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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 00:11

Dans une chronique du journal Le Monde du jeudi 1er février, Ecofrictions, la journaliste Laetitia Clavreul, écrit que selon l'étude ISWR/Vinexpo " d'ici trois ans, les USA passeraient premier consommateur mondial, devant la France, et les échanges commerciaux progresseraient de 15 %. Pour en profiter, la France devra inverser la tendance : de 2001 à 2005, elle est la seule à avoir vu ses exportations baisser - de 12,4 % - quand l'Espagne gagnait 40 % ou l'Australie 64 %.
Comment ? En se battant " à armes égales " avec les vins du Nouveau Monde, bien plus compétitifs, répondent les responsables français. Autrement dit, en copiant les méthodes qui ont fait leur succès... " 

Manichéisme à la française, absence d'analyse sérieuse des éléments de la compétitivité, on réduit la percée des vins dit du Nouveau Monde à des méthodes originales qu'ils nous suffiraient de copier pour regagner des parts de marché. Permettez-moi de m'insurger face à un tel simplisme. Les méthodes n'ont rien d'originales, elles sont celles appliquées dans l'agro-alimentaire par Danone, Bongrain, Bonduelle et consorts. On peut le regretter mais le challenge mondial, pour ce type de vins, se situe à ce niveau et pas seulement dans la mise en oeuvre de copeaux ou la mise en place administrative de Vignobles de France. A-t-on oublié que si nous en sommes arrivés là c'est que nous avons refusé de gérer les vins d'en bas du plus grand vignoble généraliste du monde ? Haro sur la quantité produite à l'ha, le salut ne viendra que par les petits rendements, tout le monde sous la même toise et la viticulture nationale triomphera. Et les viticulteurs vivent eux de l'air du temps sans doute. 

C'est d'une stupidité confondante. C'est surtout le refus d'appliquer, comme le font si bien les Champenois, avec leur kilo de raisin, un process industriel à la ressource. De la rigueur, du raisin adapté au type de vin souhaité par le concepteur de la marque. Ce n'est pas du cousu main, mais du prêt-à-porter de qualité. Ce que le plus grand nombre achète en acceptant de payer un prix qui permet de conforter la marque. Bien sûr ça fait pleurer de rire les bobos de tout poils que des mecs ou des nanas achètent de l'Hugo Boss ou du Max Mara alors qu'eux y zont leurs petits créateurs qui leurs mitonnent des trucs payés au prix du caviar mais qu'on ne voit pas sur le cul de tout le monde. Moi aussi je préfèrerais rouler en Bugatti que dans une Renault assemblée en Slovénie. Mais me dira-t-on le vin n'est pas... Ok, d'accord, alors tirons le rideau de beaucoup de coop et allons nous plaindre ailleurs. De toute façon ce sera de la faute de l'ultralibéralisme de Bruxelles qui ne nous comprends pas nous les français qui savons tout et sommes les lumières qui éclairent un monde peuplé d'obscurantistes.


Bref, ce dont a besoin le Vignoble de France c'est d'entrer dans une nouvelle ère, d'imaginer de nouvelles relations entre ceux qui détiennent la ressource et ceux qui la vendent. L'espace de liberté ce n'est ni l'économie de cueillette de type Languedocien, ni la mise sous intégration de type poulet breton, mais la construction d'un corps de règles simples : ce pourrait-être une marque privée appartenant aux grands metteurs en marché, ceux qui exportent - car n'oublions pas la finalité de cette nouvelle donne : créer des marques mondiales en dégageant de la valeur pour les faire vivre - qui garantirait aux acheteurs que ce nouveau produit est à la hauteur des ambitions affichées par ses promoteurs. Sans cette rigueur à l'australienne sur la ressource, sa valorisation, le gagnant-gagnant producteurs-faiseurs de marque, tout ce qui est présenté comme du copiage pour gagner débouchera sur notre mise hors-jeu. 


Assez de déclarations présidentielles pour ou contre, de réflexions désabusées de type Robert Skalli ou de bourrage de mou de soi-disant marketeurs géniaux qui inventent le fil à couper le beurre mais tendent surtout leur sébille pour recueillir des picaillons. Au boulot les mecs ! La réussite champenoise ne s'est pas bâtie en un jour. C'est au pied du mur qu'on juge le maçon dit l'adage populaire. Moi qui ne suis qu'un soi-disant architecte demi-solde, rien qu'un plumitif qui noircit des écrans, j'attends avec grand intérêt le passage à l'acte...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Arnaud 08/02/2007 19:56

il faut faire du business, c'est tout... et plus de l'agriculture vivrière.

Laetitia 05/02/2007 15:01

(Re)Aaaaaahhhhhhhhh !
Effectivement, comme l'ont souligné mes prédecesseurs, je trouve que ça te fait le plus grand bien de lire les écofrictions du Quotidien Vespéral des Marchés. Et par effet rebond, tu nous en vois ravis !

TCHOO 05/02/2007 10:21

Analogie avec le Champagne, judicieuse: approche "industrielle" de la production, forte idendité de la marque CHAMPAGNE et gestion stricte des quantités produitent en fonction des marchés.....Yapluqua!c'est ce qui semble le plus difficile, vaincre "l'amorphisme" de la filière!

pphilippe 05/02/2007 09:36

AAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !ça fait du bien, je sais pas si ça sert à grand-chose ? mais ça fait du bienmercipphil

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