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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 00:09

Qui, dans sa vie, n’a jamais servi les vêpres après le déjeuner, dans la touffeur de l’été, ne peut se targuer d’être un survivant  d’un temps englouti que beaucoup colorient en carte postale rose pâle.


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L’histoire de La Louve, portée à l’incandescence sous le soleil dur de la Sicile, contée par Giovanni Verga, me fait penser à ma Vendée, certes plus paisible, plus verte, où le péché de chair rodait sous les jupes des femmes. Les hommes, n’étant que les victimes des tentatrices.


Filles mère engrossées et abandonnées, bourgeoises à voilettes qui vont à la messe culbutées par leur palefrenier ou le journalier, incestes dans le secret des métairies…


« Elle ne faisait qu’une bouchée de leurs fils et de leurs maris, avec ses lèvres rouges, et rien qu’à les regarder de ses yeux de possédée, elle les traînait derrière ses jupes, eussent-ils été devant l’autel de Sainte Agrippine… »


La louve « elle était grande, maigre, mais avec des seins fermes et vigoureux de brune, - et cependant elle n’était plus jeune ; elle était pâle comme si elle avait toujours la malaria, et dans cette pâleur, deux grands yeux comme ça, et les lèvres fraîches qui vous mangeaient… »


Je ne vais pas vous conter l’histoire de la Louve qui « un jour… tomba amoureuse d’un beau garçon qui était revenu du service militaire, et qui fauchait le foin avec elle dans les prés du notaire ; mais vraiment ce qu’on appelle amoureuse, à sentir la chair qui vous brûle sous la futaine du corsage, à éprouver, en le fixant dans les yeux, la grande soif qu’on a aux heures chaudes de juin, en bas dans la plaine… »


« C’est toi que je veux ! Toi, qui est beau comme le soleil et doux comme le miel. Je te veux ! »


La Louve se rendait aux champs pour travailler avec les hommes, exactement comme un homme, sarclant, piochant, soignant les bêtes, taillant la vigne, que ce fût sous le vent grec ou sous la bise de janvier ou même en août avec le siroco, lorsque les mulets laissaient pendre leur tête, et que les hommes dormaient à plat ventre  derrière le mur, à  l’abri de la tramontane. Et, à l’heure entre les vêpres et nones, où la femme pure ne se promène pas, gna Pina* était la seule âme vivante que l’on voyait dans la campagne, sur les pierres brûlantes des chemins, parmi les chaumes calcinés, dans les champs immenses qui se perdaient dans la chaleur, au loin, très loin, vers l’Etna, brumeux, où le ciel s’appesantissait sur l’horizon… »


Je sens poindre chez vous une interrogation : pourquoi chroniquer sur cette Louve ?


Trois raisons :


-           La première  de très mauvaise foi : on y parle de la vigne ;


-          La seconde plus sérieuse : j’ai envie de vous donner envie de lire les nouvelles de Giovanni Varga.


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-          La dernière, essentielle pour moi, faire comprendre à certains que la dureté du temps n’est pas la caractéristique la plus marquante de notre monde occidental mondialisée…sauf pour les migrants… ceux que l’on accuse de venir profiter de l’abondance de nos assiettes…


* Prénom de la Louve

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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