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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 16:00

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C’est la proposition choc faite par Nina Fedoroff dans une interview à L'Actualité.com organe de presse du Québec qui l’a rencontrée au congrès 2012 de l'Association américaine pour l'avancement des sciences, à Vancouver. Je vous la livre ICI link  sans commentaire pour que vous vous fassiez votre opinion librement. Elle est, au sens premier du terme, intéressante dans son argumentaire et sans aucun doute va-t-elle susciter controverse et commentaires.

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« Pour elle les scientifiques ont eu raison d'inciter les gouvernements à la prudence, notamment en mettant en place des règlements sévères, issus des lois sur les pesticides. Et les consommateurs ont aussi eu raison d'être sur la défensive. Mais 20 ans après l'introduction des OGM, il est plus que temps de lever les restrictions, dit Nina Fedoroff, présidente de l'Association américaine pour l'avancement des sciences.


Scientifique d'origine russe de 69 ans - qui fut une mère adolescente décrocheuse avant de travailler aux côtés de Barbara McClintock, Prix Nobel de médecine en 1983 -, elle est un des chercheurs les plus réputés des États-Unis. Elle fut notamment conseillère des secrétaires d'État Condoleezza Rice sous le gouvernement Bush et Hillary Clinton sous Obama.


Nina Fedoroff se défend d'être une ambassadrice du géant Monsanto ou du libéralisme économique. « Au contraire ! Les règles actuelles favorisent la mainmise d'un petit nombre d'entreprises et encouragent le commerce international d'aliments, ce qui a des conséquences dévastatrices sur les émissions de gaz à effet de serre et sur l'économie des pays pauvres », dit-elle


« On perd notre temps avec des règlements inutilement contraignants, alors que le prix des denrées alimentaires augmente partout dans le monde. On a absolument besoin d'innovations agricoles pour nourrir les 9 ou 10 milliards d'habitants que comptera bientôt la planète ! » affirme cette professeure à l'Université d'État de Pennsylvanie, et depuis peu à l'Université du roi Abdallah, en Arabie saoudite, où elle étudie de nouveaux modes de culture en serre. »

 

2 morceaux choisis pour vous mettre en appétit :

 

Qu'est-ce qui vous permet d'affirmer que les plantes modifiées géné­tiquement sont aussi sûres que les cultures traditionnelles ?


Quand les premiers OGM ont été créés en laboratoire, dans les années 1970, on ne comprenait pas encore bien comment les gènes s'inséraient dans l'ADN. Mais depuis, on a fait des progrès considérables. On sait que le génome n'est pas quelque chose de figé, que l'on bouleverse en introduisant un nouveau gène. Au contraire, il est truffé de mécanismes de régulation, qui aident chaque individu à s'adapter à son environnement.


Quand l'agriculture est apparue, il y a 10 000 ans, l'homme a provoqué des mutations beaucoup plus importantes dans l'ADN des plantes, en croisant les individus aux propriétés les plus souhaitables. Un plant de maïs cultivé a un génome très éloigné de celui de son ancêtre sauvage.


Avec la biologie moléculaire, plutôt que de sélectionner des gènes par croisement, on introduit dans l'ADN de la plante un gène précis, dont on sait qu'il correspond à une caractéristique souhaitable, en espérant qu'il va s'y intégrer. Il n'y a aucune raison de penser qu'une plante modifiée ainsi se comportera différemment de n'importe quelle autre plante cultivée, car les mêmes mécanismes de régulation du génome sont à l'œuvre.

 

Vous prônez une déréglementation des OGM. Pourquoi ?

 

Les OGM sont nés dans la tourmente : en 1975, le moratoire sur le génie génétique décrété par les scientifiques lors de la conférence d'Asilomar était justifié. On devait mieux comprendre avant d'aller de l'avant ! Quand est venu le temps d'encadrer les produits, dans les années 1980, par crainte de conséquences inattendues et sous la pression de l'opinion publique, on a mis en place des règlements sévères, issus des lois sur les pesticides et autres produits chimiques. Depuis, les processus d'autorisa­tion n'ont quasiment pas changé, alors que les connaissances ont radicalement progressé.


Aux États-Unis, trois instances gouvernementales encadrent les OGM. Même au Canada, où en théorie on doit juger une nouvelle variété sur ses propriétés et non sur le procédé qui lui a donné naissance, les OGM font de facto l'objet d'un traitement particulier, qui oblige les créateurs de semences à mener d'innombrables tests. Et c'est comme cela partout dans le monde, sauf là où les OGM sont interdits. Résultat, le processus d'approbation d'une nouvelle variété coûte des dizaines de millions de dollars, et seules de grandes sociétés comme Monsanto peuvent se le payer, pour quelques grandes cultures comme le canola, le soya ou le maïs.


On sait maintenant qu'aucun problème susceptible de surve­nir avec une nouvelle semence n'est propre aux OGM. On devrait supprimer certaines étapes d'approbation qui ne sont plus scientifiquement justifiées, pour diminuer les coûts.


