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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 00:09

Au cul des bouteilles, plus élégamment au dos, sur ce qui fut la contre-étiquette qui fait maintenant souvent fonction d’étiquette nous sommes gratifiés, en plus des mentions obligatoires, de laïus sur ce qu’il faut manger avec. Je n’ironiserai pas sur l’indigence qui caractérise en général les notices car c’est, du fait de l’extrême diversité de nos mets, mission impossible. Entre les minimalistes : viande rouge, poisson, charcuterie, fromage à pâte cuite, gâteaux secs... et les postmodernes : émincé de bœuf de Kobé en portefeuille de pâte feuilletée à la farine bise d’épeautre de Cucuron sur une fine couche de rutabagas bio rôtis de chez Alain Passard enrubannés d’un buisson de pissenlit blanc cueilli au flanc du Fuji-Yama parsemé de fleurs de violettes du pays de Cocagne saupoudrés de piment d’Espelette broyé à la meule chez Antonin Iommi-Amunategui in Euzkadi  du nord... s’étend le vaste champ où sévissent les petits génies du marketing qui, tels des chienchiens à sa mémère, s’échinent à courir derrière le dernier produit tendance : tapas, sushis, mini-légumes...

 

Trop d’uniformité créé l’ennui et ainsi plus personne ne lit. Alors, après avoir lu un drôle de petit bouquin d’un auteur québécois Dany Laferrière « Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer » aux éditions Le Serpent à plumes – pour les oreilles « politically correct » je signale que ce livre, publié en 1985, au Québec est une satire féroce des stéréotypes et des clichés racistes – je me suis dit un matin au saut du lit me remémorant un passage – que vous pourrez lire ci-dessous – pourquoi ne pas, au dos de nos belles bouteilles, conseiller aux buveurs d’être aussi lecteurs. En clair, un accord vin&bouquin. Très souvent en notre petit Landerneau nous parlons de vin d’auteur alors pourquoi ne pas marier deux inspirations, deux sensibilités, deux approches du monde, deux imaginaires. Le vigneron et l’écrivain y trouveraient leur compte pour le plus grand bénéfice de l’extension du des domaines du vin et des bouquins. Dis-moi ce que tu lis et je te dirais qui tu es : bien plus que les gloses des « longs nez et des becs fins » sur les origines d’un vin la mention d’un petit bouquin au dos d’une étiquette contiendrait beaucoup plus d’indices sur le moi profond du vigneron.  photolaf.jpg

« Faut lire HEMINGWAY debout, Basho en marchant, Proust dans un bain, Cervantès à l’hôpital, Simenon dans le train (Canadian Pacific), Dante au paradis, Dosto en enfer, Miller dans un bar enfumé avec hot dogs, frites et coke... Je lisais Mishima avec une bouteille de vin bon marché au pied du lit, complètement épuisé, et une fille à côté, sous la douche (...)

La bouteille gît encore au pied du lit. Je bois une bonne rasade avant de sombrer de nouveau dans la plus douce somnolence. Le vin descend, onctueux, chaud, dans ma gorge. Pas mal pour un vin de mauvaise qualité. Je me sens mou et comblé ».

 

Au-delà de votre lieu favori pour lire tel ou tel auteur je vous propose un exercice des plus sérieux :

1 – vous choisissez un vin d’auteur : nom, âge, qualité du vin bien sûr (si vous êtes vigneron choisissez l’un de vos vins bien sûr)

2 – si vous n’êtes pas vigneron vous imaginez en lieu et place du vigneron le bouquin : nom, âge, qualité du bouquin bien sûr qui pourrait être associé à ce vin.

3 – si vous êtes le vigneron du vin  c’est plus simple.

4 – vous écrivez une petite notice à l’attention d’un buveur-lecteur

5 – vous la transcrivez dans la case prévue à cet effet à la rubrique commentaire

6 – si vous êtes timides vous pouvez utiliser la rubrique contact en bas du blog qui permet de me transmettre un texte sans que celui-ci apparaisse aux yeux de tous.

7 – si le jeu en vaut la chandelle je publie un florilège de vos accords vin&bouquin.

8 – pour motiver les ramiers j'offre une tournée à tous les contributeurs à la Contre-étiquette bien sûr !

 

Bonne journée à tous et à bientôt sur mes lignes avec vos lignes...

