Lundi 2 juillet 2012 1 02 /07 /Juil /2012 16:00

 

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Lino Ventura, d’Ormesson, Laurent Fabius adeptes des gros nœuds sur col pelle à tartes ont été justement étrillés par notre insomniaque patentée, Sylvie Cadio, à propos du débat de fond posé par le Taulier : non au ton sur ton link. Débat mal illustré par des photos, réalisées à la va-vite, de cravates étendues sur le plateau d’une table, telles des limandes pas fraîches, ce qui a permis au sieur Héritier d’ironiser sur les capacités du Taulier à repasser. Sans vouloir  lui renvoyer la balle trop violemment je me permets tout de même de faire remarquer que j’ai rarement vu en Aude des cravatés très tendance et, plus encore, des directeurs de Chambre d’Agriculture dotés de beaux nœuds. Bref, la cravate en soi n’est rien, sauf à être cra-cra, elle n’existe que par son appariement avec une chemise de bonne coupe pourvue d’un col ad hoc.


Quelques règles :


Les épaules : la couture doit être située légèrement avant le tombé de l’épaule, pas après.

La longueur de la chemise ni trop courte, ni trop longue, les pans doivent se glisser dans le pantalon sans ressortir toutes les 5 minutes ou gonfler dangeureusement le haut du pantalon.

 

Les coupes :

 

La coupe cintrée : pour les minets car elle met en valeur et affine la silhouette : en clair exige un ventre plat, tablettes de chocolat, et met en avant les pectoraux.

 

La coupe classique : pour ceux qui aiment être à l’aise tout en restant chic.

 

La coupe droite : à utiliser pour les bidons style Léon.


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Le col

 

Les 2 types de cols les plus usités sont : Le col classique ou le col italien mais les cols à boutons dit US sont aussi très prisés par ceux qui ne portent pas de cravates. Plus recherchés ou ringards, c’est selon : le col anglais relié par une patte avec une variante très prisée par les acteurs américains des années 50 : une barrette or ou plaquée or reliant les pointes du col. Le col Mao bien sûr, le col polo allant jusqu’à la pelle à tarte, le col officier, le col cassé…  


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Le port de la cravate exige que le bouton du col soit fermé, que le nœud ne soit ni trop serré, ni trop  coulant. La grosseur du nœud est capitale, sa confection dépend évidemment de la coupe et de la longueur de la cravate, de la matière : soie, laine, coton ou du tissage : le tricoté peut-être soit très kitch ou très tendance. Bien sûr, la cravate peut-être unie, à motifs divers et variés, club…etc

 

Pour ceux qui se la joue casual, le choix du col est capital ainsi que la position de l’avant-dernier bouton qui, puisqu’on la porte ouverte, fait garder au col de la tenue et évite qu’il baille de façon inélégante.


La matière : Les tissus sont multiples comme les tisseurs et les tissages en Europe et partout dans le monde. Ce sont eux qui donnent le la à la tendance, à la mode. En Europe, ce sont les Italiens Oltolina, Sic Tess ou Testa, Albin/Thomas Mason, qui dominent le marché ainsi que le Suisse Alumo…


Le poids du tissu compte du plus fin (200’S environ) au plus épais :

 

La batiste, une toile de lin très légère, confectionnée à partir de fils très fins venant généralement d’Egypte (mako).

La popeline, un tissu de coton souple.

L’oxford, un mélange de fils de trame colorés (bleu ciel, le plus souvent) avec une chaîne blanche, tissé de manière moins fine que la popeline ou la batiste.

Le royal oxford, une version affinée du tissage de l’oxford.

Le sea island, le plus beau tissu, composé de 140 fils par pouce (2,54 cm de tissu), contre 100 pour la popeline. Résultat : une incomparable capacité à restituer les couleurs, à mettre en valeur rayures et carreaux.

Le ribbed twill, un tissu qui fait apparaître la structure diagonale du tissage, comme des lignes.

Le herringbone twill, comme le twill, à la différence près que les chevrons remplacent les diagonales.

Le pin point, un mélange de popeline de coton et d’oxford.

La flanelle, un coton peu serré, fluide et doux.

Le viyella, le mariage du coton et de la laine

 

La taille correspond à l’encolure de la chemise, je suis 38 depuis toujours et je peste contre les fabricants qui ne proposent que les tailles S, M, L, XL et XXL …

 

Les Nœuds : (voir mode de nouaison en fin de chronique car certains mâles dominants ne savent pas nouer une cravate de leurs propres mains)

Le nœud simple, le nœud double, le nœud Windsor, le demi-Windsor, le petit nœud

 

Reste ensuite à apparier chemise et cravate, et là je mets au défi la perfide Sylvie Cadio qui raille mes cravates et le sieur Héritier dont je suis sûr et certain qu’il n’a jamais manié un fer à repasser, de me battre sur ce terrain. La preuve en texte et en images.

 

Courrier reçu le jour de la publication de la chronique


Cher Jacques,

 

Vous auriez aussi pu évoquer vos chemises qui étaient "originales" par rapport aux autres membres du Ministère. Chemises à carreaux, fort belles d'ailleurs, et nœud papillon permettaient de reconnaître Berthomeau quand on ne le connaissait pas. Vous aviez eu la gentillesse de m'offrir une cravate qui fait partie de mes préférées.

