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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 00:09

À l’attention de ceux pour qui l’histoire du vin en notre vieux pays commence avec eux ou qui se réfère vaguement à un « c’était mieux avant » je recommande cette vivifiante chronique de Jean-Yves Nau publiée sur Slate le 09/01/2012 Plaidoyer pour la piquette Les litres à étoiles d’après-guerre vont-ils refaire surface? Petit bréviaire de survie dans l’enfer des vins «de table» et autres «grands ordinaires».

  

Qui est Jean-Yves Nau ? Un vrai et excellent journaliste. Docteur en médecine, ancien instituteur, Jean-Yves Nau a été en charge de la rubrique médecine du Monde de 1980 à 2009. Il tient le blog Journalisme et santé publique sur le site de l'Ecole des hautes études en santé publique (EHESP).

 

En vous proposant de lire la  chronique de Jean-Yves Nau j’exerce mon droit de taulier d’un espace de liberté. Je le fais sans y mettre mon grain de sel, même si sur certains points de détail je pourrais faire à Jean-Yves Nau quelques remarques. Je le fais avec jubilation car vraiment avec Nau ça vole plus haut que ce je me force encore à lire ici et là sur la toile. C’est un vrai travail de journaliste. Libre à vous de le commenter sur mon espace de liberté ou sur le site de Slate.

 

Pour vous mettre en bouche, je publie ici les premiers paragraphes de sa chronique et j’espère que vous cliquerez ensuite sur le lien qui mène au texte original. Merci à Antonin, le basque qui n’aime rien tant que d’escalader le mur à gauche, de m’avoir communiqué le tuyau.

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« Survivre, c’est aussi parfois explorer des sous-continents ignorés. Comme les fonds des gondoles alcooliques des grandes surfaces marchandes; là où on ne retrouve que les vins qui tiennent le bas du pavé. Un début de quart-monde, le mépris total des néo-amateurs en quête de justesse, de biologie et de référencement socioculturel.

Entrer sur ces terres, c’est abandonner la notion d’appellation et celle de vigneron. Et ne parlons pas du millésime. On perd tous ses repères. Les marques qui trônent dissolvent tout. Jusqu’au verre de la bouteille qui peut devenir plastique et cartonnage alimentaire. Ici on parle dru, on parle cubi; certainement pas BIB (bag in box). Pour la capsule en étain et le bouchon en liège, prière d’aller voir ailleurs.

 

Ah, le bon vieux temps du Gévéor

 

Côté réglementation, bien sûr, on flotte un peu. Ce sont des breuvages qui ne la ramènent guère. Ils sont au mieux dans le registre du franc-loyal-et-constant; au pire dans celui des ni-vices-ni-vertu. Autant de catégories qui ne mangent pas de pain.

 

Ici, l’obsessionnel des étiquettes ne trouvera guère de quoi alimenter sa maniaquerie. Au choix vins de table, vins de consommation courante, vins ordinaires et qui n’ont aucune envie d’en sortir. Ce sont des termes obsolètes qui nous parlent d’un temps où les hommes travaillaient et le vin les nourrissait au même titre que le pain. Ce qui ne prévenait nullement de l’assuétude à l’alcool, ce fléau.

 

Un temps où le vigneron était payé au degré-hecto et où les vins d’Algérie venaient au secours de ceux, pas fiers, de l’Hexagone. Qui n’a pas connu l’hybride 5455 d’Achille-Albert Siebel (1844-1936) et les bouteilles à étoiles peut-il saisir ce qu’a été, en France, le monde paysan, la classe ouvrière et la maladie alcoolique?

 

Humer ces fonds de gondoles, c’est retrouver un peu la mémoire de ce Gévéor qui a disparu «suite à l’évolution des goûts». Gévéor avait été sublimé comme tant et tant d’autres par Hervé Morvan. L'affaire tournait bien. On l’aimait fort, Gévéor; quand on ne l’adorait pas…. »

 

Lire la suite ici : link

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Alain Leygnier 14/01/2012 11:58


Il y a bien pire qu'"être en charge". Je veux parler du "sur" qui remplace quasiment toutes les prépositions et dévaste le langage. On fait telle ou telle chose "sur" cinq ans, on habite ou on
vit "sur"... on va "sur" ..  etc. Ca marche souvent avec le verbe être : on est "sur" des arômes de fruits... "sur" un millésime, etc. Entendu dans un magasin, une vendeuse à une autre
vendeuse : "attention, on est "sur" un client mécontent". Ou encoren summun (provisoire) à mes yeux : alors là, on est "sur" le "sur" comment. Même un supposé journal de référence comme le Monde
est frappé. Et je suis sûr que le pire est à venir.

JACQUES BERTHOMEAU 14/01/2012 12:02



Je signale à mes lecteurs que le "en charge" n'est pas du taulier mais de la présentation de JY Nau par lui-même



Luc Charlier 13/01/2012 18:52


Voilà un monde totalement étranger ... aux étrangers comme moi. Il n’y a jamais eu de « litre à 11 degrés 3 étoiles » chez
nous. D’ailleurs, il n’y avait pas de clochards non plus. Même en France, la première fois que j’en ai aperçu – en dehors de Paris – c’est en me rendant au Salon des Vins de Loire d’Angers au
milieu des années ’80 : un choc ! Car pour un Belge, ce litron s’associe OBLIGATOIREMENT à la cloche, même si je sais que ce n’est pas vrai.


Enfin, j’suis chiant, mais « être en charge » n’est pas du français, sauf quand il s’agit d’une batterie ou d’un
accumulateur, voir encore d’un mur porteur, d’un pilier, d’un barrage. On « est chargé » de qqchose. L’autre expression « à la mode » qui me gonfle est « impacter »
dans le sens de influencer, modifier, avoir des retombées sur ...


Alors, on répondra que la langue évolue et patin couffin. Mouais ....


On dit souvent que la cuisine française est la meilleure au monde .... quand ce sont les Belges qui la réalisent. C’est probablement
exagéré : la meilleure cuisine au monde est italienne !


ATTENTION PROVOC’. Il en va de même pour la langue française, où les Belges ont si bien réussi : Léopold Sédar Senghor, Julien
Green, Henry Troyat, de Heredia .... tous des Belges qui écrivent bien le français. Et n’oublions pas le plus polisson d’entre eux, académicien français de surcroît, Vaelerie Giskaert van Estaing
... une fois.

Jean Heritier 12/01/2012 20:26


Gévéor j'en veux encore Coluche

Bertrand 12/01/2012 10:51


Merci pour cet article très instructif.


Amicalement,


Bertrand.

Pierre Masson 12/01/2012 10:32


Jolie et nostalgique chronique, qui m'a fait penser à mon Père, et à Préfontaine, naturellement, son vin de tous les jours.


Pierre Masson

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