateur y gagne, tandis que le personnel et le producteur
sont les dindons de la farce.


 


Le caviste ne peut bénéficier d’une économie d’échelle, mais il offre (ou devrait offrir) la compétence de son conseil, la livraison
et, parfois, l’énorme avantage de pouvoir faire déguster le client ou d’avoir dégusté lui-même et d’en faire le récit. Cela se traduit par un prix de vente légèrement supérieur. Le caviste
proposera en outre des vins produits en moindre volume. J’admets que ce n’est pas forcément gage de qualité, mais il y a quand même une relation de proportionalité, by and large. Le
consommateur y gagne en service ce qu’il y laisse en numéraire. Le caviste en vit. Le producteur aussi.


 


Le restaurateur – ma seule clientèle dans l’hexagone, NB – se trouve dans une situation inconfortable, anormale et (voir en Allemagne
ou en Italie) pas forcément obligatoire.


Son équilibre financier dépend surtout des liquides (pas seulement le vin, voyez par exemple le budget « eau minérale »),
sur lesquels la marge est élevée. Dans le cas parfait (il y en a ) où le choix est judicieux, le stockage de qualité, le service impeccable (température, tempo, vaisselle vinaire ...), le conseil
irréprochable, le client jouira du plaisir de la bouteille adéquate sur des mets de qualité. Et il paiera ce service.


Souvent cependant, l’une ou plusieurs de ces sine qua non ne sont pas satisfaits.


 


On ne pouvait faire plus court.



Luc Charlier 25/11/2010 11:03



Une dernière réponse, pour faire vite :


 


1)      Je ne dis pas que certains ne vendent pas « bien » en GD. Je claironne simplement que ce n’est pas mon choix, à titre perso. Je préfèrerais crever. En outre, je ne
comprends pas comment un caviste accepte de référencer le même vin sur ses rayons, ou un restaurateur/sommelier de le proposer à sa carte. Pour le reste, nous sommes d’accord, Monsieur le
Ministre.


2)      Les témoignages sur les médailles sont vrais individuellement, quelquefois. Il s’agit de casuisistique, « d’histoires de chasse » (hunting-stories). Ils n’ont aucune
autre valeur.


C’est sur la même base que les Laboratoires Fabre ou la grotte de Lourdes attestent leurs vertus curatives.



JACQUES BERTHOMEAU 25/11/2010 11:36



Parce que certains consommateurs ont envie de retrouver le même vin dans des réseaux différents ou au restaurant...



Stéphane 25/11/2010 10:21



Mais bien sur que la médaille fait vendre plus en GD? Pourquoi croyez-vous que les acheteurs de centrales réagisssent au quart de tour dés la publication des résultats des concours, pour que
le producteur, le négociant ou la cave fasse apparaître la médaille ou la distinction sur la bouteille, si ce n'est pour booster les ventes.
La médaille est un argumentaire de vente supplémentaire, que l'on peut considérer comme passif quand il s'agit du linéaire en GD, mais qui devient bien réel pour la vente directe, sur salons,
foires et à domicile.


Je me souviens très bien d'une Bordeaux 2006 placé en référencement permanent dans une enseigne, avec des chiffres de vente assez modestes; en cours d'année cette bouteille obtient une
médaille, l'étiquette s'en trouve modifiée avec mention de la médaile d'or à Paris, les ventes ont été multipliées par 3.


 


 



Luc Charlier 25/11/2010 09:11



Je pense que tu ne disposes pas d’arguments pour étayer ton opinion, Denis.


D’abord, il ne s’agit pas de quelques dizaines d’euro.


Ensuite, à part quelques « ménagères bien franchouillardes », PERSONNE n’accorde la moindre importance aux médailles de
Macon ni du Concours Général. Pour l’amateur britannique, ou belge, ou allemand, ces médailles ne signifient rien.


Enfin j’appartiens malheureusement à la catégorie de « ceux qui en auraient besoin » et non aux vedettes établies,
hélas.


Quant à la GD, je préfèrerais faire faillite ou mettre la clé sous la porte plutôt que de devoir leur vendre mes vins ! Ce n’est
pas une figure de style.



JACQUES BERTHOMEAU 25/11/2010 10:12



Désolé cher Luc je connais des vignerons qui vendent leurs vins à Monoprix à des prix plus que satisfaisants et qui sont payés en temps et en heure... Faut pas mettre tout le monde dans le même
sac à patates cher au père Karl !



Denis Boireau 25/11/2010 08:48



Luc, t'as la gnac quand tu reviens de Belgique!


Je connais bien des concours et je maintient que la grande majorite ne gagne rien. Beaucoup y mouillent la chemise benevolement.


Evidemment que pour toi ou Michel Smith ou Bertho les medailles ca ne sert a rien. Ca s'adresse d'un cote aux vins qui en ont besoin (pas les vedettes etablies bien sur!) et aux acheteurs qui en
ont besoin (menagere de plus ou moins 50 ans perdue dans un rayon vin de la GD).


Evidemment que les concours qui clament la qualite de leur selection ou la competence de leur jury nous bourrent le mou, mais c'est de la pub. Ne jamais oublier ca: concours des vins =
promotion, ni plus, ni moins.


 Va demander a tous les medailles du Concours General Agricole ou du Concours des Vignerons Independants ou ceux de Macon l'effet des medailles sur leurs ventes et tu seras convaincu. Pour
quelques dizaines d'euros de frais de participation, va trouver une methode de promotion aussi efficace!



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