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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 09:39

Bordeaux, son métro, pardon son tram sans fil, je file jusqu’à la splendeur nocturne de la Place de la Bourse pour dîner chez Gabriel. Le gratin du Vino Bravo se pressait, y’avait même du Muscadet. Bien mangé, bien bu même un Virginie de Valandraud 2010, bravo Jean-Luc t’es dans les petits papiers du CIVB. L’heure du coucher a sonné car le lendemain il nous faut  sauter sur le QG des hygiénistes dans le  cadre de Vino Bravo. Cap sur le Mama Shelter, concept d’hôtel conçu par le couple Stark-Trigano dans le 20arrondissement de mon Paris, qui est à 2 pas. Lorsque je pointe mon nez dans le hall je tombe nez à nez avec une flopée de petites louves et de petits loups qui lichent des verres autour d’un immense bar au rythme d’un DJ. Ni une ni deux je récupère ma carte, monte déposer mon petit bagage et je redescends. C’est bon enfant le bobo  de Bordeaux, assez sage même et je me disais que si une colonie d’hygiénistes-prohibitionnistes débarquaient là, ce serait la panique dans le troupeau en vertu de leur principe : le premier verre d’aujourd’hui fait l’alcoolo de demain.


Mes hautes pensées furent interrompues par la très charmante Marie-Amélie Le Grix De la Salle qui venait tout juste de dîner en ce lieu  de débauche en compagnie d’un petit morceau de sa famille. Nous papotons. Le Mama  Shelter sert leur vin du château le grand Verdus link  et ça marche fort bien. Comme quoi même les jeunes bobos de Bordeaux boivent du bordeaux supérieur. Nous trinquons. Temps d’aller dormir. L’ascenseur est un véritable dictionnaire du vin.


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Samedi matin, je flemmarde, petit déjeune d’œufs brouillés et ce qui va avec. Direction la Bourse de Bordeaux où dans l’entrée je tombe nez à nez avec Dominique Babin haut directeur de la CCI que j’ai connu haut-fonctionnaire au temps où la Rocardie régnait sur la rue de Varenne et ses dépendances avec sa moustache à la colonel Thomson et sa cravate à la gloire des GCC. Les gars du Point et Audrey de Vin&Société ont mis les petits plats dans les grands. Je vais poser mes fesses sur une chaise et j’attends que l’opération Vino Bravo commence.


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Rassurez-vous je ne vais pas vous faire un condensé de la journée ça n’aurait pour vous pas beaucoup d’intérêt. En revanche je vais pousser, non un coup de gueule car je ne goûte guère ce type de braiement, mais un exorde à l’attention de tous les organisateurs de colloque et à ceux de Vino Bravo en particulier : feu sur tous les Power Point de la terre car c’est une vraie calamité. Les orateurs y sont accrochés telle la vérole sur le bas clergé et ça dure, ça dure, y passe leur temps à cliquer sur leur souris sans queue, à se retourner, à nous resservir in extenso les phrases qui s’affichent sur l’écran, c’est vraiment lassant. Pas possible de les faire accélérer scotchés qu’ils sont à leurs fameux « slides » qu’ils ont préparés dans leur salle à manger. Manque de  rythme, de spontanéité, ça ressemble à la fameuse cuisine réchauffée aux micro-ondes. Les orateurs déroulent sans se soucier de l’attention de l’auditoire, de son intérêt. En clair, c’est du cours magistral à la française du haut de la chaire peu adapté à un colloque où l’échange avec la salle devrait être privilégié.


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Attention, je n’affirme pas que le contenu de ces interventions PP fût de mauvaise qualité, bien au contraire c’était du lourd, parfois du trop lourd et dans le cas de l’économiste bordelais du plomb pas très au fait de la réalité. Du rythme, de la diversité, de l’humour, de la convivialité et là nous avons été gâté par deux intervenants bien dotés : Pierre Arditi, pertinent et impertinent, et l’acidulé Philippe Meyer qui a chanté et nous a fait chanter. L’ensemble des tables rondes, bien animées surtout par Jacques Dupont, furent d’un bon niveau et les sujets qui fâchent abordés  sans passion ni horions. Ce ne fut pas simple pour les organisateurs d’amener sur l’estrade ceux qui ne pensent pas comme nous et, pour ce simple fait, ils doivent en être remerciés. Entre la bataille de chiffonnier, l’empoignade virulente, confuse et de doctes échanges un peu ennuyeux, le chemin de crête est étroit. Bravo à Vino Bravo pour l’avoir emprunté !


