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14 septembre 2006 4 14 /09 /septembre /2006 07:07

Comparaison n'est pas raison, ce matin juste une petite histoire de la Vendée crottée et profonde, à la charnière des années 50 et 60, celle des chemins creux, des échaliers du bocage et des sacristies. De là à extrapoler il n'y a qu'un pas. Le franchirais-je ?

En mes jeunes années donc, notre petite communauté villageoise, en dehors de quelques laïcards bouffeurs de curé, se composait de "consommateurs réguliers" de messes, processions et autres cérémonies religieuses : confirmation, communion privée et solennelle, mariage, baptême et enterrement. Sous la férule de monseigneur Antoine-Marie Cazaux, évêque de Luçon, grand défenseur de l'école libre, à qui nous donnions à chaque moisson des sacs de blé pour financer ses séminaires, tout était bien cadré. La vie s'écoulait sans heurt apparent. Les séminaires : petit, grand et des vocations tardives étaient pleins." Longtemps l'Eglise avait été la seule à offrir à un garçon pauvre, mais intelligent, la possibilité d'accéder à un rang plus élevé" écrit Paul Murray Kendall dans le prologue à sa biographie de Louis XI. C'était toujours vrai dans la Vendée du début des années 60.

Pour raviver la foi des ouailles des prêcheurs venaient périodiquement monter en chaire pour brandir la menace du feu éternel. Beaucoup de calvaires vendéens marquent le souvenir de ces missions. Les agents recruteurs de l'évêché battaient la campagne pour fournir les séminaires. Une fois par an, l'un d'eux, passait à l'école nous faire remplir un petit formulaire qui s'inquiétait de notre avenir professionnel et posait la question : voulez-vous devenir prêtre ? Un jour, je ne sais quelle mouche m'a piqué, j'ai répondu oui. Alors la machine s'est mise en route : retraite au grand séminaire, visite du curé et abondante littérature... Bref, du beau boulot qui pris vite fin car je déclarai à notre curé doyen de la paroisse que j'aimais les filles...

Et puis, boum badaboum, mai 68 a vidé les séminaires, crise des vocations, chute vertigineuse de la fréquentation des lieux de culte, y restait plus que les vieux. Les habits trop étroits craquaient de partout, un monde disparaissait et tout ce qui semblait immuable s'engloutissait avec. Je ne vais pas m'aventurer sur le terrain miné de Vatican II pour me retrouver coincé entre les intégristes et les chrétiens de gôche de TC, ce n'est pas mon rayon et mon propos visait seulement à souligner qu'un passé multimillénaire ne met pas à l'abri des failles où, par pans entiers les fidèles disparaissent et ne sont pas remplacés...

JiPi Two, grand communicateur - à ne pas confondre avec J 4 M lui aussi grand communicateur à la chaussure et au cash flow troués - l'avait bien compris et ses JMJ drainant des foules immenses, venant du monde entier, chantant, priant, grand show médiatique sur podium, c'était une réponse moderne, appropriée et efficace à cette désaffection. JiPi Two recrutait. Bon, même si on me traite d'impie, ça ne fera qu'ajouter à ma panoplie déjà bien fournie, je saute le pas, j'extrapole. Notre volonté de recruter des jeunes urbains désinvestis pour remplacer les papys fidèles, alors que la loi de santé publique a pour priorité d'augmenter le nombre d'abstinents, va nous contraindre à déployer des arguments séduisants pour dire que notre nectar, tout en assumant clairement, sans faux-semblant, son statut de produit alcoolisé, est un produit de civilité, d'initiation, de convivialité et non un fabricant de pochtrons...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

tchoo 15/09/2006 09:16

Et pourquoi ne peut-on imaginer qu'il y ait les penseurs et les acteurs:le penseur pense, écrit ,parlel'acteur, digère les pensées les écrits les paroles et agit, joue, interprête.chacun son boulot et les jerseyaise seront bien gardées.Mais les penseurs peuvent penser en agissant et les acteurs agir en pensant, me direz-vous!c'est vrai et ça devient compliqué, je vais .........penser..................encore!

dominique 14/09/2006 08:27

Pour reprendre les évocations cathos de notre correspondant je dirais "charité bien ordonnée commence par soi-même" et je lui pose la question : "que faites-vous pour convaincre vos enfants, petits enfants (selon leur âge !), vos amis, vos relations... que les viticulteurs sont des êtres de passion, le vin un produit magique cité abondamment dans la Bible et que boire et déguster ce n'est pas la même chose ?". Et que conseillez-vous pour approcher les jeunes urbains désinvestis ?

JACQUES BERTHOMEAU 14/09/2006 14:29

Je fais chère madame, je fais, demandez à ceux qui me connaissent, quand à être entendu c'est une autre paire de manches. Le club " sans interdit " lui aussi propose mais là encore ceux qui ont le pouvoir de décision décident et la mobilisation n'est pas au rendez-vous. Lisez Cap 2010 le défi des vins français 2002 et peut-être comprendrez-vous que ce n'est pas une question de charité bien ordonné mais une question de pouvoir. Les hommes sont ainsi fait. Moi, je n'ai aucun pouvoir pour l'heure, alors j'écris et j'anime mon club, demain on verra bien mais ce reproche lancinant sur le dire et le faire me fait sourire quand on connait comme moi l'inertie de ceux sont en position de décider...
  

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