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               Vin&Cie, l'espace de liberté

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La photo est signée par Elisa Berthomeau©

 

Lundi 2 octobre 2006 1 02 /10 /Oct /2006 07:43

Connaissez-vous les déodatiens ?

La réponse était dans le dictionnaire de monsieur Champagne que le petit Jésus - chez nous c'est lui qui garnissait les sabots - m'avait apporté à Noël. C'était une grosse boîte en carton imitant un livre. A l'intérieur un système de fiches subdivisées en deux parties : les questions et les réponses. L'innovation tenait en son électrification par une pile Wonder. On introduisait une fiche, type de celle des standardistes, dans le plot d'une question et il fallait ensuite effleurer la cosse d'une réponse. Si c'était la bonne, en bas de la machine magique, un gros OUI rouge clignotait.

Tout ces souvenirs me sont revenus en arrivant à la gare de Saint-Dié-des-Vosges dans l'autorail brinquebalant du Conseil Régional car les déodatiens sont les habitants de cette charmante sous-préfecture. Et dire que quelques instants auparavant, dans le Teoz Paris-Strasbourg, j'avais corrigé une faute d'orthographe sur mon blog du jour en me connectant, depuis mon PDA - petite boîte de 12x8 - sur l'Internet. Cinquante ans entre ma merveilleuse boîte électrique et mon petit boitier qui sait tout faire : de la pile Wonder à la puce électronique via le GPRS, l'histoire galope. C'est le cas aussi des temps de trajet puisque l'arrivée du TGV va le diviser par eux entre Paris et St Dié : 2H20 au lieu de 4H40.

Revenons au Vin, puisque mon déplacement dans les Vosges était motivé par l'animation d'un café géo, dans le cadre du FIG, sur le thème de l'opposition entre le Vieux et l'Ancien Monde. Il fait soleil sur StDié. Après le déjeuner, je flâne, fais une moisson de livres, vais déguster en compagnie du doyen Pitte quelques vins du Nouveau Monde, me fais tirer le portrait pour une publication viti-vinicole et enfin je me prélasse à la terrasse du Globe. Détail piquant, le patron propose systématiquement à ses clients du Tarriquet, qui, comme vous le savez, est un vin typiquement local. Ensuite, changement de fripes : mon costar Kennedy bien sûr, et puis je vais dîner au " Grand Café " rue Thiers. Excellente cuisine : petits rougets puis souris confite d'agneau, mais vins quelconques : un verre de Chardonnay de Bourgogne fadasse (le cépage écrit en gros sur l'étiquette) et un verre d'un Côteaux-du-Languedoc sans grand relief.

C'est l'heure du café géo. Nous avons du public, plutôt jeune, divers, c'est plein. Les clients pourront déguster des vins chiliens. L'exercice consistant à aborder des sujets, assez sérieux, debout derrière un bar, n'est pas évident, et pourtant, en dépit d'un micro défaillant, le public est attentif et, petit à petit, la mayonnaise prend. Résumer le débat est impossible mais le principal enseignement à en tirer c'est qu'il a été souvent plus profond et plus passionnant que beaucoup de débats professionnels. Vers 23h15, la salle est toujours pleine, applaudissements, ça fait plaisir. Ensuite, par petits cercles, les conversations se poursuivent. Pour ma part, je finis ma soirée au Faugères, un très bon, en compagnie d'un professeur de lycée, d'un journaliste oenologue lecteur du blog et d'un vigneron de Juliénas. Le prof et le vigneron me ramènent en voiture à mon hôtel dans la forêt vosgienne vers 1 heure du matin. Par bonheur nous ne croisons pas les pandores déodatiens.

Merci à Raphaël Schirmer de m'avoir invité et d'avoir co-animé ce débat, et à Annie, la patronne du 1507, de son accueil. Je suis prêt à recommencer car c'est un bon moyen de nous sortir de notre petit cercle où nous radotons. Croyez-moi ça intéresse plus les jeunes urbains désinvestis que les cérémonies des confréries bacchiques...

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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