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21 septembre 2006 4 21 /09 /septembre /2006 08:01

Je sens qu'à la lecture du titre de ma chronique le petit cochon qui sommeille en vous s'éveille. Les bien-pensants doivent se dire que depuis que le petit Pochon se dévergonde ce blog glisse dans le tabloïd. Hé bé non, zavé tout faux, je vous ai appâté : ce matin je vais vous parler d'histoire d'eaux.

Comme me le disaient mes amis de la Confpé à leur université d'été en 2002 : le vin n'est pas une marchandise. Certes mais, ne leur en déplaise, il a pourtant un prix, donc des acheteurs, donc des vendeurs, donc des boissons concurrentes qui draguent les buveurs de liquides. Qui sont-elles ? Les BRSA : boissons rafraîchissantes sans alcool, les eaux, les bières, les alcools, les cidres. Première indication : en terme de niveau de consommation(litres/an) entre 2002 et 2005 seules les BRSA sont stables. Toutes les autres boissons concurrentes sont en baisse, surtout les bières. Tous les chiffres cités concernent la consommation à domicile(hors restauration).

Passons en revue les bugets moyens en 2005, en euros, dans l'ordre décroissant : les alccols = 105,4 - les BRSA = 91,5 - les eaux = 66 - les bières = 40,7 - cidres = 36. Rappelons qu'un litre d'Evian c'est 0,40 euros le litre et une eau de source autour de 0,10 euros le litre. Pour le Coca Cola 0,87 euros le litre. Pour la taille de la clientèle : le % des ménages acheteurs : 98,1 pour les BRSA, 95,1 pour les eaux, 79,3 pour les bières, 73,2 pour les bières et 36 pour les cidres. Beaucoup de chiffres mais il en faut parfois pour éviter de raconter n'importe quoi.

Revenons au vin maintenant (les tranquilles) entre 2002 et 2005 :

- taille de clientèle stable 88,1 en 2005 ;

- niveau moyen d'achat : moins 7 bouteilles en 3 ans, 57 cols/an en 2005 ;

- fréquence : 2 visites de moins dans le rayon en 3 ans ;

- budget moyen d'achat : moins 10 euros/an soit 122,4 euros/an en 2005.

Voilà le tableau : toujours autant d'acheteurs de vin en France mais les consommateurs fréquentent moins le rayon ou passent moins  " à l'acte " ! Pourquoi ? Voilà une bonne question qui mérite qu'on se livre à un examen sérieux afin de trouver des réponses à la hauteur de l'enjeu. Se contenter des ritournelles habituelles qui font plaisir aux vignerons ne fera pas avancer le schmilblick d'un millimètre.

Sur la table des français, il y a encore du vin, mais les BRSA : 107 litres/an et les eaux : 265 litres/an l'ont supplanté. Nos maux viennent pour une part de là. D'un côté : buvez éliminez, la forme, la minceur, l'éternelle jeunesse : une fabrique de minces, beaux et séduisants ; de l'autre : de l'eau, du sucre, du gaz et des aromes : une fabrique d'obèses, moches et complexés. Et bien sûr, dans les deux cas des grosses machines à vendre : Danone, Nestlé, Coca-Cola et de gros budgets de publicité et de sponsoring.

Qu'est-ce qu'on fait les gars et les filles ? On s'en bat les c... ou on fait comme à Sans Interdit, qui s'est réuni lundi dernier à Bordeaux, ensemble, toutes sensibilités confondues, on réfléchit, on s'organise pour mettre sur la table des répliques à la hauteur de l'enjeu. Bien sûr, c'est moins bandant que de faire de la provoc à deux balles ou de lutter dans son petit coin contre la frilosité du temps. Et bien sûr ça n'intéresse pas la presse du vin qui vend du papier glacé...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

alain laufenburger 22/09/2006 14:26

bonjour Monsieur Berthomeau,
pour ma part voilà mon coup de gueule. Il fait rire certains et grimacer d'autres. "C'est la vie de château, pourvu que ça dure"  avec Lino Ventura et d'autres.
http://consultingforever.typepad.fr/mon_weblog/2006/09/civb_caramba_en.html#more
 
... bonne lecture et à bientôt !
 
alain

S.COUREAU 22/09/2006 01:11

En attendant tout ça on (moi et mes associés) est en train de concevoir une marque de vin.
Bon d'accord ça n'est pas un scoop et ça n'interesse personne  car nous n'avons pas le bon goût de nous appeller Rothschild et nous ne sommes pas connus comme des faiseurs de marques mais comme des vendeurs de "Château", ce qui n'est pas exactement la même chose! Ceci dit étant également un peu dubitatif sur l'impacte du " vin de Bagnole " je vous promets Monsieur Berthomeau d'essayer d'éviter l'écueil de la provocation bon marché. Si vous avez d'autres recommandations sur l'art et la maniere de dévellopper une marque (de Bordeaux ) n'hésitez pas je suis preneur, même si j'ai déjà des idées bien arrétées sur le sujet. Faut échanger pour progresser dans la vie.
Au fait tant que j'y pense quoi de neuf sous le soleil au club "sans interdit" ? La crise se porte-elle bien ?

tchoo 21/09/2006 09:57

entre: buvez éliminez, la forme, la minceur, l'éternelle jeunesse et de l'eau, du sucre, du gaz et des aromes, la communication du vin n'est pas facile.Faut trouver le biaisPas simpleFaudra que ça plaise à tousImpossibleMais il parait que ce n'est pas français!!!!!!!!!!!!!!!!!

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