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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 00:09

« Un ministère est un lieu où les fonctionnaires qui arrivent en retard croisent ceux qui partent en avance. » Courteline ou Clémenceau, je ne sais ! Ce que je sais en revanche que sous les vieux clichés se cachent souvent une réalité bien différente. Ainsi, mardi dernier alors que l’automne nous tombait dessus sous forme d’un crachin poisseux, délaissant mon vieux destrier à pédales, je me rendis, aux alentours de midi, rue Barbet de Jouy, où se tenait dans le hall du restaurant AURI ( la cantoche, quoi !) ce, qu’en l’un de ces raccourcis dont j’ai le secret, j’ai qualifié de foire aux vins. En effet, c’en était une, mais d’un type particulier car il s’agissait d’une dégustation-vente de 2 lycées agricoles : celui de Libourne-Montagne et celui d’Avize.

 

Sur le quai de la station Varenne une copie du penseur  de Rodin semblait bien lasse de voir passer des trains, à l’angle de la rue de Bourgogne Alain Passard tout de blanc vêtu allait vers ses fourneaux de l’Arpège ; la longue chenille des fonctionnaires s’étirait sur le trottoir et s’agrégeait à la file des usagers de la cantine ; dans le hall des jeunes filles et des jeunes gens en tablier s’activaient, tentaient de capter les chalands, proposaient de déguster : les champenois munis de flutes mais sans bassin déversoir, les bordelais pourvus de dés à coudre en plastique et d’un seau pour le crachoir. Que des lycéennes et des lycéens agricoles. Je les mettais en boîte.

foire-aux-vins-lycees-agricoles-001.JPG foire-aux-vins-lycees-agricoles-002.JPG

foire-aux-vins-lycees-agricoles-003.JPGfoire aux vins lycées agricoles 004

Comme j’étais à la bourre ma dégustation se contenta du minimum syndical : le Blanc de Blancs et le Louise Eugénie pour le Champagne et le Château Real Caillou 2007 un Lalande de Pomerol. Rien de très excitant, du classique, bien fait pour les deux champenois et du boisé encore trop prégnant pour le Lalande pomerolais. N’en tirez aucune conclusion définitive, cette dégustation à la volée n’a rien de représentative. Un jour si j’ai le temps je tenterai un tour d’horizon plus large, plus au calme pour mieux situer les vins de nos lycées agricoles. En étant bon diplomate je noterai simplement qu’ils ne sont pas forcément très rock and roll, qu’ils restent dans une ligne gentiment traditionnelle, ce qui n’est pas forcément critiquable, que j’aimerais que notre enseignement viticole explorât avec un peu d’allant des parcours moins convenus.

Mais là je m’aventure sur un terrain qui n’est pas le mien : l’offre de formation de nos lycées viticoles est-elle bien en phase avec les mutations de notre vignoble et des opportunités qui s’offrent sur les nouveaux marchés. Les jeunes filles et les gens présents derrière les comptoirs du hall de la cantine de Barbet de Jouy étaient tous de futurs commerciaux donc essentiellement tournés vers la vente. L’exercice auquel ils se livraient est bien sûr formateur : aller vers le client, lui faire déguster le produit, se mettre en capacité de le convaincre c’est le BA-BA d’une forme de vente directe aux particuliers, celle que l’on rencontre dans les allées des salons de vignerons. Ces travaux pratiques sont donc utile pour le modèle vigneron, artisan-commerçant, vendant son vin en bouteilles. Loin de moi de critiquer cette démarche mais elle me semble un peu réductrice par rapport aux réalités commerciales auxquelles ces jeunes gens vont se trouver confronter sur le marché du travail. En clair, ne surexpose-t-on pas le modèle vente directe ? Le vin se vend majoritairement ailleurs : circuits de distribution et export, alors je me pose simplement la question.

foire-aux-vins-lycees-agricoles-005.JPGfoire-aux-vins-lycees-agricoles-006.JPG

Pour autant participer comme le font les élèves du lycée d’Avize :

