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16 mai 2007 3 16 /05 /mai /2007 00:18

" Doux Jésus ! " aurait dit mémé Marie " mon pti gars faut pas dire ça... " Et pourtant, en ces temps où trop souvent le mot crise est dans toutes les bouches, crise de notre viticulture j'entends, dans les bulles c'est l'effervescence. Le 10 mai j'étais dans la Drôme - on m'invite encore - et l'on soulignait devant moi l'éclatante santé économique et commerciale de Jaillance, la coop de la Clairette de Die. Dans le monde entier ça pulse, et comme nous sommes avec 480-510 millions de cols, les leaders devant l'Allemagne 400-430 M de cols et l'Espagne 190-220 M de cols, il nous faut, derrière notre icône le Champagne, tenir notre rang. Nos chers amis ki koz la langue de Shakespeare disent eux Sparkling. Bon, je sais, on va me reprocher, de mélanger les torchons et les serviettes mais sous le générique effervescents on trouve les vins pétillants, les mousseux, les perlants, les crémants et, j'aurais du commencer par lui, le Champagne, le vin à bulles le plus prestigieux du monde. Quant aux méthodes d'élaboration elles sont elles aussi, d'une grande diversité : la champenoise dite traditionnelle pour les crémants et les AOC, l'ancestrale : fermentation naturelle, dioise, cuve close, continue ou méthode russe, gazéification...

Chez nous, derrière l'empereur champenois, les crémants d'Alsace, de Bordeaux, de Bourgogne, de Die, du Jura, de Limoux, de Loire, la Blanquette de Limoux, la Clairette de Die, le Cerdon du Bugey AOVDQS méthode ancestrale, le Gaillac mousseux méthode rurale... Comme d'hab nous faisons dans le genre Balkans, c'est tout notre charme disent certains, pour d'autres le côté auberge espagnole nuit à la recherche de notoriété de ces vins qui souffrent de l'ombre portée par le big Champagne avec ses marques dominatrices. Bref, notre peloton des outsiders vient de décider de s'unir sous la même bannière pour communiquer avec pour conseil l'agence de Muriel Nicolas : Opha. Moi ça me plaît cette approche par famille de produits. Quand je vois sur les murs de Paris la course désordonnée des vins rosés de tout poils, de toute origine : Provence, Bergerac, Tavel... qui se revendiquent les premiers, les meilleurs, les plus frais, les plus fruités ou je ne sais quel autre qualificatif, je me dis que l'argent des CVO serait mieux placé dans une vraie collective avec des déclinaisons régionales et d'entreprises. Le niveau d'impact d'une campagne est lié à son niveau de bruit et à sa répétivité. Tel n'est pas le cas des affichages météoritiques dont les contenus visuels et les messages changent en fonction des lubies des chargés de com et des agences de pub. Que voulez-vous ce qui fait vendre, déclenche un acte d'achat précis, c'est la publicité de marque.

Transition toute trouvée avec la campagne d'affichage, à Paris sur le mobilier Decaux, de Sieur d'Arques pour son produit historique : la Blanquette de Limoux. Je concède à mon ami Pierre que Blanquette c'est pas très fun, qu'on l'associe souvent à l'un de nos mets populaires roboratif en diable, qu'en un mot il faut se retrousser les manches - euphémisme hypocrite - pour convaincre la GD comme les cavistes de faire une place au produit sous ses nouveaux habits. Ils ont de l'allure et sur le visuel de la pub l'habillage de la bouteille de Bulles de Blanquette, le number one, la signature très discrète, sont très classe. On sort de l'univers, comment le dire sans froisser, produit de terroir régional, sympathique en diable, rugueux, pour entrer dans la légèreté des bulles de plaisir. La fille a du chien, elle est charmeuse, pétillante, compagne idéale pour la teufe. Bien, me direz-vous, on peut donc se permettre d'offrir à nos amis une bouteille de Bulles de Blanquette sans qu'ils ne pensent qu'on a des petits moyens ou qu'on est peu rat sur les bords. Oui mais, pourquoi première bulle du monde, n'est-ce pas se pousser un peu du col ? Pour répondre je sors mon Wikipédia qui, à la rubrique, histoire, écrit que la Blanquette de Limoux est considérée " comme le vin mousseux le plus ancien du monde, il fut cité en 1531 par les moines de l'abbaye bénédictine de Saint-Hilaire. Ce sont ces moines qui découvrent la transformation du vin blanc en effervescent..." Donc pas de prob, Dom Pérignon ne va pas en perdre son latin et nos Limouxins collent à la définition première de premier " qui est le plus ancien". C'est culotté et après tout la chance sourit aux audacieux.

Je m'en tiens là pour aujourd'hui. Sur ce thème je prèche dans le désert. Nous y reviendrons lorsque nous proposerons aux responsables des interprofessions d'unir leurs efforts pour ce que j'avais baptisé : assises de la convivialité. Grand pique-nique, grande table dans la ville pour que ces fichus urbains pressés retrouvent le goût du bien-vivre ensemble. Le vin étant le supplément d'âme, la note de gaité, ce qui délie les langues et donne du plaisir. Ensuite, dans la compétition du marché à chaque région, à chaque produit, à chaque entreprise de jouer ses atouts, de séduire, d'attirer des consommateurs, d'en créer. L'initiative commerciale de mes amis de Sieur d'Arques va dans le bon sens. Aux grands chefs de South of France de comprendre que 7 ans pour accoucher d'une petite souris ça n'est pas très raisonnable. Allez, je lève mon verre à l'avenir de Bulles de Blanquette...   

 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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