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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 09:00

Adepte de l’humour Rémi Gaillard http://www.berthomeau.com/article-c-est-en-faisant-n-importe-quoi-qu-on-devient-n-importe-qui-53806428.html qu'il ne faut pas confondre avec les duettistes  les plus ringards du vin Gilbert&Gaillard, je prends la peine d’appliquer sa célèbre maxime en la détournant, C’est en disant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui,  à propos des déclarations de notre Michel Rolland national et international devant les petites mains d’une vague école de commerce de Bordeaux : l’INSEEC.

Provocateur l’homme l’est sans contestation mais là, de deux choses l’une, soit il prend ses interlocuteurs pour des demeurés, ce qui n’est pas à exclure, soit il ne veut pas que les médias l’oublient, donc il fait du bruit. Fort bien, grand bien lui fasse, pour l’heure, sans faire injure au grand journal de Bordeaux, ses propos n’ont éveillé que l’intérêt de Sud-Ouest du mercredi 15 septembre, et c’est page 17.

Je pense que la Toile va s'en emparrer. D'ailleurs je suis en train de la faire moi-même.Que Michel Rolland veuille créer le buzz, faire de la provoc à 2 balles, c'est son droit de bon communicateur sur sa marque mais vraiment il aurait pu s'abstenir d'aller bourrer le mou de petits gars et de jeunes filles d'une de ces nombreuses et malheureuses écoles de commerce qui croient qu'en invitant un people ils se mettent dans les vents portants. Les pauvres, je les plains.

 

Lire ou relire 2 chroniques :

A quoi servent les écoles de commerce ? http://www.berthomeau.com/article-11923168.html

« Le bon marché détrousse le passant » ou une vieille maxime vaut mieux que le bla-bla creux de Bordeaux Management School sur le marché du Vin http://www.berthomeau.com/article-le-bon-marche-detrousse-le-passant-ou-une-vieille-maxime-vaut-mieux-que-le-bla-bla-creux-de-bordeaux-management-school-sur-le-marche-du-vin-48883768.html

 

   

Le vin du futur façon Coca-cola selon l'œnologue Michel Rolland

Face aux étudiants de l'INSEEC, l'œnologue Michel Rolland a donné sa vision du vin du futur  185532_14233071_460x306.jpg

Une salle comble hier matin, pour écouter Michel Rolland, à Bordeaux. Photo claude petit

     

Quel vin boirons-nous en 2050 ? Michel Rolland n'en sait rien, mais il a sa petite idée. Le plus célèbre des « flying wine makers » (1) était face aux étudiants de l'INSEEC, une école de commerce de Bordeaux, hier matin, pour répondre à cette question.

 

Michel Rolland s'est taillé une réputation controversée en plaçant au-dessus de tout les progrès de l'œnologie. Ces derniers permettent selon lui de faire du bon vin à peu près partout. Par ailleurs, grâce à eux, on peut adapter le vin aux goûts de chaque marché à travers le monde.

 

Le modèle ? Coca-cola !

 

Le terroir, paramètre sacro-saint dans le Bordelais, ne compte vraiment que pour les très grands crus, les vins naturellement complexes. Pour les autres, tout est affaire d'œnologie et de marketing. Les Indiens aiment le curry ? Fabriquez-leur un vin au goût de curry, répond Rolland. C'est globalement ce que ce dernier a expliqué hier matin à la promotion 2013 de l'INSEEC. Volontiers provocateur, il est sans doute le seul œnologue qui cite le Coca-cola en exemple. « Que fait Coca ? Il adapte le goût en fonction des marchés. Dans le nord des États-Unis, où l'on aime par-dessus tout la cannelle, on fait du Coca au goût de cannelle. En Inde, il est légèrement épicé, c'est le plus mauvais de tous. En Europe, on trouve un Coca plus frais, plus acide. Dans l'avenir, le vin devra faire pareil : s'adapter aux différents marchés. Il faut arrêter de croire, en France et particulièrement à Bordeaux, que nous avons le monopole de la définition du goût. »

 

Darwinisme viticole

 

Avec de tels propos, Michel Rolland s'est assuré de solides inimitiés dans le monde du vin, surtout à Bordeaux. Il le sait fort bien et s'en moque, continuant à sillonner les routes de Gironde dans sa grosse Mercedes noire avec chauffeur, avant de sauter dans un avion pour conseiller des clients dans la Nappa Valley, en Australie ou encore en Afrique du Sud.

