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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 14:00

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Chère Hélène,


Nous nous sommes souvent croisés, votre beau sourire et votre affabilité étaient des rayons de soleil dans ces dégustations parfois un peu tristounettes. Hier dans la soirée j’ai reçu de vous un courrier qui, avec beaucoup de pudeur, me faisait part des difficultés que vous viviez au mas de Libian. Les mots, dans les coups durs de la vie, sont bien impuissants mais sachez, chère Hélène, que les miens sont à votre service pour vous accompagner face à  cet accident technique qui vous frappe affectivement et économiquement.


Si le besoin s’en fait sentir mon petit espace de liberté est à votre disposition, usez –en sans compter et soyez assurée, vous et votre famille de mon amitié et de toute ma solidarité.


Je joins à cette lettre, la vôtre pour que ceux qui travaillent avec vous soient prévenus de ce qui vous arrive et puisse vous apporter un peu de la chaleur humaine dont vous avez tant besoin en ce moment.


L’autre soir, au dîner des Côtes-du-rhône avec Camdeborde et sa brigade reconstituée j’ai bu avec plaisir votre Bout d’Zan et j’étais content que le Mas de Libian fût présentée dans cette manifestation interprofessionnelle.


Si l’occasion se présente je me permettrai de passer chez vous pour vous dire de vive voix mon amitié et ma confiance.


Bien à vous, Hélène, je vous embrasse très fort


Jacques Berthomeau

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans les afterwork du taulier
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commentaires

Luc Charlier 03/06/2012 11:04


@Madame Thibon


 


Mon « post » visait à expliquer à TOUS les lecteurs (il en a eu près d’un million à ce jour) du taulier, qui n’entendent
RIEN à nos petites recettes de cuisine, le fond du problème qui vous touche. J’ai précisé « pour les lecteurs lambda » et aussi « sans connaître les détails ». Car votre
lettre a bel et bien été mise en ligne, pas seulement pour les clients et fournisseurs, mais pour des « laïques », et par milliers !


Personne ne doute un seul instant que les mesures habituelles ont bien été prises à Libian mais ...
elles n’ont pas suffi.


Il va de soi que – pour une raison mystérieuse mais que VOUS connaissez sans doute à présent, d’autant que la matière première du
béton, du ciment et de leurs dérivés c’est .... des roches calcaires alcalines bien sûr – si la désacidification accidentelle est tellement profonde que seul un acide très fort  (minéral donc) peut y remédier, le préjudice est encore plus important.


Je comprends que vous soyiez excédée mais, même si vos termes sont mesurés, vous me faites un faux procès. D’habitude, la libre
expression prévaut sur ce blog – où la censure est rarissime – et elle passe par une obligation à laquelle je me tiens scrupuleusement de réfléchir à ce qu’on écrit.


D’après ce qu’on pouvait penser, j’avais déduit – à tort, vous nous l’apprenez – que (votre site évoque bien la biodynamie et insiste
sur les pratiques naturelles auxquelles vous avez recours) vous ne souhaitiez pas tartriquer votre vin. Et il me semblait que cette petite
concession aurait été bénigne plutôt que de perdre une grosse quantité de votre bon vin. C’est dans ce sens qu’allait mon propos, bourré de bonnes intentions. J’ai rencontré dans ma vie (né en
1956) pas mal de vignerons qui préfèreraient « se faire du tort » plutôt que de devoir déroger à leur ligne de conduite pure et dure. Et je n’approuve pas cette attitude
destructrice.


Voilà, de bonne foi, j’ai mal interprêté votre courrier – comme peut-être d’autres d’ailleurs.


Je vous présente mes excuses sur ce point.


