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4 décembre 2006 1 04 /12 /décembre /2006 00:04

Chers lecteurs, je n'abandonne pas, comme certains on crut le lire, je continue différemment(lire le texte qui suit), en élargissant mon angle de vision, sans me restreindre au seul combat du vin, et bien sûr je reste disponible pour ceux d'entre vous qui voudront contribuer à faire des Assises de la convivialité, l'évènement des amoureux du vin. Encore faudrait-il que vous m'aidiez à élargir le cercle : par exemple en diffusant l'adresse de ce blog, ou en me faisant parvenir des adresses e-mail, ce que peu d'entre vous on fait... 


Quelques coups de pagaie et je m'aperçus que nous allions donner droit sur un vaste entonnoir, creux d'un bon mètre en son centre. J'eus une seconde d'hésitation : barrer à droite, à gauche ? Ma tête me dit de barrer à droite, pour écarter la pointe de cette cible où nous allions nous planter.


Mais c'était aussi offrir le flanc à la force d'attraction croissante, qui nous happa par le travers. Toutes les têtes se tournèrent vers moi. J'allais perdre le contrôle de l'embarcation et nous basculerions inexorablement au fond de l'entonnoir dans un tête-à-queue.


La voix du capitaine lança un ordre bref, cinglant, courroucé, et ma pagaie se redressa, visant le tourbillon ; nous l'effleurâmes de la pointe et il nous lança au loin comme une flèche en tangente, de toute sa force devenue centrifuge
.
C'était cela qu'il fallait faire, aller dans le sens du danger, le toucher du bout du doigt de telle façon que sa force elle-même nous rejette après nous avoir attirés.


Eussé-je écouté le corps de la pirogue, accepté spontanément que mon propre corps en fût partie intégrante, je n'aurais pas fait cette faute. Au lieu de quoi, placé dans une situation nouvelle, je m'étais précipatemment réfugié dans ma tête close, et ses raisonnements abstraits, et nous avions failli naufrager. Six mois à l'école des Indiens n'avaient donc pas suffi : j'étais encore indécrottablement rationnel, prétentieux, timoré et avare dans ce dedans de ma tête de Blanc qui croit détenir le pouvoir de commander au mouvement en s'opposant à lui, au lieu d'aller avec lui, de se fondre en lui, d'abord, et d'obéir ensuite à ce que décide le corps.
 

Extrait de La Transversale d'Alain Gheerbrant Babel n°320

en Amazonie le titre de cette rubrique : los Racionales y los Pelados

 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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