 

En 2050 donc, le vin sera un produit taillé sur mesure pour répondre à une demande, et non l'expression d'un savoir-faire traditionnel qui se perpétue. Rolland professe une sorte de darwinisme viticole, où chaque région productrice devra s'adapter à la demande ou mourir. « Mais le grand chambardement, c'est l'Asie. Il faudra s'adapter aux goûts de ces pays. Aujourd'hui, il y a une tendance un peu égale dans la production bordelaise, qui fait toujours le même style de vins. Pour cette région, l'avenir dépend de la capacité des producteurs à faire les produits que les marchés veulent. Il faut savoir regarder ce que veulent les consommateurs. Pourquoi ne pas faire un vin aromatisé à la fraise ? Pour moi, ce serait une horreur, mais il faut y penser… »

 

L'avenir, c'est le marché, on l'a compris. Mais lui, Michel Rolland, quel est son goût ? Un étudiant le lui a demandé. Réponse : « Vous savez, dans mon métier, on retourne souvent sa veste ! J'essaie d'être esthète, mais je suis aussi œnologue. J'ai un goût personnel, mais mon métier m'a donné une double personnalité… » Tout acquis au goût des autres, il n'en dira pas plus sur le sien.

 

(1) Flying wine makers, expression qui désigne des consultants en œnologie qui volent d'un vignoble à l'autre, à travers la planète, pour dispenser leurs conseils

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Jacques Sallé 17/09/2010 09:10



Merci à mon ami Michel Smith pour toutes ces précisions.


Oui le sucre ajouté en édulcoration dans les vins est une pratique facile pour compenser une trop forte acidité. le champagne, bien qu'AOC y a droit, tandis qu'il est interdit aux autres
appellations et VdP de le pratiquer. En revanche les vins du Nouveau Monde sont souvent édulcorés et les vins de table français destinés à l'export peuvent l'être aussi...



Michel Smith 17/09/2010 07:00



Revenir en arrière sur ce que disait l'ami Jacques Sallé. Depuis que les vins de Champagne vont au-delà de nos frontières, au pays des tsars notamment, mais aussi en Angleterre, en effet les
industriels du Champagne (je devrais dire les négociants) savent faire des vins aux goûts de leurs clients. Fort heureusement ces goûts évoluent et Russes et Anglais, mais aussi Italiens et
Allemands, pour ne parler que d'eux, se sont mis au goût du Champagne tels que nous le connaissons, tel que nous l'aimons tous. Bref, il se fait de moins en moins de demi-secs. Un style de
champagne plus frais, plus sec, plus brut, s'est imposé dans le monde. Même si certaines marques (Pommery) continuent à s'accrocher à une idée de champagne adapté à une clientèle jeune au style
plus rondouillard. On pourrait aussi discuter sur le style des vins d'Alsace (plus ou moins de sucre), c'est un débat qui a commencé il y a une bonne dizaine d'années. En gros, l'article de Sud
Ouest sur Rolland n'offre rien de nouveau, à mon avis, dans l'éternel débat du goût du vin. Et les différentes et récentes tentatives de faire des "pop wines" ou des vins aromatisés pour séduire
notre belle jeunesse n'ont pas donné grand chose. Au final, les gens aiment toujours le vin tel qu'il est, sans trop d'artifices. C'est ça le vin moderne.



mauss 17/09/2010 01:06



Juste un  point : je ne voudrai pas qu'on croie ici que j'ai vendu, je vends ou je vendrai du vin.


Ce que je fais n'a rien à voir avec la vente.



Bruno KESSLER 16/09/2010 22:23



J'ai lu avec interet l'article de Sud Ouest , Il y a 6 ans pendant un séminaire organisé par l IFV à la grande Motte j'avais osé parler de vin yogourt ... le cépage c'etait à mes yeux une
indication du gout du vin comme on trouve le fruit sur un pot . Certain avait une vision trés politique en souhaitant que le cépage soit une indication de qualité !!! C'est cette vision qui m'a
donné l'envie de donner plus au consommateur et d'avoir de l'ambition pour la marque JP CHENET , Merci Jacques c'est vrai qu'en 2000 nous nous sentions fort seuls ... Mais tout fini par arriver
!!! Tout ceci est une affaire de pro entre des viticulteurs , des oenologues de  caves coopératives des Présidents volontaires et des négociants investisseurs comme Joseph Helfrich ,
souhaitons que malgré les sorciéres sur le berceau,  ils gardent le cap ...  Une stratégie technico economico oenologique ...Une aide précieuse de Patrick Ducourneau , de
toute mon équipe qui n'a jamais eu peur de mettre les mains dans le cambuis ...  beaucoup d'innovation et du temps du temps . Comme le disait Picasso le secret de tout celà tient en trois
mots: travail travail travail ... alors pour tous les ouvriers de la 25 eme au boulot ... Je continu  mon boulot afin de  créer passionément les vins de demain ...bonne
nouvelle il y a de plus en plus de vocation ...



Lebaron Olivier 16/09/2010 20:18



Pour ma part, j'ai comparé ses dires avec quelques phrases du livre "La face cachée du vin" de Baraou et Septime. Ce que ces derniers dénoncent, Michel Rolland l'affirme. On le traite de
provocateur, je ne trouve pas, il ne fait que dire une vérité, et puis il s'en amuse et balance "dans ce métier on retourne souvent sa veste".


Article sur Showviniste


 



JACQUES BERTHOMEAU 16/09/2010 20:22



Bof !



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