Vendredi 29 septembre 2006
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J'ai l'esprit d'escalier. Ce vendredi j'embarque à la gare de l'Est pour Saint-Dié-des-Vosges : la ligne bleue des Vosges... Mercredi, en
passant devant l'Ecole Alsacienne, dans ma tête je fais le lien entre cette institution, une lecture récente "Freakonomics", le débat actuel très hot sur la carte scolaire, ça turbule et ça
donne cette chronique un peu étrange.
L'Ecole Alsacienne, fondée au lendemain de la débâcle de 1870, par un groupe de français d'origine alsacienne, est un école libre et laïque. On
dit que Jules Ferry y puisa l'essentiel de ses réformes. Au travers de son directeur Théodore Beck, au temps de l'affaire Dreyfus, de la politique du petit père Combes, de la saignée de 14-18,
elle entre dans la légende. Elle est mixte avant les autres. Elle est à la pointe des avancées pédagogiques. On s'y presse, les enfants de l'élite s'y bousculent. Ya du beau monde à la
sortie des classes.
Steven D.Levitt est un économiste iconoclaste qui, au lieu de s'interroger sur les conséquences de la croissance de la masse monétaire, nous
invite à nous intéresser à des sujets moins conventionnels : comparaison entre le coût, jugé par certains indécent, des campagnes électorales : 1 milliard de dollars par an et le budget consacré
par les américains à l'achat de chewing-gums, soit 1 milliard de dollars par an. Cette nouvelle approche, la "Freakonomics" ou économie saugrenue, fait l'objet d'un livre - en tête des
ventes depuis près d'un an aux USA - publié en France chez Denoël.
Le lien je l'ai trouvé dans l'épilogue du livre où les auteurs posent la question : quelle est l'influence réelle des parents sur le
développement de leur enfant ? Pour eux, quels que soient les efforts des parents, le hasard tient un rôle de tout premier plan. Je les cite :
" Rappelez-vous les deux garçons, l'un blanc l'autre noir, évoqués au chapitre 5. Le premier avait grandi dans les banlieues aisées de Chicago,
auprès de parents intelligents, stables, encourageants et affectueux qui avaient mis l'accent sur l'instruction et la famille. L'autre, de Daytona Beach, abandonné par sa mère et battu par son
père, était dès l'adolescence un authentique gangster. Que sont-ils devenus ?
Le second, âgé aujourd'hui de vingt-sept ans, est Roland G.FryerJr., un économiste de Harvard spécialisé dans les handicaps dont souffre
la communauté noire.
Le blanc lui aussi est parvenu jusqu'à Harvard. Mais les choses n'ont pas tardé à mal tourner pour lui. Il s'agit de Ted Kaczinski, plus connu
sous le nom d'Unabomber."
Où est-ce que je en venir ? Nulle part, chers lecteurs, simplement moi qui ai suivi un cursus scolaire peu orthodoxe : trois petites années de
réelles études secondaires (seconde, première, terminale), avant les frères me faisaient panser les vaches ou biner les betteraves, lire les classiques et visionner des films cinéma et
culture. Bachelier à 16 ans. Le parcours - en paraphrasant l'acteur Bill Murray - " d'un paresseux qui, lorsqu'il travaille, travaille dur, pour en finir le plus vite possible" et
vivre, je suis fasciné par la frénésie parentale, le stakhanovisme scolaire, le formatage et l'oubli de l'essentiel : l'école de la vie, l'éveil de l'esprit critique... Je radote, et comme
je suis un baby-boomer en voie de seniorisation, et que cette génération a eu dit-on toutes les chances de son côté, je fais dans l'esprit d'escalier et l'économie incongrue.
C'était la minute du docteur Cyclopède...
Pour ceux qui en ont le courage ce week-end les aventures du petit Pochon prennent un
virage à 180°. Bonne lecture...
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