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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 00:09

 

Charles Haquet et Bernard Lalanne qui dédicacent leur opus « à Saint Émilion qui a patronné ce Bréviaire et a gaiement accompagné son élaboration. Toute honte bue... » méritent notre respect et nul besoin pour eux de solliciter l’absolution pour avoir osé confesser des petits plaisirs inavouables, ceux que l’on savoure en solitaire comme dispenser des vents alentours, faire pipi dans le lavabo surtout chez les copains, dire du mal des autres, se montrer cruel inutilement, se faire caresser le dos... Petite collection de bassesses, de péchés véniels, de jouissance minuscule, dont seuls les hypocrites et les menteurs osent prétendre qu’ils ne s’y laissent pas aller.

Mon éducation religieuse me fait apprécier à sa juste valeur la notion de petits plaisirs honteux car l’exercice de la confession m’a permis d’exercer l’art de l’esquive face à la curiosité quasi-policière du curé pour toutes formes de plaisir et plus particulièrement celui de la chair. Vous comprendrez donc aisément que, dans l’une de mes promenades dans les allées d’une mes librairie culte, je sois tombé en arrêt, tel un retriever, devant ce petit Bréviaire. Intuitivement je pressentais que ce petit livre allait me plaire car il pouvait se glisser dans mon sac « Pan Am » comme le bréviaire de mon curé-doyen dans la poche de sa soutane. J’adore les petits livres mais je n’ai jamais feuilleté un bréviaire et Dieu sait que lorsque j’étais enfant de chœur ce fidèle compagnon du curé me fascinait. En effet, à toute heure du jour, en tout lieu, tel un fidèle compagnon, le brave homme se plongeait dans ses pages de papier bible. Qu’y trouvait-il ? Je ne sais ! Peut-être de quoi supporter les affres de son vœu de chasteté...

Selon une tradition bien établie ici je propose ce matin à votre lecture le chapitre consacré à un petit plaisir fort répandu : « emmerder le monde ». Pourquoi celui-là plutôt qu’un autre ? Vous répondre serait vous accorder à bon compte un petit plaisir que vous pourriez un jour utiliser contre moi en disant « ce Berthomeau qui la ramène à tout bout champ l’est comme les autres il nous a avoué que... »

 

Qu’est-ce que l’homme ?

Un pauvre être mis sur cette terre

Pour embêter les autres hommes.

Erik Satie

 

« Juste pour voir, devinez la bonne réponse :

 

A)    À colin-maillard, qui attirait ses compagnes aux yeux bandés vers les bouses de vache ?

1-     Marie-Antoinette, au Hameau de la Reine, à Versailles.

2-    Ségolène Royal, dans le village vosgien de son enfance.

3-    Brigitte Bardot, dans le film Le Trou normand.

 

B)    Qui a dit un jour : « Je cherche toutes les façons de l’embêter. J’ai deux ou trois autres choses en tête en réserve » ?

1-     Le porte-parole de la Ligue québécoise contre la francophobie, à propos d’un adversaire anglophone.

2-    Nicolas Sarkozy à propos de Dominique de Villepin, son ennemi intime.

3-    Votre belle-mère, en parlant de vous à une amie.

 

C)    Lequel de ces trois personnages prenait son pied en écrasant celui d’un vagabond couché sur son chemin ?

1-     Gilles de Rais, fameux criminel pendu à Nantes en 1440.

2-    Tatie Danielle, héroïne du film d’Étienne Chatiliez.

3-    Xavière Tiberi, épouse de l’ancien maire de Paris.

 

D)    Qui fit cet aveu tardif : « Je mettais de la terre dans la compote de pommes de ma grand-mère ?

1-     Marielle Goitschel, ex-championne du monde de ski.

2-    Le cardinal Jean-Marie Lustiger, ancien archevêque de Paris.

3-    La comédienne Diane Kruger.

 

Vous avez hésité ? * Preuve que toutes les propositions sont plausibles, que les taquins, les casse-pieds, les semeurs de merde sont partout dans la fiction comme dans la réalité. C’est Michel Audiard qui faisait dire à l’un de ses personnages qu’ « à travers les innombrables vicissitudes de la France, le pourcentage d’emmerdeurs est le seul qui n’ait jamais baissé ». Alléluia ! Dans la grande lessiveuse qui nettoie les idéologies et essore les profits, la dernière valeur stable est la nuisance.

