Samedi 7 juillet 2012 6 07 /07 /Juil /2012 00:09

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Je suis allé à Bordeaux fête le vin à l’invitation du CIVB (SNCF AR 2e classe, hôtel et deux repas à leur charge) et j’aurai pu, comme certains de mes confères blogueurs, m’extasier sur le nombre estimé des visiteurs de cette manifestation que j’ai, depuis l’origine, soutenue. Fêter le vin c’est célébrer le vin. Dans célébration il y a un petit côté religieux, rituel qui va bien à notre côté fille ainée de l’Église. L’exercice le plus courant consiste donc, dans notre monde un peu plon-plon du vin, à faire déguster du vin aux amateurs de vin. C’est bien ! En ce sens, Bordeaux fête le Vin, répond parfaitement au but recherché. Tout au long des quais : des stands, des bouteilles alignées, derrière elles des femmes et des hommes en tabliers, devant, en paquets, des candidats à la dégustation munis d’un verre et d’un carnet de tickets, pas facile d’accéder, faut jouer des coudes, puis faut repérer la bonne boutanche, se faire servir après avoir détaché le bon coupon, peut-être tenter d’écouter dans le brouhaha ce que va donner comme explications celui qui sert qui espérons-le est vigneron. Déguster ! On peut cracher mais il faut pouvoir accéder au récipient prévu à cet effet. Pour sûr que c’est du sport et pour se faire l’enfilade des stands.


Bref, seuls des adeptes bien entraînés me paraissent en mesure d’accepter ce genre de parcours, les novices, les qui ne sont pas accros, les qui voudraient qu’on les guide, je ne suis pas sûr que l’approche traditionnelle les attire. Bien sûr, les organisateurs vont me rétorquer, à juste raison, que la manifestation Les organisateurs de la manifestation, « Stephan Delaux, maire-adjoint en charge du tourisme, et Laurent Maupilé, délégué général de Bordeaux grands événements, ont dressé dimanche un bilan « positif » de cette édition 2012, assurant que la fréquentation « dépasserait » les 500 000 personnes, et que « plus de 50 000 pass dégustation » seraient vendus. Ils ont notamment souligné « l’ambiance bon enfant et festive » durant ces quatre jours. Ce que confirme Raymond, venu de Villeneuve-sur-Lot avec des amis. «On est très bien accueilli sur les stands de dégustation, à condition de s’intéresser un minimum au travail des producteurs. » Les spectacles nocturnes ont eux aussi rencontré un gros succès, notamment le feu d’artifice du samedi soir, organisé par des pyrotechniciens espagnols, et qui a remporté le concours du « festival d’art pyrotechnique ».


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Bien, alors de quoi je me plains ? De rien, bien sûr, j’ai depuis l’origine soutenu Bordeaux fête le vin, mais je pense que la manifestation doit se renouveler, sortir de son côté foire exposition pour aller vers des parcours initiatiques, des lieux de convivialité où l’on peut se poser, certes ils existent mais ils sont rares, ne pas se cantonner à des stands figés, s’ouvrir aux néo-consommateurs plus encore comme l’a fait l’Ecole de dégustation « Plus de 11.500 personnes ont été formées, soit une fréquentation multipliée par trois par rapport à la précédente édition, a expliqué Christophe Chateau, du CIVB » Dans l’enceinte de Bordeaux fête le vin, le côté festif, se résumait a peu de choses : j’ai aperçu un DJ perché. J’aurais aimé, comme lors du Marathon du Médoc qu’il y eut des orchestres ici et là, que les châteaux s’impliquent un peu plus, que tout l’appellation soit là mobilisée, j’ose écrire solidaire ! Et puis, je trouve nos amis Bordelais pas très partageux : les vins d’Aquitaine sont relégués en parents pauvres tout au bout dans un petit stand. Moi je souhaite plus de liant, plus d’élan, d’empathie, de fête avec des vignerons et des vigneronnes qui ne se résument pas à des troncs derrière un comptoir. S’assoir, causer autour d’un verre, échanger, se connaître, me semble la base minimale pour fêter le vin. Le côté marathonien de la dégustation doit plaire aux marathoniens de la dégustation mais les autres pourquoi ne pas chercher à leur plaire.


C’est le secrétaire-autoproclamé de l’Amical du Bien Vivre qui parle, sans garanti qu’il ait  eu le temps et la capacité de s’intéresser à l’ensemble des propositions de Bordeaux fête le vin : c’est bien car ça donne l’occasion aux médias nationaux de parler du vin avec toujours le côté quantitatif du nombre des visiteurs qui ne me semble pas l’unique objectif de la manifestation. Pour moi c’est : peut mieux faire, doit mieux faire !


