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29 juin 2007 5 29 /06 /juin /2007 00:27

Lundi dernier, Canal+ diffusait un documentaire : "Mensonges" du réalisateur Juan Pittaluga. Beau sujet ! "Lorsque les gens disent qu'ils veulent la vérité, la transparence, ils mentent." affirme à juste raison un journaliste qui souligne, " le citoyen des sociétés modernes vit dans cette contradiction permanente et les politiques savent en tirer le meilleur parti.  " et, comme je l'ai souvent écrit, " d'un côté les électeurs disent exiger le parler vrai, dénoncent la langue de bois ; de l'autre, ils renvoient à leurs chères études les candidats trop honnêtes pour leur faire miroiter des promesses dont ils savent qu'elles seront sans lendemain." Contradiction normale puisque c'est dans la sphère privée que le mensonge s'épanouit avec le plus de facilité et de luxuriance. Mais comme la sphère publique est exposée à nos regards, nous sommes intransigeant avec le personnel politique. Celui-ci prête sans doute le flanc mais comme le déclare, Laurent Wauquiez, nouveau porte-parole du gouvernement, qui était le plus jeune député de la précédente Assemblée Nationale, " j'ai découvert rapidement que la politique n'était pas un domaine moral. Pourquoi les maires mis en examen sont-ils réélus triomphalement ? Si les politiques doivent faire un travail d'introspection, les citoyens en ont aussi le devoir." Pour Jean-François Khan, toujours aussi tranché dans ses opinions, assène : " il n'y aurait pas de société possible sans mensonge"

La transparence intégrale, la vérité de tous les instants pourraient bien vite nous conduire à la pire des sociétés totalitaires. Le mensonge comme le rire est bien le propre de l'homme. Enquêter sur le mensonge, les mensonges se heurte à la difficile césure entre les bons mensonges, ceux qui épargnent la vérité à ceux qui ne la supporterait pas "je n'ai jamais dit mon homosexualité à ma mère, confie Bertrand Delanoë parce que je n'avais pas envie de lui faire du mal" et les mauvais mensonges, pervers, parfois meurtriers. Toute appréciation globale sur le mensonge est difficile. Mentir est un art, un art dangeureux car le menteur s'expose à la découverte de la vérité. Les mensonges trop parfaits reviennent souvent en boomerang sur ceux qui les profèrent. La réalité n'a jamais la perfection du mensonge. Reste que les mensonges pour manipuler l'opinion publique ne sont jamais ni légitimes, ni moraux. Laissons à une philosophe, Françoise Dastur, le mot de la fin "je crois cependant qu'il y a une chose impossible, c'est de se mentir à soi-même. il me semble difficile d'être à la fois le trompeur et le trompé."

EXTRAIT du journal Le Monde du jeudi 24 octobre 2002 : Pierre Joxe a témoigné devant le juge en juin.

Ministre de l'intérieur de mai 1988 à janvier 1991, Pierre Joxe, aujourd'hui membre du Conseil Constitutionnel, a été interogé le 28 juin en qualité de témoin * par le juge Duchaine. " Comment expliquez-vous sue l'Etat ait pu consacrer plus de 440 millions de francs à la mesure[Nallet], alors que l'enveloppe prévue était de 185 millions ?" lui a demandé le magistrat." Les dépassements de crédits sont fréquents, a répondu M.Joxe. Ils sont votés annuellement, ils peuvent être reconduits d'année en année ou augmentés par décision budgétaires ou par transfert interne." Questionné sur le témoignage du directeur de cabinet au ministère de l'agriculture à cette époque, Jacques Berthomeau, pour qui le dossier avait été "piloté par Matignon(...) et copiloté par Pierre Joxe", il indiqué : " C'est exact que j'ai copiloté ce dossier, puisque, même si Rocard s'y intéressait beaucoup, il m'a délégué et soutenu dans l'élaboration du statut pour la Corse. M.Berthomeau, qui avait déclaré qu'il voyait " mal un préfet aller chercher ses ordres ailleurs qu'auprès de M.Joxe", s'est attiré cette réplique : " Si Berthomeau voit mal, je n'y peux rien."

*Joxe, Berthomeau, deux témoins ordinaires qui, avant de témoigner, jurent de dire la vérité et rien que la vérité. Le premier, avant d'être au Conseil Constitutionnel, était 1er Président de la Cour des Comptes, donc un expert de la chose budgétaire ; le second, une chiure de mouche, renvoyé dans ses petits 18 mètres, qui se voit conseiller de s'acheter une paire de lunettes (il n'en portait pas à l'époque) puisque l'expression de la vérité n'est qu'une question de point de vue... A noter que dans notre beau pays le secret de l'instruction n'est qu'un chiffon de papier. En l'espèce ça ne me dérange pas, même si certains pensent que le simple fait de se rendre comme témoin dans le cabinet d'un juge d'instruction est le premier pas pour je ne sais quel acte de procédure. Le témoin témoigne, point c'est tout. L'inculture civique est la mère de tous les amalgames, toutes les rumeurs, mais les chiens aboient la caravane passe...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

philippe.joly 29/06/2007 11:37

et tant de mensonges par omission...
bref, le chef a toujours raison... le n+1 sera toujours celui que l'on écoutera, d'autant plus s'il est le médiatique du coin...les compétences importent peu.
tant de ministres ont atteint leur niveau d'incompétence...
on entre avec son idée, on ressort avec celle du chef...surtout s'il aboie

thomas 29/06/2007 11:04

Il est possible que les instints des hommes ne les poussent pas à vouloir plus de démocratie. Mais fort heureusement c'est  l'intelligence qui fait évoluer les sociétés.

tchoo 29/06/2007 09:30

""Lorsque les gens disent qu'ils veulent la vérité, la transparence, ils mentent." affirme à juste raison un journaliste qui souligne,""la généralisation permet à certains de s'absoudre de toute culpabilité:ce sont les (é)lecteurs qui le veulent!!!!!!!!!!!!!!

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