-         à la Fête des Vendanges à Montmartre (c’est passé) ;

-         à la semaine commerciale les caves de mon père à Brest (c’est passé) ;

-         à la foire et le marché d’hiver à Sint-Lievens-Houtem en Belgique les 11-12 novembre ;

-         au Terroir’s Tour les 9-10-11 décembre à Ivry-sur Seine puis à Lille ;

-         au Salon de l’agriculture en février-mars 2012

-         Faire des portes ouvertes tous les WE de novembre et décembre

-         Organiser le 17e Salon des vins des lycées viticoles les 23 et 24 mars 2012

est bien sûr une excellente école de formation pour ses élèves et la dynamique créée en 1952, par une poignée d’anciens élèves, qui ont doté le lycée de la Champagne d’un outil de production et de commercialisation des vins sous la forme d’une « coopérative des anciens de la viti » dans les caves léguées par la famille Puisard, est assez exemplaire. En effet, les fondateurs donnent leur temps et leurs raisins pour que les jeunes se forment. Aujourd’hui, un demi-siècle plus tard, ils sont 80 anciens élèves à perpétuer cette tradition et à livrer leurs raisins. Ainsi la production des vignes du lycée classées grand cru, la marque SANGER dispose de 35 terroirs parmi les plus prestigieux de la Champagne. Les 380 élèves et étudiants, avec le chef de cave et les enseignants, créent et commercialisent la gamme Sanger www.sanger.fr

 

Bravo les jeunes, un tout petit conseil : ne restez pas trop dans votre bulle et vos bulles lorsqu’un client s’adresse à vous, quel qu’il fut, moi en l’occurrence, ne vous contentez pas de faire les serveurs de dégustateurs, engagez la conversation, ne vous contentez pas de débiter les habituels propos sur la cuvée qui s’apparentent à ce que l’on baptise éléments de langage. Faire du commerce c’est créer un lien avec le client potentiel, allez au-devant de sa recherche, l’écouter, ne pas se contenter de lui présenter le tarif… Tout s’apprend mais « la bosse du commerce » comme disait le père Mougard le marchand de bestiaux de mon enfance, on l’a ou on ne l’a pas. Bon courage et ne prenez pas ombrage de mes remarques car elles ne sont que les encouragements d’un taulier qui, sur son espace de liberté, a appris à écouter et à mieux comprendre ceux qui le lisent…

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Luc Charlier 27/10/2011 08:55



@ Nicolas CC


Syndrome VC sans doute, je sais qu’on pourra me répondre qu’un post sur un blog peut-être « quick & dirty »
mais quand même, Nicolas. J’ai rarement observé autant de fautes en quelques lignes. Si j’ai bien compris – êtes-vous un « djeun » ou bien un enseignant ? – vous gravitez dans le
monde de la communication autour du vin, car la vente c’est cela aussi. Ne croyez-vous pas que, bonimenteur ou prof. dans un lycée professionnel, l’envoi d’un message structuré, clair et à peu
près correct sur le plan grammatical remplirait mieux son but : défendre votre point de vue, valoriser votre propre personne et mettre en avant les atouts de votre école, voire des vins que
vous défendez ?


Franchement, on n’a pas trop envie de « parler tranquillement avec vous » après 8 lignes de cafouillis où la seule chose qui
transparaît est que « vous n’êtes pas d’accord ». On ne sait pas sur quoi, on ne sait pas pourquoi mais on sait que c’est très embrouillé.


Bien sûr, je ne suis pas obligé de vous lire jusqu’au bout. Bien sûr, rien ne m’oblige à intervenir. Mais il se fait que je passe du
temps chaque jour sur ce blog, et une petite poignée d’autres, car ils m’apportent des éléments qui me manquent dans le désert culturel de mon environnement local (rugby, putes, loterie
nationale, belote, sangliers sont les sujets préférés, mais pas les miens). Il est toujours plus intéressant de discuter – même d’essayer de convaincre – un contradicteur que de jouer au
béni-oui-oui. J’y trouve du plaisir. Mais on s’efforce de respecter l’autre, même si on ne l’aime pas. Et ce respect passe par l’attention mise à formuler sa pensée.


