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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 14:00

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L’actuel exhibitionnisme indécent de ceux qui s’autoproclament chefs ou leaders, qui s’arrogent un quasi-monopole de la parole dans les médias, qui ont encore l’outrecuidance de vouloir nous faire accroire qu’ils sont aptes à gérer notre Cité me renvoie à un tout petit livre de Ranuccio Bianchi Bandinelli qui reprend un texte extraordinaire de simplicité et de vérité : Quelques jours avec Hitler et Mussolini  tiré de son journal Dal Diaro di un borghese (Journal d’un bourgeois).

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En 1938, Ranuccio Bianchi Bandinelli, professeur d’archéologie et d’art antique, est réquisitionné par le gouvernement de Mussolini pour accompagner la visite d’Hitler et de sa clique, Goebbels et Himmler, en tête dans les musées de Rome et de Florence.

Dans les toutes premières pages, alors qu’il esquisse un bilan de sa vie, il dit de lui-même : « je suis un homme médiocre ».


Pour lui l’homme médiocre c’est l’homme ordinaire qui loin des projecteurs cultive son regard critique et libre.


À propos de son entrée dans le monde il écrivait « aujourd’hui j’ai vingt et un ans… De neuf à vingt ans j’ai cru être – et pas exclusivement par ma faute – un individu exceptionnel… Aujourd’hui je reconnais – et sans modestie – que je suis un homme médiocre si je donne à cette parole sa vraie signification, étymologique, dénuée de la valeur péjorative qui lui a été conférée quand le Surhomme a fait son entrée en scène. » Pour conclure « Les hommes supérieurs, exceptionnels, sont d’une grande gêne pour leurs proches. Je ne veux constituer une gêne pour personne et déteste me faire remarquer. »*


Dans sa postface au petit livre de Ranuccio Bianchi Bandinelli, Angelo Caperna, citant tout d’abord Gorgio  Agamben : Celui qui appartient véritablement à son temps, le vrai contemporain, est celui qui ne coïncide pas parfaitement avec lui, « Quand je l’ai lue, je n’ai pas compris le sens de cette phrase*. Elle avait du style, mais je n’y voyais, comment dire, qu’un tout petit enjeu lié à une sorte de confort bourgeois. Avec le temps, en avançant dans la compréhension de son caractère et de son époque, cette affirmation a pris une autre dimension et j’ai compris pourquoi elle me touchait. C’était là, enfin, que se cristallisait une des grandes questions du siècle, le point le plus fort de ma rencontre avec lui.


Avec cette affirmation, Bandinelli, disait son opposition à « l’héroïsation » de la vie et revendiquait une distance par rapport à l’exhibition des muscles de tout type, en particulier moraux ou idéologiques.


Cela me semble aujourd’hui encore, un bon projet de vie. »


À moi aussi, et je laisse Fipé et Collion dans leur radeau qui prend l’eau…


Ranuccio Bianchi Bandinelli dans son petit carnet où il a consigné chaque soir ses impressions de  ses journées avec Benito et Adolf, les désignait ainsi « Vu Mario et Silla… » Dans Libé de lundi, et il n’y là aucune comparaison, qui serait d’ailleurs vraiment déraison, désigne les deux duettistes, qui se frittent à la Cocoe, se shootent à la Cornar et se Rumpent grave, sous les surnoms : Fipé et Collion. Nous vivons avec des hommes exceptionnels… Rappelez-vous Gueule de Raie et Méchancon…

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