Reste un point important : la maîtrise du temps !


Pas simple de faire respecter les contraintes du sablier à des intervenants tous persuadés que l’importance de leur message se mesure à sa longueur. Cependant, en tant qu’ancien locataire d’estrade j’estime qu’il faut dans ce domaine être bestial : le temps imparti doit être respecté pour deux raisons : le respect de l’auditoire et celui des autres intervenants, surtout les derniers de la liste qui se voient amputés de leur temps de paroles. Donc pas de débordements, donc pas de corsets type Power Point, vive le discours libre !


La démonstration de la supériorité de ce type d’intervention a été de nouveau vérifiée lors de Vino Bravo par 3 intervenants :


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1-      La virtuosité du grand intellectuel Michel Maffesoli, le sociologue de la post modernité (j’espère recevoir le contenu  de son intervention  que je publierai

« L’un de mes premiers livres, qui traitait de Dionysos, s’appelait Contribution à la sociologie de l’orgie ; or beaucoup ont confondu orgiasme et orgasme. De fait mon livre traitait des passions communes. La couverture représentait l’ombre de Dionysos qui planait sur les mégapoles modernes. Aujourd’hui 30 ans après, dans Homo eroticus, je continue cette analyse. » link 


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2-     La sincérité du « petit chose » Jean-Claude Berrouet devenu le vinificateur de Pétrus link 


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3-     L’émotion teintée de juste colèrede l’hommage à Olivier Ameisen par le Docteur Renaud de Beaurepaire link


Ceci était ma modeste contribution à l’opération Vino Bravo qui je l’espère aura une nouvelle édition l’année prochaine. Deux vœux :


-         Aller chercher un public plus large pour que nous ne soyons pas qu’entre nous gens du vin ;

-         Plus de Power Point !


J’ai repris le train pour Paris sans pouvoir assister à la conclusion de la journée vu que celle-ci avait un peu débordée de son verre…. Merci à Jacques Dupont et ses collègues du Point. Merci aussi à Audrey de Vin&Société pour la qualité de l'accueil et l'organisation impeccable. 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans les afterwork du taulier
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commentaires

Aredius 14/12/2013 15:32


Ah le Power Point ! qui dira les dégats qu'il fait dans l'université. Et maintenant il se répand dans le secondaire et même le primaire et les maternelles.


Excellent pour l'enseignant fumiste. J'ai vu de jeunes collègues universitaires (oui oui) préparer leur cours en quelques minutes : un ou deux clics, enfiler la clé USb et partir dans l'amphi. Et
le fumiste peut aussi être un NAC. Mais c'est excellent pour les étudiants qui pendant la projection jouent en réseau sur leur portable (merci la wifi dans les amphis). Et comme le "prof" ne se
déplace pas dans l'amphi, tout baigne.


J'ai suivi des cours et des conférences avec dans le public des universitaires britanniques. Ils fermaient les yeux et suivaient parfaitement. Leurs questions le prouvaient. 


Et nos politiques (conseils régionaux, conseils généraux... on s'y perd) continuent à gaspiller l'argent publique en alimentant le désastre pédagogique.

 

patrick axelroud 05/12/2013 06:37


Power Point,Power Point... je ne peux jamais m'empécher de penser aux invitations d'autrefois à visionner les photos de vacances d'amis qui "avait fait la Californie" et nous imposaient
d'interminables séances de projection de diapositives.

Patrick Baudouin 04/12/2013 11:10


lire : http://www.slate.fr/lien/28705/tyrannie-powerpoint sur http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_pensee_PowerPoint-9782707159533.html


Powerpoint m'a toujours exaspéré....

Arnaud 04/12/2013 10:51


Jacques,


A posteriori, et ayant moi-même abusé du powerpoint, je suis en phase avec toi.


On perd en fluidité, en adaptabilité et en contact. Si c'était à refaire, je m'en affranchirai. La leçon est retenue.


A bientôt.  

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