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21 juin 2007 4 21 /06 /juin /2007 00:01

Quand les vignerons Chinon m'ont interpelé sur la toile : " hé gars ! veux-tu goûter notre rosé ? " j'en ai été tout bouleversifié. Moi, qu'en étais encore resté au vermillon de Jean Carmet j'me suis dit dans ma ptite ford'intérieur " c'est bien beau de causer à longueur de journée sur nos nectars, puisqu'on t'offre l'occasion d'en boire, pardon d'en déguster, t'aurais tort de t'en priver..." C'est fait, les bouteilles sont arrivées. Qui vais-je inviter ? Le grand blond avec une chaussure noire en souvenir du père Carmet avec son bonnet ? Ha ! fais-moi le cheval ? Bon, comme ce n'est pas du ciné je vais me contenter de faire un mâchon avec la nouvelle génération. Des gars et des filles qui seront l'avenir du Chinon. Bonne décision, un moment j'me suis dit : on devrait tuer le cochon au pti matin sur le balcon. Chez moi on m'a vite ramené à la raison : pour les rillettes et le saucisson ça sera plus simple de les acheter chez Couenon*

Le jour des élections on a donc lancé les invitations pour le pink Chinon. Passez donc un soir à la maison les mouflons pour une ptite dégustion. Ce sera sans chichi, à la fortune du pôt, mais ce n'est pas pour autant qu'on jouera du pipo pour le pti nouveau des vignerons de Chinon. Bon, on va faire ça comme si on savait pas. Bien, mais sans nous prendre le choux, ni causer chic, simplement comme de bons gars attablés autour d'un ballon de Chinon. N'empêche qu'on l'a mis en glace notre rosé de l'été. Pas glacé, rafraîchi, juste ce qu'il faut pour que, lorsqu'on le versera dans les verres, il les caresse sans les brusquer. Comme vous vous en doutez, les petits futés que nous sommes avons choisi le 21 juin, jour de l'été, pour publier notre papier sur ce jeune Chinon rosé. Allez, faut que j'arrête de blablater, le temps est venu de vous révéler nos impressions de dégustation.

Pour la robe on laisse la parole aux filles. Elles sont deux. Une belle couleur saumonée pour l'une, framboise pour l'autre. Nous les gars on lui trouve un air de Clairet. Du côté du nez, unanimité, notre rosé a du mal à libérer ses aromes. On va lui laisser un peu de temps. Alors on bavasse sur le résultat des élections. Cédric, toujours pressé, s'envoie sa première gorgée. Agréable en bouche, manque un peu de longueur, mais sur l'ensemble gouleyant. Tout le monde s'y colle. Les filles l'aiment. Elles le trouvent un peu puissant en attaque de bouche mais que son ampleur s'adoucit, se fond en des parfums de bonbons anglais. Moi, je prends des notes. Comme nous ne sommes pas des dégustateurs patentés, nous buvons. Les verres se vident. Bon signe, mais je ne vais pas me dérober à mes obligations. Ce rosé de Chinon est un peu adolescent, plein de promesses mais encore un petit peu trop dur. Il lui faut s'assouplir, se laisser aller à être un peu plus féminin, se donner des rondeurs et une once de légèreté. Pour autant, comme mes convives je lui trouve de belles qualités, de la tenue et, pour accompagner un repas il est un compagnon sympathique. L'important dans cette affaire, par delà le côté réducteur de la dégustation, qui n'est pas ma tasse de thé, c'est le plaisir que nous avons eu à boire ce Chinon rosé.

Confidence : je ne suis pas un bon dégustateur, ça me crispe, ça casse l'ambiance. Moi je suis un gus qui fonctionne au fealing. Le plaisir se ressent, il ne s'exprime pas au travers des mots ; ceux-ci sont soit trop rabougris ou tombent très facilement dans l'enflure. Allergique au vocabulaire utilisé trop fleuri ou inutilement technique mon tempérament me pousse à laisser à chacun son libre-arbitre. A trop enfermer le vin dans la tour d'ivoire des amateurs éclairés on l'isole de la vraie vie. Bon je radote mais ça me fait du bien de dire aux viticulteurs que l'important pour eux, bien plus que les notes des spécialistes, c'est qu'ils soient attentifs à nos envies. Dans un monde où l'on agite les peurs, où certains s'ingénient à nous enfermer dans des interdits, je persiste à croire et à défendre que le vin c'est la convialité, la fête. Merci donc aux vignerons de Chinon de nous avoir donné l'occasion de passer une bonne soirée. De bien boire ! Allez, bon vent et longue vie au rosé d'été de Chinon.  

Ce Chinon rosé 2006 provenait du Domaine de Beauséjour earl Gérard et David CHAUVEAU 37220 Panzoult. 13°  

* Couenon charcutier 30 rue Dauphine Paris 6 ème       

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

philippe joly 22/06/2007 14:27

pour moi, qui l'ai découvert en résidant sur place, j'aurais une tendance portée vers le marsannay rosé...
mais le chinon est bien tentant...
surtout décris comme cela! méthode de dégustation que je partage pleinement. je n'ai pas non plus de vocabulaire (sauf grossier quand le travail n'est pas bon) mais je sais adapter à mes sensations...
parfois au risque de déplaire à certains viticulteurs ...

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