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En rentrant je me suis dit que je me devais de faire un papier sur les deux stands les plus conséquents de : celui de la maison Castel avec ses 3 marques de Bordeaux : Baron de Lestac, Blaissac et Malesan et Baron Philippe de Rothschild avec sa marque phare : Mouton Cadet. Je me suis donc rendu à mon Franprix du Bd St Jacques pour faire mes emplettes. Le résultat est ci-dessous :


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-          Au rayon du bas avec une étiquette rouge PRIX BAS Malesan à 4,60 donc en promotion.

-          Au premier étage du rayonnage juste au-dessus : Baron de Lestac en promotion à condition d’acheter 2 bouteilles donc j’ai payé la mienne au prix marqué : 4,95€

-          Au troisième étage du rayonnage un Vin Vieux auquel je n’ai pu résister : 3,79€

-          Et tout en haut, au sixième étage du rayonnage la star Mouton Cadet : 9,99€


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Le positionnement physique des 2 poulains de Castel est lié au fait qu’ils étaient en promotion, en effet si j’achetais 2 bouteilles de Baron de Lestac le prix unitaire de la bouteille passait de 4,95 à 3,71€ donc nettement au-dessous de Malesan lui-même en promotion unitaire. Pour le positionnement prix si l’on s’en tient à la hiérarchie tarifaire l’ordre serait : Vin Vieux, Baron de Lestac, Malesan, Mouton Cadet mais le jeu des promotions bouleverse cette hiérarchie  puisque la Baron de Lestac (par 2) 3,71€ est en bas puis le Vin Vieux 3,79€, Malesan 4,95€ et Mouton Cadet et son prix de marchand de chaussures 9,99€.

 

Que faire maintenant ?

 

Plusieurs hypothèses :

 

-          Dégustation avec des maîtres de la dégustation : impossible de réunir dans un délai raisonnable un échantillon de ces experts et je ne suis pas certain d’ailleurs qu’ils seraient alléchés par ce challenge ;

-          Dégustation avec mes voisins : possible mais il y aurait un biais car ils auraient une certaine tendance, pour me faire plaisir, à bien noter mes flacons et je ne pourrais la contrebalancer sous peine d’influer dans l’autre sens ;

-          Dégustation avec la petite bande d’Antonin : impossible ce serait la bérézina.

 

Alors quoi ?

 

Moi avec mes vieux souvenirs de la SVF, lointains certes, mais encore bien présents, où l’on dégustait en tenant compte des attentes de nos clients et non, en soi, pour soi.  Les 2 Castel et le Mouton Cadet représentent des millions de cols vendus : 8 à 10 millions pour Baron de Lestac, 4 à 5 millions pour Malesan… en France, et Mouton Cadet 14 millions de cols dans le monde. Ce n’est pas tout à fait rien et, en dépit de l’ostracisme, que je peux comprendre, des amateurs de vins de vignerons, les traiter par le mépris n’est pas de bonne politique. Reste le Bordeaux, dit Vin Vieux, que j’ai hâte de déguster.

 

Je m’y suis donc collé

 

Quelques précisions : les deux Castel sont des millésimes 2010, le Mouton Cadet est un  2009 et le Vin Vieux n’est pas millésimé. Seul le Malesan est étiqueté Grand Vin de Bordeaux. Les 2 Castel titrent 13°, Mouton Cadet 13°5 et le Vin Vieux 12°5. Le Baron de Lestac est élevé en futs de chêne et le Malesan vieilli en futs de chêne et élevé dans les chais de Blanquefort, les bouteilles portent un n° : 118 626 pour le Malesan et 42 489 pour le Baron de Lestac. Sur la contre-étiquette il est indiqué « Malesan, c’est l’histoire d’hommes passionnés qui aiment partager leur savoir-faire et leur amour du terroir. Ils vous offrent un vin franc, expressif et généreux, à partager et à déguster en toute simplicité » et « Fruit de la rencontre entre l’homme et la vigne, Baron de Lestac vous offre un vin de caractère, riche de son héritage » Le Vin Vieux sous la signature du bien connu Bertrand de Tavernay nom de la société) indique « Notre vin a été vendangé, vinifié, et élevé dans le respect le plus strict des traditions séculaires qui garantissent la renommée des Grands Vins de Bordeaux à travers le monde. Comme gage de qualité, nous sommes fiers d’apposer notre signature. » Pour Mouton Cadet le texte est signé de Philippine de Rothschild.


