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10 avril 2007 2 10 /04 /avril /2007 00:07

Que lis-je ? J'en suis tout tourneboulé. " En 2050, on pourrait assister dans le Sud de la France à des vendanges début août. Et les Côtes du Rhône ressembleront peut-être à du Sidi Brahim..." C'est un gars de l'INRA, Bernard Seguin, qui le dit, donc un gus tout ce qu'il y a de sérieux. Y dit aussi que l'étude de la date des vendanges est un outil précieux de l'évolution climatique : " une variation d'un degré par rapport à la normale entre mai et août entraîne une variation de 10 jours de la date des vendanges " souligne Valérie Daux, du labo des sciences du climat et de l'environnement. Pour enfoncer le clou et river le bec aux sceptiques, notre gars de l'INRA de Dijon nous met sous le nez que l'étude du seul XXème siècle est sans appel " Vers 1945, les vendanges à Châteauneuf-du-Pape intervenaient début octobre. Aujourd'hui, c'est début septembre." Par bonheur, il n'ajoute pas que ce divin nectar, mis en bouteille dans deux bouteilles écussonnées par la grâce d'un maire au nom prédestiné, ne va pas ressembler aux Vieux Papes. Je fais du mauvais esprit mais ceux qui me connaissent à Châteauneuf savent bien que j'ai bon fond et que je suis le père fondateur d'un zinzin d'agrément en commun.

Tous ces sujets d'importance un colloque, à l'Université de Dijon, du 28 au 30 mars, vient de les aborder. Mais, me direz-vous, qu'y pouvons-nous ? Le réchauffement climatique semble être un phénomène inéluctable, il faudra comme toujours nous adapter. En clair, faire avec un cépage Syrah, qui n'est actuellement présent que dans le Sud de l'Europe, cultivé en Champagne. C'est une image bien sûr mais la limite septentrionale de la culture remonterait vers la Scandinavie. N'étant pas un scientifique je n'ai, bien sûr, aucune expertise sur le sujet mais, il me semble, que notre beau secteur, au travers de la Recherche et des Instituts techniques pourraient pousser les feux - si je puis m'exprimer ainsi - pour que nous anticipions pour nous adapter en temps et en heure. De même, nous les gens du vin pourrions être un peu plus présents, plus déterminants dans la mise en oeuvre d'une viticulture durable plus soucieuse de ses effets sur l'environnement. Encore des contraintes me direz-vous ? Pas forcément si nous amorçons le virage dès maintenant au lieu de le faire lorsque nous y seront contraints par les évènements.

Je profite de cette tribune pour souligner que, par-delà les différences et les antagonismes régionaux, les petites guerres interprofessionnelles, les prés carrés des grands et petits chefs, le secteur du vin devrait faire cause commune, et mobiliser des moyens financiers importants,  sur trois grands sujets qui conditionnent son avenir :
- la place du vin dans nos sociétés modernes : un Vin et Société qui soit vraiment dans son temps ; 
- la recherche pour une viticulture durable plus soucieuse de son environnement par la définition d'objectifs à dix ans ; 
- l'adaptation des structures commerciales à la nouvelle donne mondiale avec la création d'un Fonds d'Investissement Professionnel
En clair, une caisse commune pour un vrai lobbying, une réelle orientation de la recherche et du développement, un financement des nécessaires restructurations industrielles et familiales. Nous passerions ainsi du bricolage amateur à un statut de profession majeure. J'y travaille.  
 

  

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Yves d\\\'Amécourt 16/04/2007 09:59

J\\\'y travail aussi...Comment rejoindre votre groupe de réflexion ?

