Mercredi 22 août 2012 3 22 /08 /Août /2012 00:09

  

 

Nous vivons des temps de fractures, à la fracture numérique vient s’ajouter cet été la fracture climatique créée par les fantaisies de ce putain d’anticyclone des Açores. La France coupée en deux, le nord et le sud de la Loire, Paris sinistré, Paris mouillé, Paris déprimé, grisaille, averses, rafales, l’adoubement dégoulinant sur les Champs Elysée du PNR aurait-il détraqué définitivement le temps de l’épicentre de notre vieux pays ?  Pour autant je ne vais pas faire pleurer Margot la météo n’a d’importance que pour ceux qui ont le ciel vraiment au-dessus de leur tête et dont les récoltes en dépendent.  


Pour l’agriculture, la pluie a du bon. « Le mois de juin a permis de reconstituer les réserves en eau, de favoriser la pousse de l’herbe pour le bétail, et laisse espérer de bons rendements pour les céréales à grains", explique Christiane Lambert, première vice-présidente de la FNSEA. Mais les intempéries ont endommagé certains fruits: cerises de la Drôme, pommes du Limousin et d’Anjou… Face à l’humidité et aux risques de maladie, les agriculteurs risquent de recourir davantage aux fongicides. Et ils attendent le soleil pour récolter… « La moisson n’est belle que quand elle est dans le grenier. »


Le Monde a titré Le mildiou fait douter les vignerons bio de Bourgognelink 

 

UNE ANNÉE "COMPLIQUÉE"


« Pablo Chevrot, du Domaine Chevrot et fils, à Cheilly-lès-Maranges (Saône-et-Loire), en pleine terre des maranges et des santenay, parle d'une année « compliquée ». « Un certain nombre de collègues qui étaient en conversion bio abandonnent ou préfèrent retarder d'un an », explique l'agriculteur, âgé de 37 ans, qui gère le domaine de 17 hectares avec son frère et son père. « Le coût écologique risque d'être élevé. En intervenant beaucoup, on laboure et on abîme des terres déjà ravinées par la pluie. On doit écimer pour aérer la vigne et traiter plus. » Sans remettre en question son engagement bio, il admet que les produits de synthèse sont plus efficaces contre la maladie. « L'engagement bio nécessite des investissements et des sacrifices, explique Pablo. Il faut du matériel supplémentaire pour intervenir plusieurs fois afin de désherber. Avec du chimique, il suffit de pulvériser une fois. »


Plus au nord, à Magny-lès-Villers (Côte-d'Or), Claire Naudin, du domaine Henri Naudin-Ferrand, possède des vignes en bio et en conventionnel. Proposant notamment des hautes-côtes-de-beaune et hautes-côtes-de-nuits, la viticultrice est intervenue pour limiter les dégâts. Elle estime que ces mauvaises conditions climatiques lui ont permis de comparer les deux techniques. « J'ai utilisé du soufre et du cuivre en bio, du systémique et du pénétrant pour le conventionnel, et je ne vois pas de différences, fait-elle valoir. Certains aspects dans le biologique peuvent ne pas être très développement durable. » Exemple : en ne traitant pas les vignes avec des herbicides, on augmente le nombre de passages du tracteur pour désherber, et donc les émissions de CO2. »


Pas simple donc mais pour autant en tirer des conclusions définitives dans le style binaire : pour ou contre n’a aucun sens. Pour moi le bio n’est pas qu’un engagement, la transcription d’une quelconque foi, mais un choix qui s’inscrit dans la durée et mettre en avant, lors d’un pic de mauvaises conditions météo, ses faiblesses ne condamne pas pour autant la démarche, bien au contraire. L’important, et je l’ai souligné à plusieurs reprises, c’est de revenir à une agronomie, à des pratiques qui respectent les hommes, leur environnement et pour le vin son terroir. Qu’il faille dans le même temps adapter le matériel de culture à la nouvelle donne ne me semble pas hors de portée de l’intelligence des constructeurs. Le diesel devra bien à terme en agriculture comme ailleurs trouver des substituts. Tout cela à un coût bien sûr mais réincorporer de la valeur travail dans le prix du vin, en bannissant par exemples les herbicides, est une ardente obligation que le consommateur comprendra et même exigera.


Mais comme je suis aussi un peu léger sur les bords permettez-moi de vous livrer les résultats d’un sondage commandé par le 1er site de rencontres extraconjugales Gleeden.com a décidé d’observer les effets de ce phénomène sur la sexualité des français (Étude réalisée en ligne du 4 au 7 juillet 2012 sur un échantillon de 1501 personnes âgées de 30 à 55 ans.)


