Vendredi 1 mars 2013
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Hier, avant de partir faire un tour au Salon International de l’agriculture, j’ai lu dans la presse régionale que « le président du Conseil régional de
Bourgogne voulait plus d'authenticité pour la prochaine édition de salon. » Ça m’a conforté dans ma première impression lors de mon passage le samedi de l’ouverture lorsque j’avais
traversé les travées de ICI c’est la Bourgogne. En effet, les vendeurs de vin m’étaient tombés dessus tels des shrapnells à Gravelotte, pas de la petite drague mais du lourd. De
plus, pas un nom tout au long qui m’évoquait des vignerons ou des maisons emblématiques de la Bourgogne. Je m’étais dit Taulier tu te fais des idées et je m’étais esbigné.


Retour au pavillon des Provinces en croisant cette fois-ci les mêmes musiciens chiliens, non plus congelés mais chamarrés (voir photo) Je me
hissais donc par des escalators asthmatiques jusqu’au niveau de la Bourgogne. Pas grand monde mais sur 20 mètres le même cinéma que samedi, vraiment je dois avoir le profil type
du parigot gogo : insistants les gugusses, je les ai carrément envoyés chier. Dans une autre allée, profitant que certains avaient capté un pigeon j’ai jeté un œil sur les tarifs : là
aussi c’est du lourd. Sans doute faut-il amortir le prix du stand mais je me demande qui est encore assez con pour se faire avoir par de telles pratiques.

Mon cher François je comprends mieux que tu préféras humer une poignée de foin ou de la paille – normal tu étais vétérinaire – plutôt que plonger ton nez dans un
verre. Tu es de goût très classique je le sais et pour ma part dans les Patriat je suis tendance Grégory, mais tout de même ce barnum de tapeurs de vins de Bourgogne écorne la
belle image de la région. Je te concède que la plupart des régions, en matière de vin, sont logées à la même enseigne que ta Bourgogne, ce n’est pas la fine fleur qui est présente. D’ailleurs, je
trouve que ce biseness du vin n’a rien à faire dans un espace sensé être la vitrine d’une des régions vinicoles la plus prestigieuse de notre vieux pays, ça date d’une autre époque lorsque les
péquenots vendéens montaient à Paris et se murgeaient grave dans ce qu’ils avaient baptisé « le couloir de la mort » Il y a maintenant beaucoup d’autres lieux pour vendre du vin à
Paris.


Pour me consoler je suis allé prendre quelques photos de bons vieux bourguignons qui faisaient de la musique et de la danse et qu’ont initiés les parigots tête de
veau au ban bourguignon. C’était déjà ça François mais ça ne suffisait pas il va falloir secouer tout ça même si ça fait un peu de poussière. Facile à dire, difficile à faire, mais je me souviens
d’avoir entendu chanter « et je suis fier, et je suis fier d’être bourguignon… » Bon courage François, demande à miss France de te donner comme hier un petit coup de
main.
Dépité je m’en suis allé et j’ai même croisé une saucisse de Morteau avant de tomber nez à nez avec l’ami Philippe Bornard, le renard du
Jura, qui fut ma première consolation avec un bon gorgeon de savagnin. Quelques pas plus loin des languedociens de ma connaissance m’offraient un petit canon de Picpoul de
Pinet avec des huîtres de l’étang de Thau. Je commençais à être un peu rasséréné. Je reprenais ma progression en traversant les stands de nos DOM où l’ambiance était fort joyeuse et
j’entreprenais un beau parcours de la biodiversité comme tu pourras en juger ci-dessous.





Et puis je me suis dit, mon cher François, que du côté de la Corse samedi dernier y’avait de l’ambiance : bonne pioche, de la
musique un peu plus fun que tes bons bourguignons et un bar à vin où l’on servait du bon vin. Tout pour me plaire, et ça devrait t’inspirer aussi : les corses
l’authenticité et l’identité c’est dans leur ADN. Bref, j’ai noté une nette corrélation entre ambiance et assistance. Les temps pas si rose pour venir ce faire ch… dans des travées où soit on te
file du papier, soit on cherche à t’arnaquer avec de l’aligoté à 22€ j’oserais écrire le kilo tellement c’est gros.