De petites entreprises pourraient mettre au point des semences adaptées aux contraintes de leur région, plutôt que de dépendre des grandes sociétés. En 1992, à Hawaï, les cultures de papayers ont été attaquées par un virus : en deux ans, l'indus­trie s'est effondrée. Des chercheurs de l'Université d'Hawaï ont alors introduit dans le génome de la papaye une séquence d'ADN provenant du virus. Les essais en serre ont commencé en 1997. Toute l'indus­trie s'est mobilisée pour financer l'approbation et, en 1999, la papaye transgénique a été autorisée et la culture a repris. Les trois quarts des papayers d'Hawaï sont aujourd'hui transgéni­ques, et les fruits sont vendus notamment aux États-Unis et au Canada. Mais à cause des coûts, cette réussite reste une exception.


L'intensification de l'agri­culture, dans les prochaines décennies, va faire augmenter le nombre d'agents pathogènes susceptibles de ruiner des cul­tures. L'exemple de la papaye montre qu'on peut en quelque sorte vacciner des plantes par des techniques moléculaires, plutôt que de les traiter par hélicoptère avec des doses massives de pesticides, qui risquent d'entraî­ner des résistances, comme cela se passe avec les bactéries et les antibiotiques.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans les afterwork du taulier
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commentaires

Gil Kressmann 24/07/2012 10:35


Je partage complètement le point de vue exprimé par cette scientifique américaine: il faut contrôler les semences génétiquement modifiées comme celles qui sont issues de techniques plus
conventionnelles.Des contrôles supplémentaires ne sont plus justifiés. Le chercheur français Philippe Joudrier dans son dernier livre ( OGM: pas de quoi avoir peur) développe les mêmes idées. Il
est remarquable de lire de la part d'une américaine que le système de controle mis en place pour les plantes génétiquement modifiées est si couteux que le droit d'entrée sur le marché des "OGM"
devient réservé aux multinationales. Elever les droits d'entrèe comme le font les autorités publiques sous l'impulsion les ONG anti OGM revient ainsi à supprimer la concurrence des PME ou de la
recherche publique.C'est le sens du message exprimé par l'AFBV ( Association Française des Biotechnologies Végétales) lors de la dernière campagne présidentielle. José Bové fait ainsi
"objectivement" le jeu des multinationales ! Et la France perd son rang dans la recherche sur les biotechnologies végétales alors qu'elle était à l'égal des meilleurs !

petrus 24/07/2012 00:03


Monsieur Charlier, 


 


Rien n'est parfait dans la nature car tout avantage a ses propres inconvénients, tout est ambivalent, et tout est question d'équilibres qu'on ne peut d'ailleurs jamais prévoir. En effet, les
écosystèmes sont des systèmes dynamiques non linéaires : les équilibres sont gragiles, la stabilité n'existe pas et tout est amené à évoluer.


Ce qui compte donc est le résultat global : toutes nos actions , nos paroles, nos commentaires ne peuvent avoir une adhésion à 100%, et ce n'est pas une raison pour les rejeter  ou pour
imposer une règle 'impérative'.


Dans la mesure ou les effets collatéraux permettent d'aboutir à un résultat globalement positif (par exemple le cas d'une chimio : je connais et j'en connais les effets secondaires) et permettent
de survivre on ne peut à la fois réclamer le beurre, l'argent du beurre et la crémière, etc.


Cela n'excuse pas tout: notre société n'est pas parfaite ; il y eu et il y aura toujours des abus, on peut les corriger et/ou y trouver une parade , mais il faut, je pense éviter de prendre des
positions trop fortes qui conduisent toujours à des décisions contre-productives.


Voila pourquoi, plutôt que d'interdire, je préfère que l'on se tourne vers l'avenir sachant que la nature (dont nous faisosns partie) corrige toujours ses erreurs : elle est admirablement bien
auto-organisée. 


Bien cordialement. 

Luc Charlier 23/07/2012 22:50


Stop Clavel, stop!


Là ne réside pas le problème.


Je suis diabétique et serais mort déjà sans l’insuline que je m’injecte 3 à 4 fois par jour.


Et cette insuline – infiniment plus adaptée et moins chère ( ! ) que les insulines de porc ou de saumon de jadis – c’est un
coliforme (Escherichia coli) recombinant qui la sécrète pour moi.


Tu vois, je ne suis pas « contre » par principe.


Mais ce coli, il reste confiné au labo et il ne fait qu’une chose : fabriquer de l’insuline, pour rendre riches les actionnaires
de Novo-Nordisk, Sanofi-Aventis ou autres et accessoirement me simplifier/prolonger la vie.


Bien sûr qu’on peut introduire à peu près n’importe quoi dans la double spirale d’un ADN, ou des gènes répresseurs ou tout ce qu’on
veut, si on y met le temps et les moyens. Là n’est pas le sujet, ni d’ailleurs la grande nouvelle. On pourrait sans doute créer des huîtres bleu indigo ou luminescentes : cela ne me gêne
(avec « ê ») nullement.


Le problème est leur dispersion incontrôlée dans la nature.


Que veut faire un industriel : produire et vendre, le plus possible. Je ne juge pas ici, je décris.


Et où vent-on ? Partout.


Donc, problème 1 : la dispersion  sauvage.


