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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 00:09

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Cette question extraite de la bible française du cartoon américain : les dessins du célèbre The New Yorker : la France et les Français vus par nos grands alliés étasuniens, que nous taxons assez facilement d’être arrogants, dominateurs, acculturés, au-delà de son ironie est très significative de l’image des vins français, celle de grands vins inaccessibles au commun des mortels.  


Cette question posée, à un brave restaurateur, par un couple d’étasuniens middle-class, débarqué dans notre vieux pays dans les années 60, peut paraître dépassée aujourd’hui en ce temps de mondialisation « heureuse » avec l’irruption des vins dit du Nouveau Monde qui ont démocratisés l’approche du vin.


Indéniablement les vins de marque australiens, chiliens, américains, privilégiant le cépage, la régularité, l’uniformité, ont créé, en Grande-Bretagne et aux USA, de nouveaux consommateurs, mais pour autant cette accessibilité du vin n’a guère modifié l’image du vin français, bien au contraire.


La césure entre les grands vins français, ou présumé tels, aux prix pharaoniques, et les autres, a amplifié et déformé plus encore cette image. Nous restons un pays d’une minorité de vins élitistes dominant une vaste plaine où se côtoient des vins excellents, souvent mal valorisés, et des vins sans grand caractère écoulés en grande majorité sur le territoire national, à prix modestes, par ce qu’il est convenu d’appeler la GD. La dilution et l’ambiguïté de nos AOC est la marque majeure de l’évolution des 25 dernières années.


Accessible :


Se dit de quelque chose (produit, service, loisir, etc.) que l'on peut s'offrir.


Se dit de quelque chose (livre, œuvre, art) que l'on peut comprendre.


Qui sont donc les classes moyennes ?


« Le concept de classes moyennes est vague. Les « classes moyennes supérieures » sont le plus souvent des couches aisées rebaptisées « moyennes » dans les années 2000 pour profiter des politiques de baisses d’impôts. Un grand nombre de commentateurs considèrent qu’une personne seule dont le revenu mensuel après impôts s’élève à 3 000 euros appartient au groupe moyen, alors qu’elle figure parmi les 10 % les plus favorisés.


Pour clarifier le débat, l’Observatoire des inégalités reprend le découpage suivant, identique à celui utilisé par le Credoc : les 30 % les plus démunis composent les catégories « modestes ». Les 20 % les plus riches composent les catégories « aisées ». Les classes « moyennes » se situent entre les 30 % les plus démunis et les 20 % les mieux rémunérés. Elles représentent 50 % de la population.


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Sans simplifier à l’extrême il m’est possible d’écrire que les classes moyennes françaises ont les moyens de s’offrir de bons vins (notion très subjective s’il en est mais qui recouvre une réalité objective de l’offre française de vin) mais que le problème essentiel tient à leur compréhension du vin.


Au risque de me faire enguirlander par les journalistes, critiques, blogueurs patentés du vin, je constate que la grande majorité d’entre eux ne s’adresse qu’aux amateurs, aux initiés, seuls 3% d'entre eux affirment bien maîtriser la connaissance du vin, quand 26% répondent assez et a l'opposé, 43% disent ne pas s'y connaître du tout. L'image du vin reste toujours élitiste puisque parmi les sondés qui maîtrisent la question, 43% sont cadres ou relèvent de professions libérales, contre 20% d'employés et 16% d'ouvriers. Outre cette différence sociale, le vin reste l'apanage des hommes, avec 33% de répondants qui savent ce dont ils parlent, contre 75% de femmes qui n'y connaissent rien.


C’est bien joli de se féliciter de la belle image globale du vin en France comme le fait Vin&Société mais il me semblerait plus pertinent de se pencher sur la réalité de l’offre des vins français, de ne pas se contenter de vivre sur le capital de notoriété d’une minorité bien dotée.


En France il est de bon ton de railler les grandes écoles dont sortent nos élites mais il n’empêche que dans le monde du vin la mode est aux Master Class…


Et si en 2015 nous étions un peu consuméristes dans le monde du vin français pour le rendre accessible à tous ceux qui peuvent se l’offrir en fonction de leurs moyens ?


