Mardi 17 novembre 2009
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Que j’invitasse, en tant que Secrétaire-Perpétuel de
l’Amicale du Bien-Vivre, Alexandre Lazareff à répondre au Questionnaire de Proust entrait dans l’ordre naturel des choses. En effet, c'est l'homme du goût, et un homme de goût, mais le
personnage jure – au sens de mal assorti, c’était l’un des mots favoris de ma couturière de mère – avec l’image traditionnelle de l’énarque. Nul n’est parfait, Alexandre Lazareff, pour plaire à
son père, fait l’ENA dont il sort en 1983, promotion Solidarité, pour rejoindre les austères des Finances. Affecté à la
DREE : la direction des Relations Economiques Extérieures, au bureau chargé des négociations multilatérales au GATT et à la CEE, ce cher Alexandre s’illustre dès 1984 en
publiant « Paris Sucré, guide des salons de thé parisiens », en collaboration avec Renaud Girard. Comme je le comprends, c’était tout de même plus excitant que les histoires
d’abaissement des droits de douanes, de réduction des restrictions quantitatives ou qualitatives aux échanges, de consolidation des tarifs douaniers ou pire encore le démantèlement des
Montants Compensatoires Monétaires. Mais notre homme était taillé pour d’autres batailles ou aventures : celle de Radio Tour Eiffel (1987 à 1989), des fromages au lait cru, celle du
Conservatoire National des Arts Culinaire (1989 à 1999) avec le fameux inventaire du Patrimoine Culinaire de la France, celle du lancement
d’un programme d'éveil au goût dans les écoles, celle du site Internet
chateauonline.com, leader européen de la vente de vins sur Internet dont il est le Cofondateur et le rédacteur en chef de 1999 à 2003. En voilà un parcours éclectique, avec une prédilection forte pour tout ce qui touche
le bien vivre, loin des « délices » du solde de la balance commerciale dont le vin est pourtant l’un des champions.
Le lien est fait, après la défense, contre les gnomes de Bruxelles, de nos chers « fromages qui puent » au lait cru, chers à
Marie-Anne Cantin, quand est-ce donc que ce cher Alexandre s’est pris de passion pour le vin ? « Avec l'héritage d'une vigne à Pommard, la création avec des complices du site Internet
ChateauOnline puis celle del'Ecole des Gourmets qui me permet d'organiser le soir, pendant le dîner, des leçons de vin pour les passionnés. » dit-il. Tout normalement l’Agence du
Goût, qu’il fonde en 1999, reçoit pour nom de baptême : PAIN VIN & CIE. Mais, Alexandre Lazareff qui a fait son service militaire comme aspirant chef de section de combat au 27ème
bataillon de chasseur alpin à Annecy, n’est pas du genre à se contenter du pur métier de conseiller, il adore impulser, faire, le voilà donc, aux côtés de Paul Dubrule, Secrétaire Général du tout
nouveau Conseil Supérieur de l’Oenotourisme. Qu’Alexandre me le pardonne mais les Conseils Supérieurs de... ne sont pas vraiment ma tasse de thé – j’en ai pratiqué tant et tant au temps de mes
ors de la République – et comme je l’ai écrit dans une récente chronique : l’excès d’oenotourisme me saoule http://www.berthomeau.com/article-34433910.html alors, pour le moment, je reste un peu sur l’Aventin. Mais qu’il se rassure je ne demande qu’à
être convaincu et, connaissant son talent pour mener à bien des missions difficiles, comme je suis beau joueur, il ne me restera plus qu’à lever mon verre au succès de son nouveau défi. Merci
Alexandre Lazareff d’être venu sur mes lignes pour répondre à ce questionnaire de Marcel Proust.
Votre vertu préférée : La justice (et
pas la tempérance !) si on s’en tient aux quatre vertus cardinales
Vos qualités préférées chez
l'homme : la générosité
Vos qualités préférées chez
la femme : la tendresse
Votre occupation
favorite : la dégustation et le sport, l’un équilibrant l’autre.
Votre caractéristique maîtresse : La volonté de défricher de nouveaux territoires.
Votre idée du
bonheur : La plénitude d’un sommet conquis à Chamonix.
Votre idée du malheur : La perte d’un être cher, dans le tout premier cercle.
Vos couleurs et votre fleur préférées : les fleurs blanches des grands chardonnays.
Si vous n'étiez pas vous-même, qui voudriez-vous être ? : Un vigneron, c’est sûr.
Où aimeriez-vous vivre
? : A Paris, donc je ne serai jamais vigneron…
Vos auteurs préférés en prose : Illimité… Je suis un incorrigible zappeur, de Paul Morand à Aragon (Ah ! Aurélien…), du polar à
l’histoire, l’œuvre complète d’Eric-Emmanuel Schmitt, sans oublier quelques essais en passant (Denis de Rougemont…)
Vos poètes
préférés : Vous voulez que je sois sincère ? La poésie n’est pas ma cup of tea !
Vos peintres et compositeurs
préférés : les peintres expressionnistes et les compositeurs impressionnistes (Rachmaninov et Tchaïkovski inclus)
Vos héros préférés dans la
vie réelle : De Gaulle, hors concours
Vos héroïnes préférées dans
la vie réelle :
les contractuelles (tout cela devient bien sérieux…)
Vos héros préférés dans la
fiction : Les stars de ma jeunesse : James Dean, « Bogy » et même, avouons-le, le Lino Ventura des Tontons
Flingueurs…
Vos héroïnes préférées dans la fiction : les actrices éternelles : Marilyn, Garbo…
Votre mets et votre boisson : Des cèpes de Bordeaux fraîchement cueillis et un somptueux Ermitage blanc L’Ermite de mon ami Chapoutier.
Vos prénoms
préférés : Trop facile, ceux de mes cinq
enfants bien évidemment…
Votre bête noire : Les ayatollahs qui veulent nous empêcher de déguster en paix.
Quels personnages
historiques méprisez-vous ? : Difficile de mépriser un personnage. Je préfère parler de répugnance vis-à-vis des extrêmes.
Quel est votre état d'esprit présent ? : Dans l’action
Pour quelle faute avez-vous
le plus d'indulgence ? : L’erreur stratégique du chef d’entreprise
Votre devise préférée : « Mens sana in corpore sano »
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