A quoi sert de jeter un souillon sur la toile, sinon à y faire une tache ?



Courcelle-Chassin Nicolas 27/10/2011 07:53



Je ne suis pas d'accord avec vous, car justement , je faisais parti des jeunes présent sur le stand ce jour là.


c'est le premier contact clients que nos étudiants on eu, il rentre juste en formation , il y a juste un mois, ils iront progrésivement vers tt les circuits de distributions au cours de leur
étude pour finir par l'export.


je n'est pas le temps d'écrire mais je pourrai vous expliquer tt ça en détail plus tard si vous le désirez, aussi parler de nos vins qui sont apparement trop classique, on a une explication
à ça ..


merci de ne pas vous fier à l'avis si rapidement fais de mr Berthomeau, sur nos vins et nos formations, car comme il a dit , il n'a pas eu trop de temps pour en discuter et nous non plus
d'ailleur, en espérent une rencontre prochainement pour en parler tranquillement...



JACQUES BERTHOMEAU 27/10/2011 08:42



Ne vous inquiétez pas cher monsieur mon avis sur vos vins n'est que mon avis et ici tout le monde s'en tamponne. Ceci écrit étant au Conseil Général de l'Agriculture les formations dans nos beaux
lycées viticoles ne m'est pas étrangère et là mon avis n'est pas à mettre sous le boisseau... Bonne journée...



le taulier est au rapport 25/10/2011 22:06



Au camarade Léon rattaché à une Internationale qui en pays gaulois a accueilli Jospin, Cambadélis, Mélanchon et d'autres têtes de C... je déclare que de la France je me tamponne la coquillette
comme je l'ai largement écrit en long, en large et de travers dans le rapport éponyme.


Pour la télé merci de lire ma chronique de demain (celle de 17h)



Luc Charlier 25/10/2011 21:46



Mes petits amours – si je peux me permettre – vous oubliez deux choses : Léon n’est jamais aussi heureux que quand une provoc’ –
pas dénuée de fondement – entraîne le genre de réflexions que vous menez. Il apprend – plus que vous ne croyez – et modifie, infléchit, nuance sa propre perception (si si). En même temps, chacun
voit midi à sa porte et la situation dans la France branchouillarde – ce que vous appelez « le terrain » - n’est pas automatiquement superposable aux autres marchés. C’est UNE vérité,
pas LA vérité. En plus, comme la vérité empoisonne l’eau du puits, c’est tout bénéfice pour la « filière » viti-vinicole car les gens boiront moins d’eau et plus de pinard.


Enfin, je suis en contact avec des centaines de consommateurs chaque mois, mais pas avec « l’élite », sauf bien sûr quand
c’est Michel Smith, David Cobbold, Pierre Torrès, Madeleine Fourquet, Georges Gracia .... que les autres me pardonnent, qui me font face. Ils me recyclent. Bientôt, ma viande, ma chair
(chère ? Jacques) aura droit au label « de mes terres » !


En vieillissant, j’accepte de mieux en mieux de ne pas avoir le dernier mot ou de le laisser croire. Ce n’est ni lassitude ni lâcheté
ni indifférence. Ce n’est pas non plus sagesse. Ce serait peut-être du recul. Comment voulez-vous alors que je .... calcule ?


Allez, merci Taulier et merci Denis du temps que vous m’accordez. Dire qu’il y a des gens qui préfèrent la télé !


 



Le taulier met son grain de sel 25/10/2011 16:33



Denis a raison : le goût du vin s'acquiert pas de multiples voies y compris pour les ex buveurs de Coca qui lorsqu'ils entrent dans la vie active avec des revenus un peu plus conséquents abordent
le vin... Léon devrait venir se recycler sur le terrain...



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