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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 00:09


Lorsque j’ai écrit, puis mis en ligne ma chronique humoristique sur la pseudo-guerre du Pinot noir entre le comté de Feenwick et l’oncle Sam (voir Dans les années 50 les Américains perdaient la grande bataille du Pinot Noir contre d’irréductibles européens ICI->) il n’y avait de ma part ni malice, ni volonté d’aborder par la bande «l’affaire dites des faux Pinot Noir». J’ignorais alors que les 11 prévenus étaient convoqués pour le 16 décembre devant le tribunal correctionnel de Carcassonne pour «tromperie sur la qualité» et pour «faux et usage de faux». J’ai découvert l’information en lisant le Midi Libre mardi dernier en prenant mon petit-déjeuner avant de me rendre à Millésime Bio. C’est l’ami Jean Clavel qui, par un commentaire sur ma chronique humoristique, a greffé le débat sur l’affaire. C’est la vie de l’Internet et, après tout, c’est bien ainsi

Prévenus, pas des coupables, la correspondante du Midi Libre Séverine Troucat, sans doute instruite par les débordements médiatiques antérieurs (voir ma chronique T’es coupable ton nom est dans le journal : à propos du faux pinot du Langue d’oc ICI-> ) , le rappelle fort justement « Toute personne est présumée innocente tant qu'elle n'a pas été condamnée par une juridiction de jugement. » De ma chronique je ne retire pas un seul mot. Je me cite.

«Écrire ce que j’écris ne préjuge en rien de la gravité des faits ni des responsabilités en cause.»

«Je plaide pour une administration sereine de la justice»

«La justice des hommes doit s'exercer loin des passions, de la foule versatile et surtout respecter ses propres règles en évitant de jeter en pâture des citoyens présumés innocents. C'est l'honneur et la grandeur des démocraties que de tenir bon face aux dérives d'une société avide de sensationnel confortée en cela par des médias violant le secret de l'instruction.»

Dans cette chronique je faisais référence à la « loi de Lynch ». William Lynch, juge de paix en Virginie, instaura des procès expéditifs menant à des exécutions sommaires. Pour ce faire il présidait la cour, recrutait les jurés et veillait à l’exécution. On n’est jamais si bien servi que par soi-même. La «loi de Lynch» se répandit dans les territoires de l’Ouest jusqu’à ce qu’à l’établissement et la consolidation de l’état de droit. Le lynchage, sous-produit de cette loi, désigne les exécutions sommaires par les foules excitées par des organisations de haine telles le Klux Klux Klan aux USA.

Nous sommes très loin de tout cela me direz-vous ? Les dérives du procès d’Outreau ne sont pas là pour me rassurer. Les « bonnes âmes », comme les mouches, ont changé d’âne sans se soucier d’avoir participé à leur manière à l’hallali.

C’est le commentaire d’une truite anonyme qui m’a poussé à écrire cette chronique car il illustre bien l’incapacité de certains à admettre jusqu’aux droits de la défense. Un avocat défend son client avec tout l'argumentaire qu'il juge utile à cet effet. Quand aux réquisitions du Procureur, au nom de l’État, elles sont fondées sur ce que requiert le code pénal en la matière et non sur l’émotion ou une vision morale. Nous ne sommes pas là dans le domaine du bien ou du mal. Alors écrire «ce que les avocats ont sorti en séance est un mépris total du consommateur, américain, européen et français. Les amendes proposées par le proc sont vraiment ridicules. Au regard de ce mépris. Au regard des sommes colossales qui ont été engrangées par ces entreprises avec cette fraude.» (J’ai corrigé les fautes d’orthographe) participe au climat malsain qui entoure l’exercice de la justice des hommes avant même que le jugement ne soit rendu.

Garder sa capacité d’indignation est une bonne chose mais il faut se garder des amalgames, des emballements, des réquisitoires sans preuve, des jugements sommaires, nous sommes tous faillibles, alors gardons-nous de nous draper dans des habits de Justice et de n’en brandir que le glaive en oubliant que sa balance n’est que celle des hommes qui la rendent, souvent bien imprécise et imparfaite, mais bien préférable à l’assouvissement des humeurs des foules anonymes si versatiles. Enfin, je signale à la truite anonyme que même si je suis un homme fidèle en amitié, je fais référence ici à Pierre et Alain, ma chronique d’aujourd’hui n’est motivée que par une conviction profonde : «l’état de droit » est le seul rempart à l’arbitraire et à la barbarie. Gardons-nous de le remettre en cause pour une simple affaire de «tromperie sur la qualité» et de «faux et usage de faux» où tous les grands dégustateurs n'ont pas été capables de détecter le goût d'un vrai Pinot Noir du Languedoc. y'en a-t-il un d'ailleurs ? Tromperie, certes, mais si dérisoire au regard de celles qui mettent en cause la santé des consommateurs. Bien évidemment, l'aspect économique ne m'a pas échappé et là les juges possèdent tous les éléments pour que la justice passe... en tenant compte comme l'a fait l'administration des douanes du contexte économique local...
 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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