Hormis quelques saints laïcs, l’espèce humaine est ainsi faite. Faut-il rappeler au sexe fort, soi-disant moins mesquin que le faible, la liste des saloperies concoctées par lui depuis la préhistoire ? Et vous, teignes venimeuses, vous les emmerdantes, les emmerdeuses et les emmerderesses, selon les trois catégories de Brassens, quelles vilénies n’avez-vous pas fait subir à votre prochain ? À quelles fins surtout ? On eût compris que vous l’enquiquinassiez par simple plaisir, mais...

Pardon ? C’était bien par plaisir ? Au temps pour nous.

Pour avoir douté de votre mobile et afin de mériter votre indulgence, nous allons verser quelques suggestions dans la boîte à malices.

Laissons de côté le septième art et ses scènes d’anthologie (adorable Tatie Danièle, qui »s’oubliait » sur son fauteuil devant les invités pour faire enrager sa nièce...). Dans la vraie vie, les occasions ne manquent pas : ne pas bouger quand son gosse braille au restaurant, s’amuser à tirer les sonnettes de tout un quartier, faire sursauter 10 000 personnes en traversant la ville sur une pétrolette au pot trafiqué, uriner la nuit au centre de la cuvette pour réveiller les voisins du dessous...

Mais il y a moins banal :

-         Intervertir le sel et le sucre pour casser la réputation d’un cordon-bleu,

-         Lire par-dessus l’épaule d’un voyageur du métro alors qu’on a le même journal que lui,

-         Sauter de la rame à Palais-Royal en disant « Hé, c’est Chatelet ! », pour entraîner derrière soi quelques voyageurs dans la lune,

-         Profiter des virages du bus pour écraser son voisin contre la vitre,

-         Griffonner une proposition cochonne dans les toilettes publiques en inscrivant le téléphone d’un « ami »,

-         Faire débiter au barman toute sa liste de cocktails et commander un café.

 

On pourrait ainsi continuer sans limites : ce qui précède n’est qu’un extrait des confessions déposées sur Internet, où se déroule en continu un Championnat du monde des emmerdeurs. Créatifs, à vos neurones ! Il y a de jolis lots à gagner.

On comprendrait aussi que vous n’ayez pas de temps à perdre avec ce genre de concours. Sachez donc qu’il existe un enregistrement intitulé « 20 moyens de calmer des voisins bruyants » (traduire : 20 moyens d’emmerder le monde !). Selon les circonstances, vous diffusez plein pot les aboiements d’un chien (35s), les cris d’un nourrisson (1mn 12s), le passage d’un train (1mn 2s), le martèlement de hauts talons (37s), le crincrin d’un violon (1mn 3s), les vocalises d’un orgasme puissant (1mn 3s)...

Le coffret CD est livré avec une paire de bouchons d’oreilles : le plaisir de nuire s’amoindrit, c’est évident, si l’on doit en subir soi-même les inconvénients. »

 

  • Afin d’être dans le ton de cet opus publié chez JBZ&Cie 38 rue La Condamine 75017 à un prix de marchand de chaussures : 12,95 euros, j’ai décidé de ne pas vous donner immédiatement les bonnes réponses aux 4 Questions posées. Rien n’est pire que l’incertitude mais comme je ne n’ai pas mauvais fond je les introduirai dans cette chronique au cours de la journée de sa publication.
  • Enfin, pour ceux qui iraient jusqu’à vouloir expliciter la motivation du choix de ce chapitre « emmerder le monde » libre à eux de se risquer à le faire dans les commentaires. Il y en a une et une seule ! N’en déplaise à ceux qui trouvent que je suis un emmerdeur patenté ce n’est pas pour vous emmerder...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Bernard Lalanne 23/09/2010 17:20



Quel bonheur ! Nos sales manières ont trouvé un écho complice chez un connaisseur. Merci ! Signalons que le bimestriel Clés, magazine de réflexion qui porte un regard neuf sur la 
culture, la philosophie, les sciences, la santé, etc... consacre plusieurs pages de son dernier numéro (octobre-novembre) à notre "Bréviaire des petits plaisirs
honteux". Le devise de Clés étant "Retrouver du sens", nous sommes ravis d'y participer. In vino veritas !



le petit télégraphiste pour Jean-Louis 17/09/2010 08:44



 Brassens attribue la classification "emmerdante, emmerdeuse, emmerderesse" à un "sage" ; ce propos misogyne est de Paul Valéry.



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