Chokolo-9190.JPG

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Luc Charlier 25/02/2011 18:13



Sam, je rebondis sur ton post comme la pluie de février sur mes plaies de taille - beau ça, non ? – pour préciser la notion de
« schiste », tant pour moi-même que pour certains des lecteurs de JB. [NB : Je n’ai aucune formation de géologue et si par hasard vous y trouvez des erreurs --> j’adore être
remis dans le droit chemin.] En effet, on entend très souvent parler de « vigne de schiste » et il s’agit en fait de terrains tellement différents, en surface et en
profondeur. Classiquement, on admet que les « roches » sont des assemblages de minéraux. On en distingue trois ou
quatre types principaux, suivant les auteurs :


1) Magmatiques : subdivisées en (i) effusives si la lave s’est refroidie à l’air libre et (ii) plutoniques si elle est restée
souterraine (2 km de profondeur). Elles sont le résultat d’une cristallisation.


2) Sédimentaires : constituée par un dépôt au fond des océans, au sommet des reliefs et plus généralement à la surface des
continents. Elle sont changeantes et ne constituent pas un ensemble d’espèces minérales en équilibre. Les archéologues les adorent pour cette raison.


3) Métamorphiques : c-à-d transformées, alors qu’elles sont déjà à l’état solide, par des gradients de pression et/ou de
température. Jusque là, tout le monde suit (et mes anciens élèves au CERIA aussi, dans les années ’80).


Les roches métamorphiques vont retenir toute notre attention maintenant, car elles montrent un clivage en feuilles ou lamelles, une
schistosité, nous y voilà ! On le voit à l’oeil nu et il peut inclure des minéraux reconnaissables, comme du mica par exemple. On parle de roches
cristallophyliennes. Un petit nombre de roches métamorphiques ne présentent pas cette schistosité et sont appelées cornéennes.


Après, tout se complique. On va surtout regarder le calibrage du grain de la schistosité, du plus grossier au plus fin, et son
type : le gneiss (ordre de grandeur = 1 cm) avec surtout des quartz et feldspaths, les micaschistes, les schistes (plus fins), les amphibolites et enfin les marbres (carbonatés) et
quartzites, ces deux derniers pouvant ne PAS présenter cette orientation caractéristique de leurs feuillets.


Pour moi, un flou commence déjà à s’installer dans cette description. On en reste là cette fois-ci et on abordera la formation des
schistes, et rien qu’eux, une autre fois. Vous ne trouvez pas cela chiant, la géologie ? En fait, moi j’aime bien.



Serge Anselme 25/02/2011 18:09



Boire un "Laouzil" de Thierry Navarre en lisant "Friterie Bar Brunetti" de


Pierre Autin-Grenier à l'ombre du tilleul, lorsque reviendra le printemps.



Sam 25/02/2011 10:27



@ Luc, bonjour,


Comme tu as fait main basse sur tout le gotha des schistes mondiaux, je me suis mis en quête des micro-vignobles,et celui de Michel Grisard à Cevins en Savoie, mérite le détour.


Pour faire plaisir à notre hébergeur vendéen, j'ai trouvé le vignoble de Mareuil-sur-Lay-Dissay, sur du schiste, avec sa Négrette.


@ +


Sam



Luc Charlier 24/02/2011 21:13



Merci du tuyau, Sam. C’est aussi à cela que sert un blog.


J’avoue un faible pour l’Alsace, y compris le sud du Haut-Rhin que les gens visitent moins. Quant j’étais moins impécunieux (j’avais un métier de rapport, avant), il m’arrivait de m’arrêter au-dessus de Thierenbach-Jungholtz, dans un
relais du silence sensationnel dont la patronne s’appelait Madame Munsch, cela ne s’invente pas. Mais je ne connais pas bien les pinots noirs alsaciens. J’en ai bu de sensationnels chez les
Humbrecht – mais tout ce que touchent Léonard ou Olivier, et avec eux le fantastique Elian da Ros jadis, est de l’or liquide pour moi – et parfois aussi chez Trimbach, un peu fort boisés parfois.
C’est sur que si le föhn s’en mêle, cela peut apporter beaucoup. Mes a priori, qui deviennent des certitudes en
vieillissant – dangereux, cela ! – me poussent aussi vers des pinots très mûrs. En fait, j’aime de moins en moins les rouges qui ne sont qu’une trame. On les dit « fins », je les
trouve maigres.



sam 24/02/2011 19:30



@ Luc,


Dans ta promenade sur les schistes, pour la beauté des paysages, tu pouvais aussi faire un détour par la vallée de Villé, 50 kms au sud de Strasbourg et nous faire découvrir une petite A.O.C. (50
ha) au village d'Albé, sur les schistes de Villé. Ici le maitre des lieu est le Pinot Noir, en raison de sa précocité, peut être par effet de föhn, à l'abri des Vosges, avec 5 lieux dits : le
Sommerbach, le Galgenrein, le Kirberg, le Steinberg et le Schumenberg.


Source Christian Barthel


Et autres sites assez peu connus, qui donnent de si bons Muscadet du coté de Vallet, sur les schistes de Goulaine, de Bréovériens et de St Georges.


A +


Sam



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