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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 01:02
" Ecoutons les spécialistes qui décrivent le bouquet du vin en termes de fruits, de fleurs, plantes, matières minérales... Depuis  des millénaires qu'ils chantent le vin, ils n'ont pas trouvé de qualificatifs qui lui soient intrinsèques : tous les adjectifs font référence à des produits qui n'ont rien à voir avec le raisin ! Insistons : pour d'autres perceptions, nous avons des mots spécifiques - sucré, amer, salé, acide, pour le goût -, grave, aigu, sourd et autres pour le son -, rêche, lisse, mou, dur pour le toucher... Pour les arômes du vin, rien. "

Quand j'ai lu ça, je me suis dit : "oh, là là, là là..." y'en a des qui vont pas être contents qu'un physico-chimiste de l'INRA, un certain Hervé This, du laboratoire de chimie du Collège de France et j'en passe pour faire court, créateur de la gastronomie moléculaire (ouille, ouille, ouille...) aligne autant de gros mots sur leur fond de commerce et, comme j'ai l'esprit mal tourné, ça m'a rappelé le pauvre transfuge soviétique assaisonné par la CIA, à grandes lampées de LSD, que j'ai vu sur l'écran en plein air de Sagone (en VF sans sous-titres corses) dans le film de De Niro "Raisons d'Etat" qui, avant de se jeter par la fenêtre, dit à ses tortionnaires à propos de la menace soviétique : " vous savez bien que nos chars sont nazes, que nous manquons de pièces détachées... mais vous avez besoin de nous pour faire peur afin que votre complexe militaro-industriel continue de faire des affaires..." Comme d'habitude je pousse le bouchon un peu loin mais, comprenez-moi, pendant un mois sur l'Île de Beauté, la campagne de pub de l'interpro (très utile puisqu'en Corse on ne trouve que des vins corses) me disait que grâce aux nectars locaux j'allais aimer les bouchons ; plus sérieusement les mots du vin pour la dégustation ne me touchent pas, ils me gonflent, ils sont pauvres,  et surtout ils ne permettent pas de faire une lecture claire de ce qu'ils veulent décrire. C'est la bouteille à l'encre si je puis m'exprimer ainsi, en effet y'a ceux qui causent qui ne se comprennent même pas entre eux et ceux qui les entendent en opinant du chef pour ne pas passer pour de sombres ignares qui ne comprennent rien au sabir de ceux qui savent. Incommunicabilité quand tu nous tiens ! Pratique pour entretenir un fond de commerce pour gogo snob ou bobo smogg... Je repasse la parole au professeur This, car lui, au contraire de moi, c'est un monsieur sérieux qui s'appuie sur les 54 étudiants testés à la Faculté d'oenologie de Bordeaux (lire l'article cité en référence ci-dessous).

" Le fait est patent : la couleur d'un vin détermine son appréciation olfactive, et les gourmets sont sous le coup d'une l'illusion sensorielle : ils sentent le vin, font un acte conscient de détermination sensorielle (olfactive), et énoncent une perception en utilisant des descripteurs, mais la perception est déterminée par la couleur et non par la perception olfactive proprement dite. L'analyse de cette illusion conduit à d'autre examens, qui révèlent d'autres cas où la couleur influence la description verbale de la perception olfactive. Par exemple, les vins vieux, tuilés, ont généralement des arômes d'orange ou de marron, de fruits secs, et les vins rosés sont souvents décrits par des fruits roses (groseille, fraise...)
Pourquoi cette illusion ? "

Après réflexion, pour la réponse à cette question vous êtes priés de vous reporter à la page 31 de l'article Biais oenologique paru dans De la science aux fourneaux éditions Belin Pour la science, car c'est de la science. Ne ricanez pas, ne vous fachez pas, je ne suis pas en train d'affirmer qu'il n'y a pas de mots pour décrire ou écrire sur le vin. Loin de moi une telle ineptie, bien au contraire il suffit de lire le texte de Baudelaire que je vous ai proposé " Du vin et du Haschish " pour faire la démonstration inverse. Mais de grâce qu'on nous épargne le sabir des es-spécialistes, des critiques de tout poils : ils me font penser aux critiques musicaux, comme si leurs petits mots ou leurs mots boursouflés pouvaient traduire notre émotion. Le vin, la culture du vin, au sens de celle qu'on acquiert par la lecture, est une affaire personnelle, une affaire de temps, de curiosité, de goût au sens esthétique, ce n'est pas un truc prêt à consommer qu'on trouve dans les guides. Alors horizontale, verticale ou, pourquoi pas, longitudinale tous ces compte-rendus de dégustations me donnent le sentiment d'entendre des Précieuses Ridicules glosant sur les sonnets d'un éphèbe Trissotin boutonneux et pas encore déniaisé... 



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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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