Pour intéresser la majorité des lecteurs, il faut en remettre une couche, vous m’en excuserez aussi. Vous venez de nous expliquer que
la perte d’acidité est telle que de l’acide tartrique – qui est un acide relativement faible – ne ferait pas l’affaire et qu’il faudrait utiliser un « remède » plus puissant, en
l’occurence de l’acide sulfurique (le vitriol dans la langue populaire). Or cela est effectivement illégal d’une part, et causerait en plus des modifications organoleptiques d’autre part. En
effet, les sulfates « durcissent » la perception des vins. On le sait car un sulfitage excessif (accidentel ou autre) peut, par oxydation des ions sulfites en ions sulfates, associé
parfois à un sulfatage anti-réduction, donner naissance à ce phénomène. Et nous avons dès lors tous compris votre réticence, que personne ne songe à combattre.


Vous aurez remarqué les autres commentaires (pas de labo chez le fournisseur du cuvier, évocation d’un cru prestigieux de
Saint-Emilion, suggestion de vendre au négoce ...), tous bienveillants à votre égard mais également tous un peu « à côte de la plaque » ... autant que moi.


J’espère que vous accepterez cette AMENDE HONORABLE. J’ai commis une erreur d’appréciation de la gravité de votre problème technique
et de la pratique que vous vous interdisiez. Elle est réparée.


Bien plus, votre refus d’avoir recours en sous-main à une pratique réellement indéfendable apparaît maintenant au grand jour et elle
vous honore.


 

h.thibon 03/06/2012 09:51


Monsieur Berthomeau,


Je vous remercie du fond du coeur de me laisser une petite place dans votre espace de liberté!!!!


Je vais malheureusement en avoir besoin!


Monsieur Charlier, nous ne nous connaissons pas, mais ne parlez pas sans savoir, s'il vous plait. Nous faisons du vin à Libian depuis 40 ans, nous utilisons depuis 40 ans des cuves béton et je
pense, sans vouloir me vanter, que les techniques de bases nous les connaissons et nous les maitrisons..... Que si nous estimons que le vin n'est pas récupérable, c'est que ce n'est pas une
légère désacidification comme on pourrait voir en cas d'oubli de tartriquage. Sachez qu'il est impossible de remonter le niveau d'acidité de nos vins avec de l'acide tartrique, car il
faudrait utiliser du sulfurique. Et  dans notre lettre, nous avons bien précisé "contraire à la loi"!


Et quant à notre éthique, je pense que sans vouloir rentrer dans ce genre de débat, personne n'aurait envie de boire un vin réacidifié au sulfurique, surtout pas les fraudes et je ne pense
pas que cette position relève d'une quelconque religion.....


Et la décision de ne pas commercialiser ce vin relève du respect, de "l'esprit" de Libian (de nos vignes, de notre travail....) ainsi que de celui du consommateur


bien sincèrement


 


 


 


 

Michel Smith 03/06/2012 09:31


Bravo, L"on, pour ce cours magistral. J'ajouterai qu'après avoir suivi les conseils de Luc, et compte tenu des principes d'Alain et Hélène, Si l'on considère que le vin en question n'est pas apte
à figurer avec l'étiquette du domaine, on peut toujours revendre le-dit vin au négoce qui saura l'utiliser, ou le déclasser en un honorable vin de France ou autre vin de Pays, ce qui n'a rien de
déshonorant.

Luc Charlier 03/06/2012 09:15


Lettre ouverte à la famille Thibon-Macagno


 


Messieurs, Mesdames,


 


 


Je ne connais votre domaine que pour sa bonne réputation, n’ayant pas eu l’occasion avant que je ne devienne vigneron de vous rendre
visite, et pas le temps depuis.


Votre courrier, mis en ligne par Jacques Berthomeau dont je suis quotidiennement les billets, m’a ému mais aussi perturbé.


 


 


A l’attention des lecteurs lambda de ce blog, je préciserai que tout le monde sait que du ciment neuf  - qu’il soit réellement tout neuf, comme ici, ou simplement détartré – cela « boit » l’acide tartrique d’un vin. En fait, ce matériau est poreux,
possède des propriétés capillaires, osmotiques et chimiques (acide-base) qui rendent une perte d’acidité du vin inévitable et systématique, même
si son amplitude ne peut pas être prédite de manière très fine.