Oui, oui, ne vous frottez pas les yeux chers lecteurs. En ce moment je lis En cas de bonheur de David Foenkinos. Celui-ci note « La motivation de toutes nos avancées technologiques est l’adultère : on a créé Internet, on a créé le portable, on a créé les messages par téléphone uniquement pour que tous les couples puissent vivre avec facilité des vies parallèles. C’est bien fini le temps des poursuites pénales, la société s’organise gentiment pour la discrétion de notre jouissance (merci beaucoup) »


Nous vivons une période étrange mais bon va pour La météo, véritable baromètre du désir cet été


« L’étude met en évidence une forte corrélation entre la perception du temps qu’il fait et l’appétit sexuel de nos concitoyens : à la question «Pensez-vous que la météo ait une influence sur votre sexualité en été », près de 8 sondés sur 10 issus de l’ensemble des régions de France reconnaissent que le mercure peut aussi faire la pluie et le beau temps sur leur libido.


Plus il pleut, moins on fait l’amour


-         61% des personnes interrogées résidant dans les zones connaissant de fortes quantités de précipitations s’estiment victimes d’une double chute des températures et de leur envie de faire l’amour. Avec toutefois 57% chez les hommes pour 65% de personnes négativement affectées chez les femmes, l’enquête démontre que le mauvais temps est un facteur devant lequel les deux sexes ne sont pas tout à fait égaux, ces messieurs ayant une plus forte propension à maintenir une activité sexuelle tout en portant une «petite laine» inhabituelle en cette saison.

 

-         Top 5 des régions sexuellement en berne (Classement réalisé à partir des données géographiques des répondants à la question : « Quelle tonalité attribuez-vous à l’impact du climat actuel sur votre libido ? ») 

      

 1. Bretagne         69%

 2. Ile-de-France 62%

 3. Nord Pas-de-Calais 58%

 4. Pays de la Loire      41%

5. Poitou-Charentes    36%

 

« Avec 157 jours de soleil en moins enregistrés à Rennes*** par rapport aux normales saisonnières, ou encore 65 jours de pluie supplémentaires constatés à Paris (Source Météo France), il est d’ailleurs peu surprenant que la Bretagne et l’Ile de France caracolent en tête de ce classement des régions victimes d’une baisse de régime sexuel estival.

 

-         Top 3 des villes « refuges »

 

1. Cannes 66%

 2. Marseille 62%

 3. Montpellier 57%

 

« L’enquête révèle à contrario que les heureux vacanciers ayant décidés de poser leurs valises sous les villes baignées de soleil du sud et du sud est voient leur libido boostée. »

 

Autres infos en vrac :


« À défaut de balades au grand air, parents et grands-parents redécouvrent Monopoly ou Cluedo. En juin, La Grande Récré a vu ses ventes de jeux de société et de jeux créatifs croître de 3% et 12% (par rapport à juin 2011), quand les ventes de jeux de plein air plongeaient de 15%. Le cinéma, dont la fête (du 24 au 27 juin) a attiré 2,7millions de spectateurs (+ 43% par rapport à l’édition 2011), a vu ses entrées augmenter de 13% la semaine dernière, avec notamment The Amazing Spiderman. »


« Cette année, témoigne le docteur Wilthien, vice-président de MG France (premier syndicat des médecins généralistes en France), les gens ont des maladies qu’on voit plutôt en automne-hiver: beaucoup de rhinopharyngites, des angines, des gastros… Mais aussi des bronchites, des trachéites et des infections virales." Même constat dans les officines. À Paris, selon Andrée Ivaldi, présidente de la chambre syndicale départementale, les pharmaciens vendent moins de crèmes solaire mais plus de collutoires et de vitamines! Les cabines de bronzage, elles, ont vu leur fréquentation augmenter de 20% ces six dernières semaines. »


La société Metnext a analysé l’impact météo sur une centaine de produits vendus en grande surface. Résultats: les plats surgelés, qui figurent plutôt aux menus d’hiver, ont la cote (+ 19% par rapport à la normale de saison pour la première quinzaine de juillet). Même chose pour les infusions (+14%) ou les potages (+13%). Au contraire, produits solaires (-3%) ou glaces en bâton (-5%) sont à la peine.


« Les soldes ont bien démarré. Mais selon la fédération française du prêt-à-porter féminin, elles se sont assez vite essoufflées. En cause: le pouvoir d’achat et… la météo. Bermudas, shorts et autres tenues légères ont du mal à s’écouler. Les marchands de parapluies sont ravis. À Paris, les Parapluies Simon en vendent 50 à 100 par jour (20 à 30 les autres étés). Des petits futés viennent aussi de lancer une gamme TDM ("Temps de merde") sur Internet : 23 euros le parapluie! »


Et le VIN dans tout ça : silence radio nos interpros n’ayant pas les moyens de faire un sondage pour nous informer de l’influence de la météo  sur la consommation du vino ! Mais soyez rassuré le 30 août une délégation des professionnels du vin sera reçue au 78 rue de Varenne par le Ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll. À l’ordre du jour : l’aide au relogement. Tout un programme non, à la hauteur des ambitions de la maison France du Vin.

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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