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Les 4 vins au plan de la couleur ne présentent pas de grandes différences, ils sont d’un rouge très foncé, du côté olfactif c’est morne plaine, en bouche le différentiel apparaît : le vin vieux est d’une platitude et d’une sécheresse absolue, le Baron de Lestac est un peu plus séduisant mais s’assèche très vite, Malesan est plus rond sans pour autant, en finale, laisser un grand souvenir, enfin Mouton Cadet est un honnête Bordeaux qui ne déclenche pas l’enthousiasme. Hormis le premier qui n’est pas à la hauteur d’un vin de table, les 3 marques de Bordeaux sont sans défaut avec, pour les 2 poulains de Castel, une prédominance du bois, c’est sans doute voulu pour accrocher une certaine clientèle attachée à ce type de vin assez mâle. La déception n’est pas là, elle est vraiment sur le Mouton Cadet qui en fin de bouche est sec voire décharné alors que son attente laissait espérer un peu plus de structure et de puissance.

 

Mon appréciation ne vaut que ce que ce qu’elle vaut. J’exclus le Vin Vieux qui franchement ne vaut pas tripette, il est sec, astringent, pour les 3 marques, dont le profil correspond sans aucun doute à des consommateurs identifiés, je conclue que le meilleur qualité/prix  est le Malesan sans aucune contestation (à la seconde dégustation après aération prolongée il était plus séduisant). Pour les défenseurs de la notion de typicité des AOC, sans nul doute, ces 3 marques ont des liens de parenté marqués. Je pose la question aux hautes autorités des AOC de Bordeaux : est-ce là le profil type recherché de vos vins destinés à alimenter les Bordeaux de marques ? Le fruit me paraît vraiment aux abonnés absents et dans l’avenir les nouveaux consommateurs ne vont-ils pas se détourner de ces vins qui ont certes une certaine forme de caractère mais qui manquent vraiment de fraîcheur et de rondeur ?

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Commentaires

Le prix, certes modique, de votre déplacement sonne comme la justification à une question qui n'avait pas été posée. Mais passons...

Pourquoi être allé à Bordeaux pour nous parler de 4 vins qui totalisent, à la louche, 20 millions de cols alors même que vous auriez pu vous procurer lesdites fioles dans n'importe quelle GMS parisienne ? Je ne suis pas sûr que les bordelais s'y retrouvent tout à fait.  

Commentaire n°1 posté par Guy Salmona le 07/07/2012 à 01h11

Il y a dans toutes les AOP régionales des vins d'entrée de gamme destinés à la GMS, a faible prix, issues d'outils industriels à gros volumes, à coûts maitrisés, dont les consommateurs achètent le nom. Il n'est pas sûr qu'ils servent la notoriété de l'AOP, et que leur pérennité soit assurée. Les VSIG (vins sans indications géographiques origine France) qui peuvent porter nom du vin, nom du  cépage et millésime, bénéficiant de techniques oenologiques performantes, de production ha. sans limite, et (sous réserves) de chaptalisation, pourraient les concurencer victorieusement. On en parle beaucoup à Bordeaux et ailleurs.

Commentaire n°2 posté par clavel le 07/07/2012 à 08h11

Taulier, je te conseille un excellent vin de marque, le Bordeaux Les Parcelles de la maison Bouey ! Prix : autour de 5,50 € en gms.

Commentaire n°3 posté par Michel SMITH le 07/07/2012 à 08h24

Vous n'avez rien trouvé de mieux à faire que de déguster ces vins la ?

Pensez que votre déplacement et votre hébergement ont tout de même été payé aussi par les cotisations des viticulteurs, que pour un prix situé entre 4,50 € et 6 € vous avez une quantité certaine de très bons vins à la propriété, qu'il n'y a pas à Bordeaux que les Grands Crus ou les brasseurs de volumes, et qu'il serait bien de venir vous perdre dans ce grand vignoble Bordelais pour parler des petits comme vous parlez si bien des Grands…

Dans les autres régions de production vous le faites bien, chez nous il semblerait qu'il n'y ait que les Grands qui vous intéressent, je sais que je rabâche mais peut-être un jour finirez-vous pas venir déguster chez nous, petits viticulteurs…Nous savons aussi recevoir vous savez, d'ailleurs nous le faisons toute l"année.

Cordialement

Commentaire n°4 posté par Poncet le 07/07/2012 à 09h44

super dégustation quel talent ! j'ai bu du petit lait ..... si bordeaux poursuit dans cette voie on peut se faire du souci car vendre 5 à 6 millions d'h de vin '' sans fruit'' bonjour les dégats 

Commentaire n°5 posté par jean heritier le 07/07/2012 à 12h46

Bon, je vais lancer un gros pavé dans la mare.

J'ai récemment dégusté le Mouton Cadet rouge 2009, et j'ai eu une excellente surprise.

