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25 octobre 2006 3 25 /10 /octobre /2006 00:06

Comme je ne suis pas sectaire, même si moi je suis tricard chez eux, ce matin je vous communique la position de la Confédération Paysanne dans le débat sur la réforme proposée par la Commission Européenne. Je verse cette pièce au débat, sans commentaire, pour que vous puissiez en faire ou vous faire une opinion. Ce document est signé par Jean-Damien Terreaux permanent de cette organisation. Je l'ai trouvé sur un autre blog " Génération Vin " d'où les remerciements initiaux qui, vous le comprendrez facilement vu mon statut, ne me sont pas adressés.

" Merci d'avoir parlé de la campagne contre les naufrageurs du vin. Mais je crois que vous faites erreur. Nous n'avons pas fait le choix d'en rester à la dénonciation de l'usage des copeaux de bois. Les enjeux sont malheureusement beaucoup plus grands que cela...

Depuis la fin des années 80, le secteur subit une forte restructuration, suite à la recherche, par les multinationales des alcools, de nouvelles voies de croissance. Le marché européen, qui représente la majeure partie de la consommation mondiale est évidemment le premier visé.

La Commission européenne en proposant en juin dernier le démantèlement des dispositifs de régulation des marchés et la libéralisation des contraintes oenologiques, a fait le choix d'une conception industrielle du vin. Les promoteurs de cette conception veulent pouvoir mobiliser sans contraintes les progrès techniques et l'usage de produits de synthèse pour "arranger" le vin et en réduire les coûts de production, tout en bénéficiant d'une grande liberté commerciale. Bientôt, on pourra aromatiser le vin, lui enlever de l'alcool, lui rajouter du glycérol, fermenter en Europe des moûts concentrés d'Argentine, importer des jus de raisin pour fabriquer des "vins" suédois, mais aussi planter de la vigne n'importe où en Europe, sans contraintes, après avoir arraché une partie du vignoble! Les villages, les terroirs, les paysages, l'histoire, la culture, les femmes et les hommes des vignobles, les savoirs accumulés, le partage de la surprise des nouveaux millésimes, les subtiles distinctions des tours de mains ou des origines, les milles et un cépages de France, les cinq mille variétés du monde, toute cette richesse doit-elle disparaître pour faire place à l'uniformité et à la reproductibilité ? Il s'agit aussi d'effacer le producteur de la mémoire du vin, pour laisser le champ libre à un produit défini selon les standards agroalimentaires.
Cette "nouvelle" conception de la viticulture se développe grâce à une alliance contre-nature, avec d'un côté le camp hygiéniste, qui au nom de la lutte contre l'alcoolisme, pousse au démantèlement progressif du vignoble européen et à la perte de sens symbolique de cette boisson millénaire, et de l'autre les lobbies des marchands d'alcools de dimension internationale qui poussent à la "fabrication" d'un vin de masse, sans identification géographique. Là où les premiers se trompent, c'est que la lutte contre l'alcoolisme sera beaucoup plus difficile avec une boisson qui aura perdu ses référents culturels et son "encadrement" social.

A travers cet appel, nous défendons une conception agricole du vin, jusqu'à alors traditionnelle dans les pays de l'UE, qui fait référence à un produit issu de la fermentation naturelle du raisin et où les pratiques correctives sont nécessairement limitées."

 
 

Cette page était offerte à la Confédération Paysanne par l'espace de liberté de Jacques Berthomeau, qui consomme du lait cru de vache Jerseyaise, mange du beurre de baratte, du pain Moisan, des Géline à crête pâle et autres produits de qualité censés disparaître sous la mainmise de la normalisation de l'industrie laitière, des intégrateurs de la volaille et les grands prédateurs de la GD (ça c'est pour le pain). Pour le liquide, je bois ce je veux, je demande simplement à nos amis "bio" d'éviter de baptiser leurs vins biologiques puisqu'ils ne sont qu' " issus que de l'agriculture biologique " Hé, oui je fais aussi mes courses à Biocoop. Faut pas tromper le consommateur quand on le défend avec autant d'arguments frappants...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

helene 27/10/2006 11:05

Merci tchoo...

helene 27/10/2006 11:04

Merci tchoo...

tchoo 26/10/2006 09:34

Je ne comprends pas l'opposition d'Hervé Bizeul au propos de Jacques Berthomeau.Je n'ai vu nulle part l'opposition de deux mondes qui s'affrontent, mais plutôt la complémentarité.Je vous lit régulièrement tous les deux, je me retrouve dans vos propos souvent.Votre démarche mon cher Hervé, est très interessante, respectable, mais difficilement transposable à la totalité des producteurs de vin de notre pays.Rappellez-vous votre étonement au propos de Perico Légasse quand vous lui expliquiez votre démarche Walden.Là j'ai l'impression que vous faites votre Perico vis à vis de Jacques.Ne peut-on pas, dans ce pays, envisager les deux points de vue sans que l'un exclu l'autre?Il n'y a pas une vérité, elle est multiple, et chacun cherche La vision romantique du vigneron ne sauvera pas, à elle toute seule, la viticulture française, multiple dans sa culture, dans sa mentalité, et ses structures de production.Puissions-nous tenter de nous adapter au monde moderne sans perdre notre âme, vins "industriels" ou vin "artisanal"