 

Bien amicalement

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Le comble de l’horreur vu de mes yeux : la cravate noire graisseuse jamais dénouée portée ressortie d’un gilet col en V à manches courtes en laine tricotée main avec enfouissement de la cravate sous la ceinture du pantalon.


Le must absolu : Max Ernst photographié par Man Ray


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La chemise culte impeccablement blanche de Cary Grant dans la Mort aux trousses :


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Donc pour ça pour dire très chère Sylvie Cadio que le minimalisme vestimentaire, le refus des couleurs, s’apparente à une forme d’uniformité triste et chiante ! Moi j’ose la couleur et je me fous du quand dire-t-on d’où qu’il vienne ! Mes cravates en situation faisaient chier tout le monde donc elles n’étaient pas à chier. Maintenant que je n’en porte plus, par simple commodité, je suis d’autant plus à l’aise pour l’affirmer. Les bigarrées étaient de Christian Lacroix un des rares stylistes qui savaient créer des tissus en revisitant son terroir du Sud.

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : les afterwork du taulier
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Commentaires

Fascinant et capital débat que celui des cravates et des cravatés. Celles de mon Pépé Dujardin embaumaient la naphetaline et étaient parsemées de tâches indélibiles de café et autres bouillons gras. Celles de mon père, Sam White, étaient truffées de souillures de pik gin et de brûlures dues aux cendres de gauloises ou de cigares. Perso, je n'ai pas porté une des miennes depuis 30 ans, préférant, en hiver, le foulard bien rangé dans le col de chemise entr'ouvert, façon NAP. Pour autant, je garde précieusement toute ma collection. La plus belle est issue des années 50 et a ce look de gangster que l'on dirait typique de Chicago. Celle que je préfère est, comme toi Jacques, l'oeuvre du styliste couturier arlésien, Christian Lacroix.La plus moche était celle du Train que je portais à l'armée. S'il m'est arrivé souvent d'en refiler certaines au teinturier, jamais je n'ai osé les repasser tant elles sont impeccablement suspendues dans le placard des oublis !

Commentaire n°1 posté par Michel Smith le 02/07/2012 à 17h11

Pas d'accord, il y eut et il y a encore de beaux directeurs de chambres d'agriculture... Les audoises et la gent féminine des environs te le diront si besoin ;-) Bon, c'etait surtout vrai en Aquitaine. Tempus fugit... 

Amitiés col ouvert

Commentaire n°2 posté par Philippe CUQ le 02/07/2012 à 18h50

Et à trente ans, bonne graine, Jean Bugatti fit un joli noeud de cravate autour d'un platane.

Commentaire n°3 posté par ventoux le 02/07/2012 à 20h15

J'ai vexé "le Taulier" en lui disant que ses cravates étaient à chier. Cher Berthomeau (mais je préfère vous appeler Jacques si vous me le permettez : dans l'intimité de l'Internet en général et de Facebook en particulier c'est mieux, - NB : j'ai posté en réponse la même chose sur votre invitation Facebook) ça donne des accents de complicité) je persiste et je signe (d'un cAd qui veut dire Cadio), vos cravates sont à chier (en tout cas, telles que vous les avez affichées sur vos pages, oui, je persiste, je signe et re-signe : elles sont à chier) et ça n'a rien à voir avec une histoire de noeud. Certes la manière de pratiquer le noeud et la façon de marier le noeud au col est d'importance. Et je ne parle bien entendu ni d'utérus ni de bite, et vous non plus : nous ne sommes à ma connaissance ni l'un ni l'autre obstétricien ni gynécologue; je ne fais que répéter, modestement, vos mots à vous qui sont "noeud" et "col", (et même vous osez mettre sur votre blog des images inédites, fou que vous êtes) : comme vous le savez je suis plutôt prude et il est des mots que je n'oserais pas écrire ni même penser mais que je me plais à copier/coller. Ainsi est-ce à vous que le Bon Dieu posera les vilaines questions le moment venu (le plus tard possible évidemment)
Je crois que la question principale n'est pas celle de la qualité de la cravate, de la beauté de la cravate, du prix de la cravate, ni même du meilleur accord entre la cravate, la chemise et le pantalon, non, ce qui compte, c'est d'être bien dans sa tête, aussi dans son corps, et surtout bien avec les autres, avec les gens même si on ne les connaît pas. Parce qu'être bien dans un pull à col roulé, être soi-même c'est ce qui importe, bien dans un pull marin, bien avec un chapeau, bien dans une jupe plissée à carreaux bleus et blanc ridicule qui vous fait un cul "comme ça", ou dans une petite robe en rose et blanc, façon Vichy, comme la petite mère Bardot à sa belle époque mais que pour d'évidentes raisons la plupart des jeunes filles portent mal, c'est ridicule parce qu'on ne peut pas tous être belles et beaux, parce qu'on ne peut pas tous être bien faits et on ne peut avoir, non plus le goût ou le désir de plaire physiquement aux autres ; je répète à l'envi qu'il faut être soi-même, sans modèle, je répète à l'envi ce mot de Rostand "Moi, c'est moralement que j'ai mes élégances"

Commentaire n°4 posté par cAd le 03/07/2012 à 01h27

Tu sais ce qu’il dit, mon bidon ?

Non, je suis le premier à m’en taquiner.

Lisez ici : http://coumemajou.jimdo.com/2012/06/29/the-invisible-man-strikes-again/

La chemise EST une Lacroix, ce qui prouve le propos du Taulier.

Commentaire n°5 posté par Luc Charlier le 03/07/2012 à 08h50

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