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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 14:00

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Plus encore que tous les jours, en vacances, vive les petits livres et plus encore vive les petits livres intelligents ! Nos éditeurs en publient de plus en plus et c’est heureux. Comme vous vous en doutez j’en ai fait une abondante moisson pour ces mois où une partie de nos concitoyens va se mettre les pieds en éventail. Le petit livre est leste, il se glisse dans le sac de plage ou le sac à dos, s’en extrait avec facilité, peut se lire facilement sans effort musculaire en position couchée, accepte sans rechigner le page par page entre deux roupillons, en clair je le considère comme le compagnon idéal du bronze cul intelligent.


Rappelez-vous ces énormes best-sellers de l’été exhibés comme des grosses dindes hormonées par des petites dindes anorexiques ou des poules en voie de rotissement qui alternent cul en string et seins nus face au Dieu soleil. Les Apollons des plages ne sont pas en reste dans l’acquisition du ton caramel mais eux se contentent d’ouvrir l’Équipe ou Auto-moto  ou un brave polar. La lecture en plein cagnard est un exercice à haut risque car si on la pratique assis le dos au soleil les épaules en prennent pour leur grade et si c’est de face ce sont les genoux et les chevilles qui ramassent les coups de soleil. Lire couché demande un entraînement particulier : sur le dos bras tendus il est à parier que l’on ne tient que le temps d’un paragraphe ; sur le ventre ou sur le flanc peut apparaître plus pratique mais le tenue du livre ouvert et le tourné des pages exigent une grande dextérité.


Vous allez m’objecter que vous n’en avez rien à péter car l’amateur de vin ne saurait s’abaisser à aller se bronzer le cul et le reste sur une plage. Quant aux vignerons et vigneronnes c’est ailleurs, dans leurs vignes, que le soleil (pas beaucoup cette année) leur donne rendez-vous. J’en conviens aisément mais il n’en reste pas moins vrai que beaucoup d’adeptes de la poêle à  frire sont aussi des buveurs en puissance : se taper des heures en plein cagnard, même si on fait trempette, ça donne soif. De plus, avec le développement des tablettes le chroniqueur que je suis ne peux négliger cette nouvelle chalandise addict de l’écran qui passe son temps à pianoter, à lire ses mails ou à envoyer à ses copines ou ses copains des tweet sur l’état d’avancement de leur bronzage et bien sûr, grâce à l’IPhone reverso à se shooter pour faire baver les visages pâles restés dans leurs bureaux gris.


La tablette voilà le danger ! Aussi légère et maniable que le petit livre, elle risque de tout uniformiser, de tout lisser, même me faire regretter les gros best-sellers de l’été bodybuildés : que lit-elle, que lit-il ? Nous n’aurons plus face à nous que des lecteurs clonés, identiques, exhibant la même surface plane. Disparu le charme de la couverture, englouti les grands comme les petits, tous soumis à la dictature de l’uniformité. J’exagère me direz-vous, l’important c’est que les gens lisent à la plage ou ailleurs ! Certes, dans le lot il s’en trouvera sans doute quelques-uns pour pratiquer encore la lecture mais imaginez-vous un monde sans livre papier, ce serait une nouvelle ère glaciaire qui laisserait mal augurer de la convivialité qui nous est chère. Et alors, que deviendra le vin face à une population asservie à l’écran qui ne consommera plus que des images et sera persuadée que les relations sociales se limitent à liker sur Facebook et à ironiser sur Twitter.


Suis-je pour autant un réactionnaire ? Moi qui chronique sur la Toile je devrais me réjouir de ce que nos politiques qualifient d’égalité face au numérique. Bien sûr que je m’en réjouis mais je dis à tous ceux qui se lamentent de la disparition des librairies indépendantes, et ils sont nombreux dans le petit monde que je côtoie, si vous souhaitez qu’elles vivent : allez y acheter des livres ! Mais de grâce ne me rétorquez pas qu’au nom de l’instantanéité qui vous est chère il est plus simple que tout passe par le canal de votre écran. Pétitionner c’est bien mais faire c’est beaucoup mieux. Merci d’afficher votre différence, votre engagement en exhibant à la plage un petit livre intelligent ! Le taulier va vous y aider en leur faisant de la réclame : demain Les lois fondamentales de la stupidité humaine de Carlo M.Cipolla au PUF 7€

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans les afterwork du taulier
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commentaires

SERVANT Annie 04/08/2012 09:43


J'ai bien ri moi aussi avec votre billet : je vais mettre dans ma valise le petit livre de CM Cipolla. Je cours l'acheter et je vais le lire sous mon arbre avant l'apero avec un verre de BB blanc
de Berthicot à Duras, il est là mon arbre !


Annie


 

Vin de Presse 03/08/2012 19:09


Jacques votre billet m'a beaucoup amusé. Je me suis revue (non pas à la plage, je déteste la bronzette) mais en pique-nique sur l'herbe a essayer vainement de trouver une position confortable
pour lire. Je ne peux que partager votre vision de l'intérêt des livres sous format papier. Cette relation sensuelle avec le livre, son odeur, le grain du papier, la possibilité de griffoner,
souligner, écorner ne serait plus possible. Ce serait quelque part comme une dépossession de l'objet littéraire...


Bien à vous.


Sonia l'Auvergnate

Noiré 03/08/2012 19:07


Spomtueux

Nadine F.A. 03/08/2012 16:52


J'avais plutôt compris que le gros livre faisait partie du nécessaire pour la plage au même titre que le choix du maillot, c'est un tout qui fait sa place le bronzé. T'es plutôt Levy ou Muso?
bikini ou shorti? tongues ou crocks, etc...


D'ailleurs, comme le taulier l'a si joliment décrit la plage et la position couchée ne vont pas avec la lecture. Mais il y a tous ceux qui savent profiter des vacances pour lire, enfin, de
longues heures durant sous un arbre ou derrière les volets fermés à l'espagnolette. C'est aussi bon qu'un verre de vin blanc bien frais sur les coups de sept heures moins le quart. 15 minutes
avant l'heure officielle de l'apéro.

jean pierre Glorieux 03/08/2012 14:29


A l instant où me parvient cette chronique je viens d' entendre un entretien intelligent * relatif à l avenir du Livre par un défenseur du concept (danger Google !) dont le nom m échappe mais qui
vient de démissionner de son poste à haute responsabilité.......


 


 Non je n'irai pas à la plage, mais 2 opus me semblent adaptés à la situation décrite ci dessus:


 


1-Un "Almanach du Comté des Sables" par Aldo Léopold** (petite coll flammarion )


2 le Liseur de Bernard Schlink dont on a tiré (est- ce le terme ?) un film made in Usa -où personne ne prononce un mot en allemand-


Je ne citerai pas "Inconnu à cette adresse" que bien sûr tout le monde a lu......!!


*Sur France Inter par Caroline Fourest


** Un Américain précurseur de René Dumont


 


Ps: pas plus qu'un livre ,une tablette ne fait pas bon ménage entre la crème solaire tiède , les miettes de chocos et le sable !

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