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               Vin&Cie, l'espace de liberté

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La photo est signée par Elisa Berthomeau©

 

Mardi 26 septembre 2006 2 26 /09 /Sep /2006 00:05

Après vous avoir saoulé avec mes problèmes de robinets et excité avec mes histoires d'eaux, ce matin je termine la séquence édification des masses par une question éminemment politique : de la plomberie et, pour faire l'important, par une dose de science dure : de la mécanique des fluides.

Du côté des tuyaux, comme le notait perfidement Peter Mayle à propos des plombiers provençaux, nous sommes friants des montages type usines à gaz, dans le genre Beaubourg chic et pétant. Notre ami Olivier Nasles, provençal, membre de "Sans Interdit", s'y est collé avec un petit groupe de réfléchissants. Cité par Jacques Dupont dans le spécial vins du Point Olivier recense 11 étages à notre usine chic et choc, il parle de dédale, bref si vous souhaitez en savoir plus je peux vous communiquer l'intégralité de la copie (c'est comme si c'était fait...)

Face à un tel enchevêtrement, plein de coudes, de dérivations et autres siphons, notre bel esprit cartésien est pris de démangeaisons. Des audacieux clament simplifions ! Facile à dire, difficile à faire murmurent les ki sont revenus de tout. Du côtés des fabricants de tuyaus de la Cnaoc les plus intrépides noient le poisson, alors que les convervateurs sont tout près d'accepter une commission. Bref, tout ça n'est plus à l'ordre du jour puisque, sous la houlette de René Renou, le Comité National Vins et Eaux de Vie de l'INAO, en une quasi-unanimité, a voté sa nuit du 4 août.

N'étant ni polonais, ni plombier, et comme personne ne m'a rien demandé sur ce délicat sujet, déjà traité en 2002 par les malandrins de Cap 2010, je m'abstiendrai. En revanche, permettez-moi de m'intéresser au liquide appelé vin qui est censé s'épandre harmonieusement dans cette géniale tuyauterie. J'entends de ci de la, je lis aussi que, si nous avons des difficultés d'écoulement, si ça bouchonne à certains endroits, si on se trouve dans l'obligation de vidanger ou de poser des bretelles de délestage, c'est que dans le désordre : certains de ces vins sont de faux AOC, pire que certains sont de mauvaise qualité, pire encore que certains sont dopés... Pour ces derniers, comme dans la compétition sportive : une seule solution, l'exclusion. En ce qui concerne les deux premiers griefs, par contre, je me pose une question : en quoi la réforme des tuyaux (séparation des vraies AOC d'avec les autres vins à IG) va régler cette question si on ne se donne pas la peine d'aller jusqu'à la racine du mal : le cep, la vigne, l'adaptation de la conduite du vignoble au produit recherché ?

En effet, le risque est grand d'avoir d'un côté : la crème, avec un pourcentage, certes plus faible, mais incompressible, de produits qui feraient mieux d'aller voir ailleurs ou qui seront obligés de se déverser dans le bac d'au-dessous pour plein de bonnes raisons. Sur l'autre versant, le fourre-tout, le bal des recalés, on risque de voir cohabiter des produits toujours aussi inadaptés au marché, des produits qui devraient être à l'étage au-dessus mais qui en sont empêchés par leur position géographique, des produits bien adaptés à la demande du marché qui vont être "concurrencés" par les inadaptés etc...

Bref si on souhaite vraiment repositionner nos vins, le préalable à toute réforme de papier, l'urgence est de réduire les flux, de les réorienter, de les piloter par l'aval. Je cite des plumitifs sans intérêt : " Avant d'en venir au fond de cette note stratégique, en prélable, nous tenons à souligner que, pour une partie de nos vignobles et des vins qu'ils produisent, pour certains de nos vignerons, toute politique à moyen terme ne sera crédible que si, dans les mois qui viennent, une politique énergique et massive de restriction de l'offre est engagée. Une telle politique momentanée, ciblée sur les cépages et les terroirs inadaptés, appuyée par un accompagnement social crédible et respectueux des hommes, n'est pas antinomique avec la continuation d'une politique de restructuration du vignoble. Il ne s'agit ni de sacrifier notre potentiel, ni d'obérer notre développement futur, mais de retrouver l'équilibre pour mieux maîtriser la conversion de notre vignoble. Nous ne voulons pas accréditer l'idée que le seul ré-encépagement constitue la clé du futur pour nos vignobles en difficultés mais affirmer que seul un pilotage fin de celui-ci, en fonction de l'évolution des parts de marché de nos entreprises, permettra de sortir de la crise..."

Comme chantait Dalida " Paroles, paroles..." la suite avec de la musique, si possible pas du Gabriel Fauré...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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