Vendredi 10 novembre 2006
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La création de valeur est le concept à la mode avancé par les prédateurs lors d'une OPA inamicale pour
séduire les actionnaires de la proie et emporter le contrôle du capital. Ainsi, en dépit de sa compétence reconnue et de sa communication tout azymut, Guy Dollé le PDG d'Arcelor, a été prié
d'aller jouer ailleurs et les Indiens qu'il avait pris de haut se sont retrouvés aux commandes.
Le " groupe vin de France " depuis l'an 2000, à l'exception trompeuse de 2004, se caractérise par le concept de destruction de valeur. On peut en effet constater, qu'à potentiel constant, au cours de cette période, la valeur de la production s'est situé en moyenne à 500
millions d'euros au-dessous du chiffre d'affaires lui permettant de générer de la valeur. Il ne faut donc pas s'étonner que la moyenne du résultat par actif, déflatée par l'indice su prix du PIB,
a été en chute libre de façon constante en atteignant des pourcentages à deux chiffres en 2002-2003 : - 25,2% et - 36,5% en 2004-2005 pour les vins d'AOC. La conclusion du rapport
annuel d'activité 2005 de Viniflhor est sans appel " Avec un résultat agricole en chute - 36,5% le secteur viticole se retrouve à 50% au-dessous de son niveau des
années 1998-1999."
Dans tout autre secteur la conjonction de volumes abondants et de qualité avec une baisse des prix à la production devrait
permettre sur les marchés extérieurs une reconquête des parts de marché perdues. Ce phénomène, même si on peut le constater sur certaines destinations, n'a pas - faute d'une force commerciale
suffisante et de rigidités savamment entretenues par les tenants de l'immobilisme - pris une ampleur suffisante pour freiner l'érosion de la valeur. Sur notre marché domestique, où
l'inélasticité de la demande est telle, la chute des prix n'apporte aucun consommateur supplémentaire et surtout continue à dévaloriser l'image du produit. On peut continuer à gloser sur
les efforts de promotion, l'éducation ou sur les ennemis du vin, le galvaudage de la valeur à des effets bien plus ravageurs.
Que faire, me direz-vous ? Sortir du tête à tête classique de l'économie de cueillette, destructrice de valeur, où à moyen terme tout le
monde est perdant y compris ceux qui conjoncturellement empochent des marges. Comment voulez-vous bâtir des marques sur un tel système fondé sur le perdant-perdant ? Qui peut penser que
la France du vin puisse retrouver de la vitalité en détruisant de la valeur dans le coeur de son propre marché ? Seuls les démagogues traditionnels, qui n'ont jamais vendu une bouteille de
vin, en tirereront parti en pointant le doigt sur les habituels boucs émissaires. Le temps perdu ne se rattrappe jamais dit le bon sens populaire mais de grâce que le syndicat des bras
croisés et des verbeux ait la décence de s'auto-dissoudre et de laisser les vrais opérateurs se mettre en position d'enclencher le cercle vertueux de la valeur...
Par JACQUES BERTHOMEAU
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Publié dans : berthomeau
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