Jeudi 11 octobre 2012 4 11 /10 /Oct /2012 14:00

J’adore, je dirais même plus : je m’extasie lorsque mon regard tombe sur la photo d’un gus qui semble figé pour l’éternité dans ses 30 ans flamboyant ou sa quarantaine romantique, toujours jeune quoi ! C’est beau comme le botox, faux comme Photoshop, bien dans l’air du temps : la peur de vieillir. Foin des rides, de l’amollissement, des cheveux blancs : ha les cheveux teints ! Toujours tout neuf sur la Toile, séduisant, attirant, encore comestible pour les jeunes femmes bien.


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Alors face à ce jeunisme ridicule je sors un mot superbe : la pavane et une bonne vieille coutume du fin fonds de nos campagnes : enterrer sa vie de garçon.


La Pavane pour une infante défunte de Maurice Ravel… je craque… ça m’enchante… et celle de Gabriel Fauré me transporte…


La pavane était une danse de cour lente du XVIe siècle, dansée près du sol par des couples disposés en cortège. Son nom dériverait de l’espagnol pava qui signifie «paon». C’est une danse binaire : une longue et deux brèves, un pas en avant puis deux en arrière, qui colle bien à l’esprit de nos toujours jeune.


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La coutume d'enterrer sa vie de célibataire apparait dit-on, pour les hommes vers le XVIIIe siècle et elle consistait très souvent en un rite initiatique : le passage en maison close pour le dépucelage suivi d’une bomboche avec les copains qui se finissait souvent dans le ruisseau. Pour les filles, c’est du tout récent, juste après 68 lorsque nous les avons libérées de leurs entraves. Bien évidemment, la disparition des maisons et la dépravation des mœurs liée aux susdits qui copulaient comme des lapins dans les couloirs des universités en ce fameux mois de mai, font que l’enterrement de la vie de garçon ou de fille fait la part belle à la boutanche.


Certes il existe des sites de personnalisation d’étiquettes pour ce genre d’évènement mais je préfèrerais de loin qu’une vigneronne ou un vigneron créés un cuvée spéciale en série limitée avec une étiquette originale. Je lance l’idée ça pourrait avoir du succès dans le mesure où tout le monde aujourd’hui va pouvoir se marier au grand dam de la mère Boutin. Ça va faire du monde !


Voilà, c’est dit : j’ai 64 ans, des cheveux blancs depuis fort longtemps, je suis comme je suis, un bon vivant, et je m’expose sans façon ci-dessus car il y a fort longtemps que j’ai enterré ma vie de garçon...

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : les afterwork du taulier
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