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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 07:00

photoMarie4.jpg

Abraham, son grand kanak, l’écoutait religieusement. Marie n’en finissait de lui raconter la brutale et triste fin des Saint-Drézéry. Afin de libérer ses grands panards, son beau légionnaire qui n’en était pas un mais qui sentait bon le sable chaud de la Nouvelle Calédonie, avait ôté ses rangers règlementaires. Ils buvaient des bières au goulot sur les pelouses du Trocadéro. « Tout ça est parti de leur pingrerie, chez eux un sou est un sou surtout depuis l’irruption de l’euro qui a ôté tant de zéro à leur compte en banque. Mes oncles et mes tantes se chamaillaient à propos de la fixation du  prix des primeurs 2010 de leur cotriade de châteaux. D’un côté le clan de la hausse maximale regroupant Marie-Adélaïde et Philémon, de l’autre celui de la hausse raisonnable défendue par Adelphine et Pierre-Henri : égalité parfaite qui ne pouvait être rompue que par la voix de Marie-Charlotte, la neuneue, qui changeait d’avis comme de chemise. Trois réunions de la commandite n’avaient pu lever le verrou et, ce 13 juillet, Philémon avait invité à Pomerol, pour un déjeuner, le restant de la famille. La demeure de Philémon, comme souvent à Pomerol, tenait plus du pavillon de banlieue que du château. N’empêche que Bob le pointeur lui attribuait systématiquement une note qui frisait le 100. Une pépite donc qui n’empêchait pas ce cher Philémon de vivre chichement avec une gouvernante allemande, femme à tout faire, qu’il avait récupéré suite à la Chute du Mur de Berlin. Dans les châteaux de la Rive droite, comme dans ceux de la gauche d’ailleurs, il se murmurait que le cher homme vénérait les Prussiens et, qu’au cours de l’Occupation, ses relations cordiales avec les Officiers Supérieurs de la Wehrmarcht, des SS  et de la Gestapo, lui avait permis d’arrondir son magot. Raie au milieu il portait un monocle, le plus souvent vêtu d’un pantalon de cheval enserré dans des bottes lustrées par son Olga. Les mauvaises langues toujours affirmaient que la teutonne au gros cul faisait cheval pendant qu’il l’attisait avec sa cravache. Ces ragots indisposaient deux de ses sœurs forts pieuses mais, comme il gérait les châteaux d’une main de fer, d’ordinaire elles le suivaient aveuglément. Là, elles s’étaient séparées, et bien sûr la neuneue effectuait son va-et-vient traditionnel en se goinfrant de boudoirs.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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commentaires

Luc Charlier 23/07/2011 23:22



Il est présomptueux de ma part de parler au nom des autres habitués – j’allais dire « fidèles » mais le terme est galvaudé
–de Jacques Berthomeau. Toutefois, Yann, nous aimons ici tous la littérature mais on ne « Venner » RIEN !



Venner yann 23/07/2011 18:52



J'ai fait paraître en 2010 un éco-polar "Cocktail cruel" entre Côtes d'Armor et Côtes de Beaune, editions Le Cormoran, 15 euros, qui traite du vin de Bourgogne, des algues de la biodiversité avec
science, humour et suspense. La suite "Les coccinelles du diable", déjà lue et appréciée par Aubert de Villaine et la confrérie des Chevaliers du Tastevin paraîtra bientôt.


 


Je suis un amateur éclairé en vins VIVANTS et j'aime les vers de terre, la littérature et suis un ex sommelier. Bien à vous yann Venner



Luc Charlier 23/07/2011 11:49



Tout à ma réponse, je n’avais pas lu les interventions de 10h42’, 10h47’ ni 11h22’. Elles remettent les choses à leur place : on peut rire de tout et l’ironie excuse TOUT, à mes yeux (même les excès de Dieudonné, qui continue
de me divertir par ailleurs). Moi aussi, Jacques, ce sont les Allemands d’aujourd’hui que j’aime et j’ai bien compris le clin d’oeil de tes réparties. Loin d’avoir rasé les têtes de vos
compatriotes tombées amoureuses d’un beau Franz ou d’un séduisant Günther, en 1942 ou après, ou simplement de l’avoir chaudement désiré, j’aurais plutôt versé une larme sur leurs idylles
interrompues. Et moi, adversaire pourtant résolu de toute peine de mort, j’aurais eu du mal à épargner ne serait-ce qu’un porteur d’eau de la Gestapo. Il s’agit de deux situations
différentes.


