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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 00:09

Débourrer, verbe 1. Sortir de la bourre, en parlant des bourgeons et particulièrement de ceux de la vigne. 2. À Lantenne (Doubs), enlever les feuilles des épis de maïs. 3. Terme de manège. Débourrer un cheval, assouplir ses mouvements. Marcel Lachiver les mots du passé. J’aime assez l’imparfait du subjonctif de ce verbe : que je débourrasse... qu’il débourrât... que nous débourrassions...

 

Mon vigneron de Vinzelles est dans ses vignes.

photovezou.jpg

 

Le Toine est sorti pisser, après la goutte. Il revient en déclarant :

- Milliards de dieux ! Ça a tourné au mateneau ; ce matin, c’était la bise : allez donc y comprendre quelque chose, avec leurs bombes atomiques !

Le douze, le Toine part pour les Fromentaux, le vezou au dos, le vezou à trois dents, l’outil rêvé pour piocher, entre les ceps, l’espace que n’a pas atteint le soc de la décavaillonneuse.

Son col de cygne lui permet de glisser aisément sous les fils de fer, sans contraindre le vigneron à une gymnastique incommode ; les herbes immondes disparaissent, et la terre rejoint l’ados amoncelé par la charrue.

Il faut cependant piocher avec d’infinies précautions, pour ne pas écornifler les bourgeons en train d’éclore.

Ils s’étaient tenus à peu près sage jusque là, abrités par leur coque brunâtre de l’hiver ; mais elle avait déjà blanchi en mars, et maintenant elle éclate en lamelles, qui feraient croire à autant de plumes appelées à tomber t à s’évanouir...

La bourre subit désormais franchement sa mue printanière.

Quoi d’étonnant, au reste ? On se trouve à quelques jours de Pâques, et :

« Pâques tôt, Pâques tard,

La bourre y part »

On voit pointer une végétation blanchâtre, rosâtre, où se dessinent les embryons de raisins minuscules, à peine perceptibles.

Tous ne verront pas septembre, bien sûr. Il n’a jamais été écrit au Livre du Destin que le vigneron dût faire fortune.

On distingue partout, sur les bourres, des couples de grappes qui s’exhaussent en se tournant le dos.

Si le temps est chaud, l’une d’elles s’atrophiera, tandis que l’autre s’enorgueillira de devenir un énorme raisin.

Mais, si l’humidité et le froid les assaillent, les deux petites grappes dépériront de concert, et il ne subsistera plus que deux vrilles en forme de V ; les vieux prétendaient :

- La vigne a le fourchi.

Mais oui, il se développait deux queues, qui rappelaient étrangement les pointes de la fourche en bois avec laquelle on bourrait le four de fagots, afin de le chauffer.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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gus 23/04/2011 07:51



Bonne bou....



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