Pour remédier à cela, on pratique l’affranchissage des cuves (avant la mise en service ou même après un simple
détartrage de routine sanitaire) : on badigeonne leur surface (parois, plafond et plancher) d’une solution d’acide tartrique (à 20 % d’habitude), qui va « saturer » l’enduit du
béton et même en partie sa masse. Après, il va « boire » beaucoup moins ou même pas du tout.


 


Sans connaître les détails de cette affligeante affaire, il est évident qu’il y a eu manque (ou même absence) d’affranchissage du
cuvier. A qui la faute ? Ceci est un débat de juristes et je ne m’en mêlerai pas. Cela ne nous regarde d’ailleurs pas.


 


Vu de l’extérieur – je ne connais pas la famille Thibon-Macagno mais  je compatis
évidemment à leur guigne – je voudrais leur donner comme un petit « conseil », en toute modestie – moi qui ne suis pas le payeur : si c’est encore oenologiquement faisable (car
peut-être le vin s’est-il détérioré entretemps ?), faites fi de vos scrupules « naturalistes », achetez suffisamment d’acide tartrique (qui est quand même un constituant naturel du
jus de raisin) et rajoutez-le à votre cuvée en quantité apte à reproduire les niveaux antérieurs. En tant que client et/ou amateur, on ne peut trouver cela que tout à fait NORMAL.


 


Il y a un aspect légal : on ne peut pas impunément « acidifier » un vin. Toutefois, dans votre cas, étudiez la
situation avec votre cabinet oenologique et prenez contact avec le service viti des Douanes et des Fraudes. Vu les circonstances, il me paraît évident qu’il doit exister une clause – ou une
dérogation – qui le permette, moyennant déclaration préalable.


 


Et, votre lettre y fait allusion, il y a vos « principes ».


Dans la mouvance des biodynamiciens, il ya bien sûr des gourous - sans aucune compétence en chimie d’ailleurs – qui vont prétendre
qu’il existe des ac. tartriques « naturels » (lisez steineriens) et d’autres « de synthèse », mais il n’en est rien.


L’acide tartrique est un « bête » acide alpha-hydroxylé à quatre atomes de carbone, qui existe après préparation au
laboratoire sous sa forme racémique (mélange des formes dextrogyres et lévogyres), alors que la forme naturellement présente dans le jus de raisin est l’isomère L (+). Il existe en fait même
encore un troisième stéréoisomère mais il est achiral (ac. mésotartrique).


Or, l’acide tartrique vendu par l’industrie chimique – que je ne porte pas en odeur de sainteté, croyez-le bien – correspond au
« code européen »  E334 (si je ne me trompe pas) et il s’agit exclusivement de l’acide L-tartrique, comme dans le jus de raisin naturel. Il
n’y a aucune différence !!!!!


 


Au-delà du dogme, si vous pouvez rendre à votre bon vin ce que le béton lui a dérobé, où est le problème ? Au niveau moral, au
niveau commercial, au niveau oenologique, cette attitude est plus que défendable : elle est la seule logique.


 


Je vous en conjure – si bien sûr le mal est encore réparable car peut-être d’autres modifications sont intervenues entretemps suite à
la montée du pH et à la baisse de son acidité totale – rendez à votre vin l’ac. tartrique qui lui manque en ne cédant pas au sectarisme.


 


Je ne m’entends absolument pas avec M. N Joly, avec qui je me suis empoigné (au figuré) plusieurs fois et nous ne nous sommes pas
croisés depuis plus de 15 ans, heureusement pour moi. Il a mené jadis une croisade contre la vitamine C « synthétique » (ac. ascorbique) qui était un tissu de sornettes. Je suis
d’accord avec lui pour penser qu’il ne faut pas ajouter d’ac. ascorbique au vin, mais pas parce qu’il existerait « deux formes d’acide ascorbique ».

Michel Smith 02/06/2012 21:21


Courage, Hélène et Alain ! Gageons que 2012 sera un exceellent millésime qui permettra de vous rattraper... On pense à toute la famille !

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

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