J'avais un très mauvais a priori, mais finalement j'ai découvert que c'est un très bon vin, mais dans un style typiquement bordelais, c'est à dire qu'il est désagréable à l'ouverture par son amertume, mais il a grand besoin, besoin vital même, d'être carafé, et assez longtemps en plus. Il commence à se révéler au bout de quelques minutes de carafe, est encore meilleur au bout d'une demie-heure, et flirte avec le délicieux au bout d'une heure. A ce stade, on a des très beaux tanins soyeux de bon voire très bon Médoc. Après c'est évidemment plus court qu'un Pauillac, mais franchement à ce prix, je ne connais pas d'autre vin qui donne à ce point un avant-goût de ce qu'un grand cru bien fait peut donner.

Par contre, je précise que la bouteille que j'avais dégustée m'avait été envoyée par l'attachée de presse de Mouton Cadet pour un banc d'essai que je faisais sur les vins de marque. Je vais bientôt aller en acheter une bouteille dans le Franprix en bas de chez moi pour vérifier si c'est le même vin, et s'il réagit pareil à l'ouverture...

Je vous mets la fiche de dégustation que j'ai rédigée (il y a une dizaine de jours à peu près):

Bordeaux (rouge) 2009 Mouton Cadet Baron Philippe de Rothschild : TB

Le nez est plutôt sur la fraîcheur, avant une profondeur un peu concentrée, mais entourée d’arômes de fraîcheur un peu austère, un peu bois mouillé, un peu plastique, puis on est dans un fruit concentré, mais légèrement animal, et un peu surmûr. L’attaque est plutôt fraîche, plutôt veloutée, en milieu de bouche c’est plutôt souple, même si pas très expressif, la fin est plus rêche, un peu amère, pas trop tannique, avant que n’arrive vers la fin un côté réglissé. La mâche est souple, plutôt onctueuse, la fin fraîche, un peu rêche, la rétroolfaction sur les fruits concentrés, framboise,mûre, un peu de réglisse. En persistance c’est à nouveau assez dur. Puis de plus en plus, ça fait même mal à la langue, ça laisse une impression de bois rêche, un peu sec, assez désagréable, très amère…

On va mettre en carafe pour voir…

Après 5 minutes, le nez devient plus velouté, ça s’ouvre, en bouche également, il reste un peu d’amertume, mais le fruit, très beau, beaux tanins souples, domine de plus en plus l’amertume, on a au total un Bordeaux très équilibré, même si sur la fin les amers reviennent. Regoûter au bout d’une demie-heure…

Plus tard, sur un plat assez puissant (curry par exemple), ça tient très bien, le côté amer qui reste n’apparaît plus. Un vin bien équilibré, typiquement bordelais, avec un peu de cette finesse qu’on trouve dans les grands crus, qu’il faut associer avec des plats assez généreux pour qu’il s’exprime.

 

 

Commentaire n°6 posté par Egmont Labadie le 07/07/2012 à 14h49

Par contre, j'ai acheté deux bouteilles JP Chenet, j'ai trouvé ça très hard...Pas mon truc du tout. Pourtant on en vend 96 millions de bouteilles par an dans le monde, comme quoi la notion de ce qui est bon ou pas à l'échelle mondiale dépasse un peu les compétences du dégustateur individuel...Là on est dans un autre monde de marketing où on cherche à être dans un juste milieu entre des tonnes de considération très loin du plaisir du goût pur du vin... Chez Castel, bonne surprise sur le Vin de France merlot-cabernet sauvignon de la marque Cambras à 2€. En revanche, pas du tout aimé le Roche Mazet (IGP Pays d'Oc), super boisé; ça m'étonnerait que ce soit du fût à ce prix, soit 3,45€.

Commentaire n°7 posté par Egmont Labadie le 07/07/2012 à 14h57

Aïe, Aïe, vous avez mis le doigt où cela fait mal à Bordeaux, astringence (sécheresse) et manque de fruit.

Ça fait des années que cela dure, ça évolue mais lentement, très lentement....

il y a qu'a voir l'échelle de notation de l'amertume sur les fiches de dégustations dans cette région.

Certains en sont encore à confondre astingence et structure du vin...

Commentaire n°8 posté par tchoo le 09/07/2012 à 19h00

Ah les vins de Bordeaux, on ne peut les trouver qu'à Bordeaux, et nulle par ailleurs. Ce sont vraiment de vins de qualité et des vins de marque. Moi quand je viens à Bordeaux, je teste toujours une nouvelle saveur de vin. C'est très sympa. Et en plus, les prix sont moins chers qu'ailleurs. Merci pour cet article très sympa en tout cas.

Commentaire n°9 posté par Vins Bordeaux le 12/07/2012 à 14h33

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