DULAU 25/10/2006 16:26

Comme vous dîtes cher Hervé, rien n'est si simple et les deux types de vin doivent co-exister de la même façon que les deux types de fromages co-existent. A chacun son marché !
Mais avec l'absolue nécessité d'arrêter de se raconter des histoires et de nous servir des picrates acides, astringentes et aux arômes herbacés sous couvert de château machin de l'AOC truc.
C'est parce que les Comtés sous blister ne sont pas mauvais que les consommateurs peuvent être tentés de passer à la coupe puis d'aller chez le fromager... pour acheter un comté 18 voire 24 mois.
Autre histoire que l'on se raconte : les vins du nouveau monde sont multiples et variés. Il n'y a pas que des marques globales. Le concept de l'AOC est revisité dans ces pays et appliqué avec rigueur.
Dernière histoire de l'après-midi. Mettre le vin dans du bois ou du bois dans le vin, le but est toujours le même : AROMATISER. Donc si le client est informé du type de bois utilisé (copeaux ou barriques) tout va bien dans le meilleur des mondes. Or c'est exactement ce qui est prévu dans le texte européen.
Que faisait la super INAO protectrice quand les agréments sociaux laissaient sortir sur le marché des vins AOC qui ne méritaient même pas le statut de vin de table ?!

Hervé Bizeul 25/10/2006 15:28

Pourquoi tant de réactions épidermiques à ce texte, de la part de M. Berthomeau comme de ses disciples ? L’avez vous tous bien lu ? Une relecture attentive, en en soupesant tous ses mots, tous ses concepts et toutes ses idées, me semble indispensable. En quoi M. Berthomeau ou les concepts qu’il défend est-il visé ? Comment un amateur de vin ne peut-il pas être d’accord avec certaines valeurs qu’il expose ?Monsieur Berthomeau prône l’idée non pas de vins industriels, comme on le lit trop souvent, mais celle de la marque. Il crie son désespoir de voir la filière démunie au milieu d’une mondialisation plus rapide que prévue. Il critique ladite filière ne pas vouloir, savoir ou pouvoir s’adapter à la nouvelle donne mondiale qui est demandeuse de vins bons, simples à boire et à comprendre (surtout quand on veut pas trop faire d’efforts…), livrés en grande quantités dans le monde entier afin de s’adapter à la logistique de chaînes de distribution mondiales. Il regrette qu’il n’y est pas ou pas eu un « Danone » du vin en France, parce que même s’il met ses bottes pour aller chercher ses yaourt à la ferme d’a côté, il aime aussi le nouveau truc à la crème et au fruits, bien marketé que sa femme a trouvé plus simple d’acheter chez Carrefour ;-))))Que certains comprennent-ils ou retiennent-il de son discours ?Que l’avenir est aux vins industriels. Qu’il faut tout passer au buldozer, faire de grands carrés de vignes de 10 km sur 10 km, séparés en carrés de 100m x 100 m de côté, une usine au milieu et des machines à vendanger autour. Qu’il faut surtout que l’usine soit reliée en haut débit avec des commerciaux basés dans les principales capitales mondiales, commerciaux qui, en temps réels, formateront des vins « adaptés » à la demande et livrés en flux tendus. Que pour  s’adapter au goût du consommateur, il faut pouvoir mettre tout et n’importe quoi dans le vin (ce qui entre nous est déjà le cas, mais bon, chut, il ne faut pas le dire ..)Peut-être est-ce la solution pour continuer à pouvoir nourrir sa famille, ce qui est, ne l’oublions pas, le but principal de nombreux vignerons.Peut-être pas.Car certains vignerons ont aussi le droit de ne pas vouloir de ce projet, de cette manière de faire, de cette manière de vivre. Ils ont le droit de se poser des questions, de proposer des alternatives, de réfléchir à une autre manière de s’inscrire dans le commerce mondial, en produisant d’autres vins d’une autre manière. Ils ont aussi le droit de disparaître, c’est à dire de connaître l’échec économique, s’ils se trompent. Mais de rester sincère et fidèle à leurs convictions. Consciemment. Courageusement.Ces différentes conceptions du vin ne sont pas opposées mais au contraire complémentaires. Se moquer de l’une, Jacques, ne fait pas avancer l’autre. Nous sommes tous français, si tant est que cela est un sens. Pour moi, cela en a un. Bref,  même si je n’en partage pas toutes les idées, ce trouve ce texte fort, sincère et courageuxP.S. : Quand au Roussillon, pour réagir sur le post de M. Elie, il est bon de se poser la question de ce qu’est devenu la prospérité qu’il regrette avec nostalgie, lorsque ces marques se sont relâchées, on été achetées puis sciemment détruites par un concurrent, Pernod-Ricard pour ne pas le citer ou n’ont simplement pas su s’adapter au changement. Elles ont laissé sur le carreau des dizaines de milliers de vignerons qui, entretenus de A à Z dans l’idée d’une prospérité éternelle, ont été incapables de se prendre en charge. Rien n’est donc aussi noir ou blanc et surtout rien n’est si simple.

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