Vœu pieux sans aucun doute…

 

Christopher Weyant link

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Luc Charlier 30/12/2014 14:49


On est d'accord Denis, pas besoin de !!!!. Je n'ai pas d'instrument pour discuter du 3% (que ce soit 1,5 % ou 8 % ne changerait d'ailleurs rien) et je pense que ce chiffre est similaire dans tous
les pays producteurs. Dans les pays "acheteurs" étrangers, il est probablement plus élevé, voilà mon propos. Mais il ne doit pas être faramineux non plus (le double ? à la grosse brosse). Pour le
vin de France, il est certain qu'il s'achète surtout en grande surface. Je parle de la nationalité, pas du "VDF" en oppositon à une appellation. Par contre, j'ai la faiblesse de croire que, en
Allemagne, en Autriche (et en Alsace aussi), l'achat à la propriété et dans les coop représente un part substantielle du marché. En Espagne, et plus encore au Portugal où il n'existe en fait que
DEUX vraies villes, la notion de caviste est peu répandue (ai pas dit inexistante). Au UK, ce sont des enseignes similaires en taille et en mode de fonctionnement à Nicolas chez vous, qui
viennent jouer les trouble-fêtes. Quant aux vertus relatives H/F, je n'ai pas dit un mot là-dessus. Je ne dispose d'aucune info chiffrée. 


Et tout-a-fait d'accord pour "enseigner" le vin. J'ai donné de nombreux cours particuliers, et aussi de "rattrappage" moi-même ... dans les écoles infirmières.

Denis Boireau 29/12/2014 14:26


@ Pierre Masson: moi aussi dans mes Cercles Oenophiles j'ai au moins autant de femmes que d'hommes. Mais le propos du Taulier est de chercher si on a une offre 'classe moyenne' pour l'ensemble de
la population consommatrice.


Or les sommelieres, oelonologues et femmes de nos groupes de degustation font partie des 3% d'inities. Mais si on fait un sondage dans le rayon vins d'un supermarche (c'est la que se vend le vin,
Luc!!!) on retrouvera les statistiques de cette chronique: les femmes se declareront massivement moins connaisseuses que les hommes.


Je propose une piste pour effacer une partie de ces inegalites sociales et de genre: que le vin soit enseigne a l'ecole. 


 

claude normand 27/12/2014 19:22


certes, il existe encore des vins accessibles à la classe moyenne...et pour les autres, on pourrait toujours en commander un "ballon", si cela ne dénotait l'appartenance à une classe qui
longtemps ne fut capable de boire, sinon d'apprécier, que de vulgaires RQT.


Avez-vous remarqué que dans le second dessin, l'homme est enclin à commander un second "ballon" de vin pour oser espérer atteindre le but espéré ?


Tout cela nous ramène à des considérations bien différentes que celles qui nous rappellent qu'une bouteille a TOUJOURS ses racines dans un coin de terroir, sur la terre entière!

patrick axelroud 27/12/2014 19:12


Exact Doc, mais l'anglais qui cherche est humble et ecléctique alors que le francais s'y croit puisqu'on lui serine à longueur de page et de maronnier que la France ( donc lui ) est le pemier
pays du monde en matière de vins alors cela lui suffit . J'ai toujours été étonné quand Strabourg comptait un MARKS et SPENCER parmis ses commerces de la richesse de l'offre des vins du monde qui
était proposée dans ses rayons.Les quelques incursions faites en Angleterre, aussi bien dans les restaurants que dans les magasins mon conforté dans cette impression. Par ailleurs ces Grands Vins
qui régulièrement défraient la chronique forment comme le souligne le Taulier l'arbre qui cachent la forêt, comme si, de voitures, ils n'y avait que Rolls,Ferrari et autre tas de tôle pour
frimeur. ( Merde cédes ,BM etc etc ) Cette recherche forcenée du " Meilleur" me fait littéralement ch...Elle empoisonne toute réflexion, réduit toute connaissance pour se limiter à ce qui est
vendu comme tel à ceux qui veulent bien se laisser bourrer le mou d'autant que le seul critère d'appréciation est le prix qui perrmet un consenssus alors que celui ci est plus souvent la
conséquence d' une rareté qu'a une reconnaissance de l'excellence.

Pierre Masson 27/12/2014 16:02


Je constate cependant que de plus en plus de femmes, et jeunes femmes, autour de moi s'intéressent au vin. Ainsi, au sein du Cercle des Oenophiles de Neuilly sur Seine, qui rassemble une douzaine
de fois par an une bonne soixantaine de participants réguliers, les femmes ne sont pas loin d'être en majorité.


La bonne santé de l'Ordre des Dames du Vin et de la Table, avec aujourd'hui une vrai nouvelle vague de jeunes femmes du vin en est un autre signe.


Sans oublier, bien sûr, le nombre de plus en plus grand de femmes oenologues ou vigneronnes et même cavistes.


 


Pierre Masson

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