Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 18:30

photomoi.jpg Comme c’est la nouvelle coqueluche des agences de communication et des attachés de presse le blogueur, comme la blogueuse, est dragué sec pour aller traîner ses belles grolles ou ses hauts escarpins dans les salons. Oui, vous savez, ces foires-expositions revisitées et plantées dans des zones péri-urbaines où il faut galérer des heures en auto pour s’y rendre. L’oscar de la commodité étant détenu depuis toujours par Vinisud où pour sortir du parking lors de la dernière édition il fallait conjuguer l’astuce d’un chauffeur de taxi romain et la mauvaise foi d’un conducteur parisien. Je suis mauvaise langue mais, même Vinexpo, qui se veut très prout-prout ma chère, a des parkings du niveau de ceux du père Leclerc à ses débuts.

 

Avant de pousser plus loin mon bouchon de blogueur courtisé je ne puis m’empêcher de vous livrer  la description de l’ambiance qui règne dans le « in » c’est-à-dire le salon officiel œuvre de la plume virtuose de Vincent Pousson qui vient de commettre une excellente chronique sur les « off » link C’est tout à fait ça, et le pire, ce sont les invitations à des soirées. Là, je ne vous dit pas, c’est l’abomination de la désolation. Ne parlons pas des colloques organisés pendant les salons ça tient du remplissage pour présidents désœuvrés. Plutôt que de continuer dans cette veine, et me faire encore de bons amis, je laisse la parole à l’arpenteur Pousson.

 

 « En même temps, puisqu'on en parle, moi, j'ai tendance à les comprendre toutes celles et tous ceux qui ne se sentent pas à l'aise dans les "in" avec leurs banderoles ringardes, leurs moquettes qui puent la combine et leurs slogans à deux balles. Rien de tel qu’une bonne déco syndicale pour transformer, d'un coup de baguette magique, le plus authentique des vignerons en vendeurs de voitures ou d'aspirateurs! Il est évident qu'avec un peu plus de liberté d'expression, un esprit moins « caserne », moins « kolkhoze » nombreux sont ceux qui y réfléchiraient à deux fois avant de faire bande à part. Je vais d'ailleurs vous raconter une anecdote qui remonte à quelques années. J'avais organisé, dans Vinisud, un rassemblement de stands pour les domaines et les coopés du cru La Livinière, un lieu un peu rock n' roll et évidemment, aidés par la foule et l'ambiance, on avait fait un peu de bruit. Eh bien, figurez-vous qu'un de nos voisins de salon, un brave homme, viticulteur de Saint-Georges d'Orques que nous avions empêché de dormir derrière son comptoir désert durant ces trois jours, était allé porter plainte pour tapage au commissariat de Vinisud! »

 

Donc, en vertu de cette jurisprudence, fort pertinente, après le dernier Vinexpo où j’ai soigneusement évité tous les pinces-fesses de châteaux et n’avoir goûté que les vrais plaisirs du off, je me suis dit : « mais qu’est-ce que tu fous dans ces allées, Taulier ? » T’es pas un acheteur, t’es même pas un gouteur, t’es donc un imposteur qui sert à gonfler les statistiques de fréquentation…Attention je ne crache ni dans la soupe, ni dans les bassines prévues à cet effet, je fais preuve, bien au contraire, que de réalisme. Les salons sont des lieux où des acheteurs viennent pour rencontrer en un lieu ramassé un maximum de vendeurs. Comme le dit mieux que moi le lettré Pousson  c’est la déclinaison de «  la fameuse règle des 3 unités qui fit le succès du théâtre classique et que Boileau résume ainsi dans L'art poétique: "Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli."  Ces 3 unités, je les rappelle de façon plus didactique pour ceux qui dormaient durant les cours de français

- Unité de temps, la pièce devait se dérouler dans un laps de temps réaliste, on va dire que pour un salon, deux ou trois jours, c'est parfait.

- Unité d'action, tous les évènements doivent avoir une cohérence entre eux, être liés, pour que l'on se disperse pas et que l'attention des spectateurs demeure intacte.     

- Unité de lieu, enfin, là encore pour qu'on se s'éparpille pas. »

 

Alors, moi qui ne suis qu’un blogueur, un petit chroniqueur qui n’ai rien à acheter ni à vendre d’ailleurs, en dehors d’aller serrer la main des Bons Vivants exposants, de draguer les vigneronnes, de se la jouer dégustateur patenté, je ne vois pas ce que j’irais faire au Salon d’Angers, à Vinisud ou même à Vinexpo… Dans le temps, je l’avoue, en arpentant les allées j’y faisais un peu de politique, au sens où j’adorais voir la tronche de mes principaux détracteurs, c’était jouissif. C’était le côté rapport B en chair et en os qui se payait la fiole des ronds de cuir syndicaux, des buveurs de discours et autres allocataires de CVO. Ce temps est révolu. Bien sûr, je ne dis pas que, si Michel Rémondat m’avait invité à une Table Ronde de Vitisphère sur journalistes et blogueurs, je ne me serais pas déplacé ou si une agence payée par une Interpro m’avait confié de trimballer une nichée de blogueuses spécialistes de l’accord mets-vins je n’aurais pas joué les Jacques Dutronc…

 

Vous allez me dire que cette chronique est superfétatoire car tout le monde se fout comme de sa première chemise de l’absence du Taulier à Vinisud. J’en conviens aisément mais si j’ai commis ce billet c’est la faute de Vincent Pousson qui m’a mis l’eau à la plume. Désolé !

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : les afterwork du taulier
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