Jean-Michel maron 12/04/2007 19:12


Monsieur,
Je pense que vous ignorez que nous travaillons depuis pas mal de temps sur l'agriculture durable.
Parmi nos actions plus ou moins récentes :
- Mise en place d'un accompagnement pour tous ceux qui le souhaitent vers le label Terra Vitis d'agriculture raisonnée (plusieurs années)
- Diagnostic d'un chai pour la mise en place de traitement des effluents vinicoles et plus récemment viticoles (plusieurs années).
- Organisation de journées d'informations Phytomieux pour une meilleure utilisation des produits phyto et des pulvérisateurs (plusieurs années).
- Participation au programme de prévision des risques de maladie de la vigne en fonction des données météo avec système d'avertissement agricole (plusieurs années).
- Etude sur la valorisation de la biomasse en particulier pour le compostage des sarments (plusieurs années)
- Diagnostics énergétiques des exploitations vinicoles en collaboration avec l'Ademe (plus récemment)
- Soutien technique aux projets "énergie renouvelable" (Chaudières à sarments, Energie Solaire) en collaboration avec l'Ademe, la Chambre Régionale d'Agriculture, la FDCUMA, le cabinet Solagro.
(A ce titre je me propose de vous envoyer gratuitement un diaporama montrant la phase de ramassage des ballots de sarments pour broyage en plaquettes qui serviront à alimenter une chaudière bois en automatique)
Et je pense que j'en oublie.
Il est très facile, Monsieur Berthomeau, de taper sur les "organismes professionnels sous perfusion de cotisations professionnelles", mais je dois vous dire deux choses importantes :
- Ces organismes sont dirigés par des professionnels, c'est à eux de donner l'impulsion vers une agriculture durable et à faire connaître les actions déjà entreprises (Qui connaît Terra Vitis par exemple ?).
- Nous sommes des techniciens prêts et compétents pour relever le défi d'une agriculture moins polluante et moins énergétivore si on nous en donne les moyens.
Je me permets également de vous signaler que lorsque j'ai consulté votre site, il y avait une publicité sur les voyages en avion à bas prix, grands pollueurs avérés quand même.
Je vous suggère donc de mieux sélectionner vos annonceurs (question de cohérence environnementale).
Bien cordialement,

Jean-Michel MARONChambre d'Agriculture Service Vigne et VinTél : 05 56 35 00 00Télécopie : 05 56 35 58 78Mél : jm.maron@gironde.chambagri.fr

-----------------------------------------------------
Venez visiter nos sites :
www.matevi-france.com

(une banque de données matériels, des résultats d'expérimentation)

www.gironde.chambagri.fr

François Gugenheim 11/04/2007 11:09

Le 10 avril, vous concluez votre chronique en invitant les intervenants de la filière vitivinicole de cesser  "les petites guerres interprofessionnelles ...  le secteur du vin devrait faire cause commune .... sur trois grands sujets qui conditionnent son avenir ... Nous passerions ainsi du bricolage amateur à un statut de profession majeure".
C'est vrai, la filière vitivinicole française est en quête d'un nouveau souffle. Elle témoigne aujourd'hui d'un mal à l'aise face à un monde en voie de globalisation accélérée. Certes, il faut défendre notre identité, mais également prôner une forme de rupture avec le passé. Le malaise est prégnant.
Justement, n'est ce pas là une des missions de l'Association Vin & Société de mobiliser l'ensemble des acteurs et prescripteurs de la filière. N' a-t elle pas souhaité interpeller les candidats à la magistrature suprème? 
Il serait intéressant d'entendre votre "écho" lors d'une prochaine chronique.

Tchyy 10/04/2007 14:02

"Mais, me direz-vous, qu'y pouvons-nous ? Le réchauffement climatique semble être un phénomène inéluctable, il faudra comme toujours nous adapter."
Avez-vous entendu parler de limitation des gaz à effet de serre ? Vous qui roulez à vélo et non en FreeLander ou en M5, vous êtes pourtant bien placé... 
Nous pouvons aisément limiter nos émissions et par là même le réchauffement climatique. Cessons donc ce jeu du "Sophisme de l'Inéluctable" qui ressemble un peu à "je délocalise, c'est inéluctable, il faut t'adapter" ou à "tu bois du vin donc tu es un dangereux alcoolique" ou encore à "vous ne vendez pas votre vin, il faut donc arracher toute la vigne en Languedoc"...
Allons Monsieur Berthomeau, nous vous avons connu moins fataliste ! Un peu de joie de vivre !
http://www.ladecroissance.net/

JACQUES BERTHOMEAU 10/04/2007 14:20

Ah ! que j'aime cette ferveur alter mais je persiste et je signe le réchauffement climatique est inéluctable comme un train lancé à grande vitesse, ce qui est en cause c'est son intensité, donc bien sûr toute action le freinant. Bien sûr rien n'est inéluctable sauf que les hommes sont ce qu'ils sont et que l'adaptation ne signifie pas se caler sur le moins disant. Je suis un pessimiste actif et les exemples cités me renforce dans ce combat où il faut avoir l'humilité de préconiser le possible, l'autre discours fait plaisir mais ne débouche sur l'immobilisme. Je crois être plus joyeux de vivre que tous les alter à la triste figure qui joue des peurs des hommes...

Laetitia 10/04/2007 13:51

Tu y travailles ! J'en suis d'autant plus ravie que moi aussi j'y travaille. Certes pas de la même manière, pas exactement selon les 3 grands chantiers que tu définis, mais ça se ressemble fort.
En outre, je suis certaine que parmi tes lecteurs (et les autres) bon nombre d'autres y travaillent dans leur coin. Alors c'est un peu comme le picnicdemonik : plus tu en dis, plus on échange et plus on se mobilise de manière cohérente.
Le buzz, Papy, le buzzzzz !

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