Pour finir ma petite tournée mes pas m’ont portés jusqu’à l’Aveyron où j’ai eu le bonheur de trouver André Valadier, l’homme du renouveau du
fromage de Laguiole avec sa coopérative Jeune Montagne. C’est un sage, un de ceux qui a pensé et compris ce qu’était une AOC accroché à son territoire pour créer de la valeur.
Nous avons longuement conversé autour d’un verre de bière. Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes François toi qui es en quête d’authenticité tu peux la trouver chez le
toujours jeune André Valadier capable de soulever des montagnes (la photo ci-dessous a été prise par moi lors de l'estive sur le plateau de l'Aubrac)
Voilà mon après-midi au salon de l’Agriculture François, rien qu’une déambulation d’un Taulier qui, bien que mal parti est plutôt bien retombé sur ses pieds…. sauf
qu'il s'était tout de même pris les pieds dans son agenda... son grand âge sans doute...
Je confirme les impressions du Taulier: les stands de vin etiquetes "ici c'est la Bourgogne" font un tort considerable a la region: agressivite des vendeurs, pas de reels producteurs, prix dements (~20Euros les appellations regionales, >40E les villages!), qualite du typique du negoce...
La region ferait un grand pas en chassant les marchands du temple: pourquoi ne pas parquer les stands commerciaux (et commerciaux c'est gentil comme qualificatif car ca tient plus de l'arnaque) loin d'une animation du type "Village de la Bourgogne". Et surtout ne pas partager avec eux la signaletique "Ici c'est la Bourgogne".
Au passage un peu de pub pour la region Ile de France: dimanche 3 mars Hall 7.2 stand K42: degustation des vins d'Ile de France. Ne riez pas, y en a! Et des bons, des interessants, des differents...venez essayer!
ta Miss France, elle a un air de Michael Jackson
@Denis : Sacripan, je me suis demandé si le reste de son anatomie avait été aussi refait que son tarin. Tu m’ôtes les mots de la bouche !
@ Taulier : on confirme, magnifiques meules de Laguiole à la coop. Jeune Montagne. J’y passe plusieurs fois par an pour 4 mois, 6 mois, 12 mois, 18 mois d’affinage + le Grand Aubrac (lait d’été). Prix imbattables, personnel attentif. Attention, la tome à aligot est TRES fraîche et ne se conserve absolument pas. En même temps, ce n’est pas fait pour cela. Si j’ai bon souvenir : AOC Laguiole = lait de race Aubrac ou Simmental obligatoire.
Un peu plus loin de l’autre côté du village sur la route d’Espalion, fromagerie artisanale (5 salariés) Ecir en Aubrac (du nom du vent « eciro ») : super aussi. Malheureusement, discours officiel = s’opposer à Lactalis (d’accord, mais faut pas rêver) et adapter son packaging pour entrer en GD !!!!!! Il va changer ses étiquettes, M. Cayla, mais rapidement perdre son pantalon.
Bravo Jacques, j'approuve des deux mains (et des deux pieds); ce n'est pas nouveau et c'est dommage. j'avais même en son temps (il y a bien 20 ans), suite à une visite au salon des saveurs cette fois (je crois que c'était Porte de Champerret), ecrit au Syndicat des Négociants de Bourgogne (car il s'agissait d'un stand Négoce), pour signaler que deux gugusses essayaient de m'expliquer les appellations en ventant des marque commerciales genre "les genêts" ou "les violettes", comme 1ers crus de l'aoc FIXIN à 8 ou 10 fois le prix de l'aoc communale. Les bourguignons possèdent l'art de mettre des taches pour essayer d'arnaquer ces pôvres visiteurs!!! Il parait que c'est pareil ailleurs; ce n'est pas glorieux.