Ah oui, j’oubliais : je n’ai pas vu passer le TGV de 11h43’ non plus.



Luc Charlier 23/07/2011 11:32



Aïe, aïe Caramba ! Je croyais n’avoir commis qu’un ennième petit billet d’humour bon marché et voilà qu’on me prend pour un
amateur de la boîte de jouets éducatifs Narthan « Le Petit Psychologue ». Et notre Jacques de se fendre d’une réponse – à coeur ouvert, on en a l’habitude et c’est pour cela qu’il plaît
tant – cathartique. Vous voyez, vous les freudo-sceptiques (comme Onfray), comme les zones les moins conscientes de notre esprit finissent toujours par prendre le dessus. La vie humaine n’est
qu’un enchaînement de Fehlleistungen ! - je n’ai pas écrit « enchaînement de fellations ».


Mon approche de l’Allemagne à moi est évidemment teintée de beaucoup d’autres considérations : un sentiment de demi-appartenance
(60 à 80.000 Belges sont germanophones mais ne doivent en fait leur nationalité qu’à une errance territoriale après la deuxième guerre mondiale), une connaissance raisonnable de cette langue et
une connaissance assez bonne du pays (sauf l’ancienne « Allemagne de l’Est » où je ne suis jamais allé .... car son vignoble n’était pas digne d’intérêt du temps où je voyageais
encore ; cela change lentement), la chance d’y compter des copains (ainsi qu’en Autriche), un goût réel pour certains aspects de sa gastronomie et des jus de ses treilles, une passion pour
J.S. Bach et une profonde estime pour Beethoven, un attachement intellectuel à Schoppenhauer – hélas pour moi mon vrai « maître à penser » ....


Quant à l’horreur hitlérienne, ceux qui ne l’ont pas vécue dans leur chair, comme moi, s’interrogent toujours pour savoir comment elle
a pu naître. Mais la même question nous tiraille évidemment pour le stalinisme et pour toute la période napoléonienne. Des fous dangereux, il y en eut de tout temps et il y en aura toujours, mais
comment des peuples censés et de grande culture ont-ils pu les suivre ? Ici n’est ni le lieu ni le temps pour y répondre et je n’en ai pas toute la compétence.


En ce qui concerne ma patrie d’origine, nous avons beaucoup plus pâti d’autres occupations étrangères au fil de l’histoire : (i)
les légions romaines, de la République d’abord, puis de l’Empire, (ii) les Mérovingiens ensuite puis les Carolingiens, (iii) les Bourguignons et ensuite la maison de Habsbourg jusqu’à Charles
Quint, qui est en fait l’un des nôtres ! Natif de Gand, il n’aimera jamais réellement Madrid et me semble devoir mériter le qualificatif de « plus grand Flamand de tous les
temps ». Après cela (iv), c’est un chassé-croisé d’horreurs espagnoles et hollandaises qui nous accablent, avec des incursions du Roi-Soleil. On nous a même décerné le titre de
« champ de bataille de l’Europe ». Enfin vient (v) VOTRE première République et son occupation qui ne prendra fin de fait qu’après Waterloo. Il n’y pas eu de Goya belge et c’est
dommage, car il aurait pu peindre l’équivalent du Dos de Mayo pour mon pays.


Léon l’internationaliste préfère dissocier les occupations des peuples qui les ont assumées. Ce sont les régimes qui sont en cause et
je ne suis pas sûr qu’on n’ait toujours « que le gouvernement qu’on mérite ». Regardez la France, ce pays n’est pas mauvais au point d’avoir mérité Sarkozy et sa coterie ! Une
seule exception : les Hollandais, bèrk !



JACQUES BERTHOMEAU 23/07/2011 11:44



Lire absolument Histoire d'un Allemand Souvenirs 1914-1933 Sébastian Haffner chez Babel saisissant !



Cad@aol.com 23/07/2011 11:22



Désolée de vous avoir involontairement agressé, c'était juste un mot d'esprit certes et volontairement...vulgaire, de surcroît très éloigné de ce que je pense.



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