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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 11:49

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Bourré jusqu’à la gueule, plein, empli au raz du col, chaud, des corps à corps, les verres de mes lunettes s’embuaient, Ménilmontant, le Lapin Blanc, avec son côté petit garage pour mobylettes, s’offrait sa fièvre du vendredi soir made in Tronches de Vin.


Gouteux ou buveux là n’était pas là-bas la question du soir, sauf que pour goûter ou boire il te faut te munir d’un verre à pied sinon j’en connais qui vont râler  grave. Faut pas offenser le vin, même le nu. Hier au soir y’avait des crachoirs, certes du style dés à coudre, mais pénurie de verres. Encore un mauvais coup des socialistes dirait l’un de mes confrères retwitter patenté. Que faire sans verre ? Négocier ! Ce qui fut fait par le Taulier auprès d’une dégustatrice jetant l’éponge troublée qu’elle était dans ce capharnaüm. Précautionneux, j’ai fait la plonge : lavé et essuyé ce verre gagné de haute lutte pour plaire au thuriféraires de la dégustation.


L'intendance suivant, il vous faut comprendr l’angoisse qui s'empare du chroniqueur, le ronge dès qu’il se plonge  dans un nouvel écosystème : va-t-il passer à côté du bon sujet, se vautrer, rentrer bourré en portant sur ses pauvres épaules le fardeau de l’acte manqué. Franchement, il est un peu con le mec, moi en l’occurrence, pourquoi se cailler le lait à vouloir écrire alors que, comme le fait remarquer un grand amateur François Audouze, qu’a descendu presqu’autant de DRC qu’il y a de jours dans l’année, c’est pour du beurre. Mais non, c’est pour la beauté du geste, l’acte gratuit summum d’un ego surdimensionné. Le côté forêt primaire du Lapin Blanc hier au soir, forte hygrométrie, espèces rares, m’a mis en l’état d’un père blanc venant évangéliser les Indiens d’Amazonie : survivre avant tout !


Laisser le temps au temps comme aimait à le dire le père spirituel de Mélanchon qui n’a pas tout à fait digérer la leçon. Alors j’ai démarré comme un bon vieux tracteur diesel, doucement. Le labour toujours François… Y’a plus de bœufs dans mon étable mais « Cela respirait le produit de contrebande, le bizarre. Les bouteilles étaient roublardes, chargées de dépôts. La suite ne démentit pas l’intuition. Au cœur de la nuit, nous dégustâmes les flacons dans des gobelets en plastique qui n’arrivaient pas à banaliser un Clos du Giron 1996, blanc sec, pur chenin dégageant des arômes de noix, d’amande, mais aussi de coing, magnifiées par la profondeur des notes oxydatives qui en faisaient un vin à la fois onctueux et tranchant où le fruit était tenu par l’acidité. » C’est écrit dans les Tronches de Vin à la page 59 sous la plume de notre Guillaume dit Nicolas-Brion qui cite-là l’écrivain Christian Authier dans Boire pour se souvenir.


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Le Dieu de Guillaume se nomme Éric Callcut (prononcer « kol-keut » à l’anglaise). Il était-là mais avant de fondre sur lui j’ai dégusté  tout ce qui nous était présenté par nos auteurs Eva, Antonin, Philippe et bien sûr Guillaume. Comme il ne faut gâcher je garde dans ma besace mes abondantes notes sur le vin d’Iris : le mourvèdre en une superbe expression, le beau Pinot Noir de Sarnin&Berrux, et bien les 2 splendides cuvées de l’ami Tarlant. Comprenez le taulier a des petits bras et comme qui trop embrasse mal étreint, je me dois de développer mon titre sur le vin de contrebande d’Éric Callcut.


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Si j’osais une plaisanterie a deux balles, genre Vermot, j’en suis tombé sur le culte. J’ai rameuté les foules. Bu. Rebu. Même fait des photos où je compromets mon amie Ophélie, verre de vin de contrebande à la main, adieu pour elle les délices du palmarès de la RVF où l’on ne mélange pas les torchons et les serviettes, bien qu’il y aurait beaucoup à dire mais je préfère rire. Je tenais dans mes mains, hormis mon célèbre verre gagné de haute lutte, le sujet de ma chronique d’après-midi du samedi. Je vous la livre toute chaude et ma chute (j’ai descendu de Ménilmontant droit comme i en très bonne compagnie) est à la hauteur du non-guide de mes 5 larrons : les vins d’Éric Callcut sont introuvables. Oui, oui, c’est écrit tout en bas de la page : pas de contact, pas de bouteilles disponibles.


Franchement c’est beau comme un délit d’initié… J’adore ! Merci Guillaume de cette érection : le vin de contrebande. Les vins de garage n’ont qu’à bien se tenir et l’Académie des Vins Anciens aussi puisqu’ « Éric Calcut aime à dire qu’une bouteille Les Chiens 1998 ne donnerait le meilleur d’elle-même qu’après… 7 mois d’ouverture ! »

 

Extatique ! Même que Brassens aurait aimé : avec le vin de contrebande je....

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans les afterwork du taulier
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commentaires

camille 25/05/2013 23:12


mouais... c'est même un graal... j'ai bien compris...


en tous cas merci pour l'info, jamais vu cette cuvée, chouette, une nouvelle quête...!

luc charlier 25/05/2013 19:27


Elle baguenaude, la Camille, dans sa quête du bon calbut ... et quelle quête !


On comprend sa curiosité, surtout avant l’ouverture du papier. Moi, je les déchire, ces foutus emballages. Que dis-je ? Je les
déchiquette, je les bousille, les fusille. En joue et ... feu !


Cela me rappelle une amie qui jouait du bague-pipe. Mais là je m’égare. To
any noble Scotsman, the road to fortune starts on the highway to England. Il va donc me falloir abandonner la cornemuse
pour de bon.

camille 25/05/2013 12:50


Bonjour,


en bagnaudant a la recherche d'Eric Callcut je tombe sur votre article... suite a une lecture enjouée, je me permets une curiosité: pouvez vous me dire quelle est cette bouteille a étiquette
peinte & colorée utilisée en ouverture de votre papier...?


merci

JACQUES BERTHOMEAU 25/05/2013 17:43



il s'agit de l'étiquette d'un vin de Sarnin&Berrux



Nicolas de Rouyn 09/03/2013 15:56


Un vin introuvable qui réclame sept mois d'ouverture après 14 ans de garde… On n'est plus à un délire près, t'as raison

Théo Torrecillas 09/03/2013 12:31


Je ne voulais pas paraître trop exigeant, mais c'est un ami, vous comprendrez qu'on soit un peu tatillon dans ces circonstances !

JACQUES BERTHOMEAU 09/03/2013 12:35



ça prouve que vous lisez l'ami Pousson m'a transmis un mail pour m'en faire la remarque... c'est normal je ne m'en
offusque pas mais une chronique ça s'écrit et parfois en recopiant des citations l'attention baisse...



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