Le deuxième problème est qu’il faut beaucoup de temps pour déceler des effets inattendus DANS LA NATURE. Un coliforme se divise
plusieurs fois par 24 heures (j’ai oublié le vrai rythme, pour être franc), la vigne ne fleurit qu’une fois par an, deux fois si on observe les 2 hémisphères. Tu vois que je suis honnête,
j’accorde même une chance aux Australiens et Sud-Af.


Donc problème 2 : la surveillance de l’inocuité à moyen et long terme.


Enfin : tous les chercheurs (je l’ai été, modestement et plutôt du côté clinique que du côté fondamental) sont inféodés aux
circuits de production. Ils sont biaisés et tous leurs travaux sont biaisés. Et ils le seront de plus en plus.


Donc problème 3 : la non-fiabilité des informations scientifiques, quasiment toutes mensongères dès qu’elles touchent de près ou
de loin la production.


Le taulier n’aime pas que je revienne sur le sang contaminé – il ne souhaite pas jeter l’opprobre sur d’anciens collègues de couloir,
d’une part, et il est attaché à la notion qu’un jugement (aussi tordu soit-il) peut innocenter un coupable pas responsable (ou l’inverse), d’autre part. Je respecte ses vues, mais ne les partage
nullement et n’ai personne à ménager. Mais les conseillers de Fabius l’ont abusé, et lui était incompétent sur ce sujet, ainsi que les ministres de tutelle de son gouvernement. Résultat :
des milliers de séro-positifs et je ne sais combien de centaines de morts qui auraient dû être évités. Je travaillais à Villejuif au printemps 1986 : près d’un dialysé sur trois y était
séropositif, contre quelques pourcents seulement en Belgique à la même époque. Pas parce que les médecins belges sont meilleurs, simplement parce que nous n’avions pas subi les collaborateurs du
cabinet Fabius et que nos poches de sang étaient moins dangereuses !


Idem pour la Bachelot et ses vaccins superflus : si toutes les doses avaient été injectées – heureusement que cela n’a pas été le
cas – on aurait immanquablement eu des « dégâts » et sans doute quelques décès (anaphylaxie) ou des maladies neurologiques à distance (SEP, Guillain-Barré, Slow-virus diseases,
SSPE  etc ...). Aucun vaccin n’est totalement sans danger.


Il en va de même pour les OGM de la vigne. On a écrit des conneries sur le noah, le bacou et les autres « cépages qui rendent
fous », mais le syndrome de Marchiafava & Bignami est une réalité. Qui sait si ta vigne résistante aux maladies cryptogamiques ne se révèlera pas toxique, à la longue, pour tel ou tel
système d’organes ? Et il faudra des décennies pour le découvrir. Entretemps, Monsanto et ses semblables se seront encore gavés. Et ta madame Fedoroff aura empoché les sous du Nobel ou de
tout autre prix académique, plus les émoluments d’une conseillère présidentielle, plus les bakshishs de l’industrie, plus les interviews pour Time Magazine et Newsweek, plus le livre qu’elle aura
écrit ....


Non : pas d’OGM dans la nature, AUCUN, JAMAIS.

petrus 23/07/2012 19:32


Depuis pas mal de temps je me bats contre l'idéologie de certains; elle est svt le fruit de trois facteurs : l'incompétence, l'ignorance ou la cupidité/égoïsme. Mais il faut reconnaître qu'ils
ont une grande influence sur les grandes décisions. 


Sur ce sujet lié aux OMG, je suis d'accord sur l'argumentaire et sur le fait qu'il faut penser d'abord aux 10 B de personnes à nourrir sur terre, que les technologies évoluent à un rythme rapide
(en suivant une loi de puissance) et que ... tous les espoirs sont permis.


Ce qui me gêne dans les prises de positio actuelles est que :


- Quand on prend 6 mois de retard, dans la R&D, il faut ensuite sucer les moyeux pendant trois ans pour rattraper ce retard.


- Quand on voit que la chine dispose de labos de R&D, dans ce domaine, de renommée internationale, on ne peut que se poser des questions.


- Quand on sait que ce ne sont pas des innovations évolutives, mais des innovations de rupture qui vont compter, on peut mesurer l'état culturel dans lequel on doit se placer pour apporter
certaines "bonnes" ou "moins mauvaises" solutions.


Le réveil risque donc d'être douloureux et  je ne vois pas comment on va pouvoir changer de paradigme... rapidement.


Par contre... comme la nature est bien faite, il faudra bien s'adapter 'de cap y de culs'. Il faut donc regarder 'devant', là ou est notre avenir, et positiver un peu plus ce que nous savons
tirer de nos ressources. 


Bonnes vacances. 

clavel 23/07/2012 17:19


C'est une information trés importante.Il semble dans les possibilité de la science  biologique actuelle, d'introduire dans l'ADN d'un cépage un gène résistant à l'oïdium ou au mildiou, ce
qui limiterait l'usage de pesticides ou autres produits phyto comme les dérivés du cuivre.


Mais nous sommes loin de la décision positive des nombreux organismes et pouvoirs qui la détiennent !!

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