Lundi 26 décembre 2011 1 26 /12 /Déc /2011 00:09

Vous avez échappé à un titre très Charlie Hebdo : « Miss Dior est nue, combien vaut son jus ? » mais comme je me dois d’être PC*je vais me contenter de vous donner la réponse : de 1 à 1,5€ par flacon vendu à un prix unitaire de 100€. Pas mal, non ! C’est plus juteux que produire du lait au fin fond de l’Aveyron. Ne me traitez pas de démagogue, et même si m’sieur Michaud est fâché avec les chiffres je trouve intéressant de constater avec quelle facilité certains créé de la « valeur » pour irriguer essentiellement 3 cagnottes : le créateur (la marque), la publicité et la distribution. Pas très nouveau me rétorquera-t-on, c’est ainsi que va le monde où l’acte de production est réduit à sa plus simple expression pour laisser le champ libre aux tâches nobles : création, packaging, marketing…


Cependant le secteur des parfums de grandes marques me semble être très emblématique de cette fuite en avant. « Sur le segment de la parfumerie fine, il se lance 800 à 1200 nouveaux jus par an. Il existe une grosse pression de la distribution pour la nouveauté. » Nicolas Olczyk consultant chez Rouge Curacao. Le nouveau vieillit vite et le succès de beaucoup de ces jus est rarement au rendez-vous. Le Nouvel Obs., dont je tire les chiffres ci-dessous, consacre sous la plume de Dominique Nora un excellent article sur les « maisons de composition » qui sont des multinationales des arômes qu’ils soient alimentaires ou destinés à la cosmétique.


Marges pharaoniques, profits disproportionnés, face à des coûts de production réduits à leur plus simple expression. Le moins cher du moins cher des dépenses courantes : alimentation, habillement, voisine avec le très cher qui ne coûte pas cher à produire. Le paraître, le faux luxe de marques sans réel contenu qui n’existent que par le fort contenu d’image de la communication : Nike en est un des plus beaux exemples.


Revenons au parfum et au cas cité en titre Saharienne d’Yves Saint Laurent

 

Je cite ce qui est reproduit sur tous les blogs modeux, du pur jus de tête de petites plumes.  

« Son nom sonne comme une évidence. Hommage à la veste lacée iconique, pièce mythique de la couture Yves Saint Laurent. Une ode à la sensualité qui sublime les formes dans un jeu provocant de caché-dévoilé sur la peau. Une célébration renversante d’une féminité libre, sauvage et provocante. »

 

La Fragrance : coût du jus concentré 1 à 1,5€ + fabrication usine 1€

« Fidèle à l’écriture des parfums Yves Saint Laurent, Saharienne réinvente la fraîcheur sur un registre inédit. Provocante, elle bouscule les codes et mêle les températures extrêmes, de l’envolée lumineuse au sillage incandescent. En tête, les zestes de citron Primo Fiore, bergamote et mandarine italiens viennent éclabousser de milliers d’éclats acidulés les pétales blancs surexposés, comme un champagne « blanc de blanc ». La douce amertume des feuilles d’orange froissées se pique de quelques flèches vertes, décochées par le galbanum et le bourgeon de cassis. Les effluves floraux solaires et salés sont galvanisés par l’insolence des baies roses et du gingembre. La sensation est voluptueuse et enveloppante, suave et caressante. »

 

Le Flacon et packaging : 3€

« Yves Saint Laurent, Saharienne est un symbole de voyages vers des contrées lointaines. Parsemé de lumière et de transparence cristalline la bouteille révèle un parfum frais et doré comme le sable chaud, tandis que la tentation ultime, son bouchon d’or martelé est une véritable pièce de joaillerie couture, sensuelle et raffinée. Fidèle à la vision parfum d’Yves Saint Laurent, Saharienne réinvente la fraîcheur dans une forme entièrement nouvelle. Provocateur, il rompt avec les codes. »

 

Publicité&marketing 25€

Marge de la marque 15€

Distribution 35€

TVA 19,6€

 

Du côté de Miss Dior Chérie

 

« Après Sharon Stone, Charlize Theron, Monica Bellucci, c’est au tour de Natalie Portman de rejoindre le club très fermé des égéries de Dior.

 

La jolie brune dont la carrière a débuté à 12 ans avec le film Léon, ne cesse d’étonner et de se réinventer. Passant de blockbuster à films d’auteurs, d’un style garçonne à un style féminin assumé, l’actrice a réussi à séduire la maison prestigieuse Christian Dior. Pour la première fois, l’actrice israélo-américaine sera l’égérie d’une marque de beauté dans l’univers du luxe. Shootée par le talentueux Tim Walter, la série dévoilant l’univers sucré et léger de Miss Dior Chérie sera visible en presse écrite à partir de mars 2011. La campagne publicitaire réalisée par Sofia Coppola mettrait en scène une Natalie Portman « charismatique et élégante » d’après Claude Martinez, le PDG de Parfums Christian Dior.

Aucune information n’a été révélée sur le thème du shooting, mais la brune énigmatique aurait déclaré: « Je me sentais comme un grande et vieille cougar. » « Le spot TV dévoile également d’un coup, un cygne blanc. C’est de la publicité subliminale pour mon film » une référence à son dernier rôle dans Black Swan, qui sortira en France le 9 février 2011, soit quelques semaines avant le spot signé Dior. »

 

Dominique Nora écrit « Dans ce marché saturé, la concurrence est rude (…) LVM H (Dior, Guerlain, Givenchy…) internationalise à nouveau en partie sa création, confiée à Thierry Vasseur et François Demachy. L’Oréal (Giorgio Armani, Lancôme, Saint-Laurent…) emmène ses parfumeurs préférés travailler avec les plus grands maîtres des épices, du chocolat, du champagne, du thé ou de la haute cuisine… « C’est une bonne manière de nourrir la création de nos nez, qui doivent en permanence sentir les tendances et renouveler leurs émotions sensorielles ».

 

Beaucoup d’appelés et peu d’élus donc pour 15% de parfum, 65% d’alcool éthylique et 20% d’eau distillée que vous retrouverez chez Sephora à au moins une petite centaine d’euros le flacon… reste que ce sont les jus des années passées qui financent le quadrille des nouveaux venus. « le marché mondial de la parfumerie – 39,7 milliards de $ en 2010 selon Euromonitor – ne semble pas trop souffrir de la crise »

 

Pour Antonin le basque bondissant sur le mur à gauche le buzz du moment : Lady Gaga va sortir un parfum en 2012 dont « la licence sera gérée par la maison Coty (marc Jacobs, Calvin Klein, Céline Dion… » Il serait baptisé « Monster » et contiendrait des formules moléculaires similaires à celles du sperme et du sang »

 

Foutage de gueule garanti mais quand on aime on ne compte pas !



Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Retour à l'accueil

Articles récents

Derniers Commentaires

Archives

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés