Jeudi 5 juillet 2012
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Le jeu en vaut bien la chandelle comme le dit l’adage populaire : à propos du Vin et de l’environnement, plus précisément des pratiques culturales et de la
lutte contre les maladies de la vigne, mettre tout sur la table, les pratiques, les chiffres qui existent, sans exclusive, au lieu de s’en tenir à des constats parcellaires, tronqués, orientés ou
parfois de mauvaise foi. Surtout ne pas instruire des procès à charge contre qui que ce soit mais partir du constat des pratiques réelles des uns et des autres pour tenter de sortir des purs
affrontements stériles, de s’entendre, au sens de s’écouter, à défaut de s’entendre. L’objectif ne serait pas de déboucher sur un consensus, que je crois irréaliste, mais de sortir des idées
reçues, des à priori et de jeter les fondations d’une démarche porteuse de ce que j’ose qualifier de progrès même si ce mot s’est malheureusement dévalué.
Notre secteur a, sur le long terme, s’il veut vraiment que sa notion fétiche de terroir, que le lien entre celui-ci et l’authenticité du vin qui en est issu, puisse
trouver un réel contenu, à faire la démonstration qu’il est soucieux de son environnement, du devenir de la planète et des attentes de ses consommateurs. Le débat sur les valeurs, très en vogue
en ce moment dans la gente politique, pour un produit qui revendique hautement ses racines, sa culture, sa force de convivialité, son rôle de lubrifiant social, est pour nous de la plus haute
importance dans un monde où le mercanti est en train de les niveler. Si nous ne voulons pas que nos vins d’origine soient assimilés aux produits de masse, formatés, fabriqués à coup d’intrants
industriels comme les boissons concurrentes (lire demain ma chronique sur la composition des colas et des sodas) nous devons prendre le plus grand soin des conditions de production des raisins et
des modes d’élaboration des vins. L’enjeu n’est pas qu’éthique il est aussi économique. Le vivons heureux, vivons caché est une attitude sans avenir. Dire ce que l’on fait et faire ce que l’on
dit, sortir de l’ambigüité dans laquelle nous nous complaisons au nom de la défense du plus grand nombre n’est plus de saison.
En posant ainsi le problème, loin de rallumer les antagonismes, j’essaie de faire prendre conscience aux extrémistes des deux bords, qu’ils n’ont rien à perdre,
mais tout à gagner, en s’engageant sur la voie d’une confrontation sur terrain neutre afin que le seul gagnant soit l’avenir du vin dans nos sociétés. Je sais très bien que ce type de discours
fait très prêchi-prêcha, très cause toujours tu ne nous intéresse pas, qu’il va se heurter à l’ironie, voir au mépris aussi bien des grands mamamouchis de notre secteur que de celui des grands
prêtres d’en face, mais qui ne tente rien n’a rien. Depuis toujours je suis convaincu que le passage vers de nouvelles pratiques plus soucieuses de l’environnement ne pourra se réaliser que si le
monde du vin d’origine en revient à ce qui a fait sa force, son dynamisme par le passé : la volonté des femmes et des hommes du terrain de prendre leur destin en mains pour valoriser leur
travail. La force de la loi, les contraintes, les règlementations ne sont alors que la reconnaissance juridique d’un mouvement déjà lancé. Bien évidemment, je ne suis pas naïf, et je sais que ce
mouvement sera soumis à l’inertie qu’induit le poids des contraintes économiques et commerciales, mais pour autant s’en tenir à un statuquo frileux serait une erreur stratégique grave.
Je lance l’idée. Je suis prêt à contribuer au montage d’une telle rencontre mais à la condition que se constitue un comité de préfiguration dont la pied de cuve
pourrait être constitué par l’équipe de Geneviève Teil voir chronique sur le livre le Vin et l’environnement link Si tel est le cas je mettrai ce
qui me reste encore d’entregent au service de l’organisation de cette rencontre citoyenne. Je ne jette pas une bouteille à la mer mais j’en appelle à celles et ceux qui veulent sortir de
confrontations stériles pour le plus grand bénéfice de l’extension du domaine du vin : « un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de
brutes... »
À vous lire, entendre, chers lecteurs… Engagez-vous qu’ils disaient, engagez-vous !
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